PCI-Express : de bonnes I/O ne font pas tout
Les SSD ont atteint tour à tour les limites des différentes interfaces des ordinateurs. Si au départ ces supports de stockage à mémoire flash se satisfaisaient du Serial ATA à 3 puis à 6 Gb/s, ils sont désormais capables de dépasser les 750 Mo/s et passent peu à peu au PCI-Express, qui délivre jusqu'à 4 Go/s avec quatre lignes.Mais ce n'est toujours pas suffisant pour certaines applications très exigeantes. Plusieurs acteurs se sont donc tournés vers l'interface la plus performante du marché : la DDR3, utilisée pour la mémoire vive. Un module de DDR3-1600 atteint par exemple 12,8 Go/s en pointe.
La faible latence de la mémoire vive
Smart Storage Systems, spécialiste en stockage pour l'entreprise depuis peu filiale de SanDisk, et Diablo Technologies, concepteur de solutions de stockage, ont ainsi annoncé cet été avoir développé des SSD baptisés ULLtraDIMM. Ils adoptent non seulement la forme DIMM des modules de mémoire vive mais aussi et surtout leur interface DDR3. Ils communiquent donc directement avec les processeurs, puisque ces derniers embarquent les contrôleurs, et promettent des performances record.Les premiers modules atteignent 1 Go/s et 750 Mo/s en lecture et écriture séquentielle, ainsi que 150 000 et 65 000 IOPS en lecture et écriture aléatoire, ce qui n'est finalement qu'en phase avec les derniers SSD PCIe x4.
Ils offrent en revanche un temps de latence jamais vu de 5 microsecondes en écriture, soit 5000 ns ou nanosecondes (et 150 en lecture). C'est 3 fois mieux que les meilleures cartes PCIe de Fusion-io ou Micron... et 13 fois mieux que les 65 microsecondes des Intel SSD DC S3700 destinés aux data centres ! D'où l'acronyme ULL, pour ultra low latency (latence ultra basse), dans le nom du produit.
Aujourd'hui dans les data centers, demain dans nos PC ?
SanDisk livre désormais ses premiers clients industriels, tels qu'IBM, de modules ULLtraDIMM. Ils sont pour l'heure proposés en deux capacités : 200 ou 400 Go de mémoire flash MLC en 1x nm. Installés sur les rares cartes mères dont le BIOS ou l'UEFI prend en charge la technologie Memory Channel Storage (MCS) de Diablo Technologies, ils fonctionnent en toute transparence comme n'importe quel autre support de stockage.Ces SSD DDR3 sont donc destinés dans un premier temps à des applications très exigeantes dans des serveurs hautes performances, mais ils finiront probablement par se démocratiser dans les ordinateurs personnels, à l'instar des SSD PCIe avant eux.