Le ministre des Transports Philippe Tabarot a répondu à une question sur une possible autorisation du FSD de Tesla en France. Il lui ferme la porte, malgré les feux verts accordés par plusieurs pays voisins. Le système autorise des excès de vitesse et manque de vigilance en ville, selon le ministre.

Tesla : mauvaise nouvelle, le FSD ne sera finalement pas autorisé en France - ©The Bold Bureau / Shutterstock
Tesla : mauvaise nouvelle, le FSD ne sera finalement pas autorisé en France - ©The Bold Bureau / Shutterstock

C’est sur la plateforme gouvernementale Agora qu’un certain Ludovic a demandé au ministre des Transports Philippe Tabarot si le FSD allait bientôt passer au vert en France. Sa question a été retenue, et selon le fonctionnement dédié, il a obtenu une réponse du ministre en vidéo.

Et c’est un non. En cas d’accident, la responsabilité pénale retombe sur le conducteur, même lorsque le FSD conduit à sa place. Mais les raisons de ce refus sont techniques. Le gouvernement prévoit toutefois un calendrier plus favorable pour la conduite réellement autonome.

Un excès de vitesse et une vigilance insuffisante en ville

Tesla essuie donc un revers en France.

Selon Philippe Tabarot, le véhicule peut rouler au-dessus de la limite autorisée sans que le conducteur ne l’ait demandé, par exemple à 70 km/h dans une zone à 50, si le trafic environnant circule à cette allure. Dans certains cas, c’est jusqu’à 50 % au-dessus de la limite légale. Le véhicule ignore alors les limites en vigueur. Avant la France, la Suède avait déjà bloqué l’homologation pour le même motif. Tandis qu’aux États-Unis, Tesla propose plusieurs profils de conduite, l’un porte le nom de Mad Max et privilégie une conduite dynamique proche de la limite.

Le second grief porte sur l’attention en ville. D’après le ministre, le système ne garantit pas un niveau de vigilance suffisant lors des changements de voie, des intersections ou des ronds-points. Un manque de vigilance à ces moments met en danger les occupants du véhicule et les usagers alentour.

Pourtaant, les Pays-Bas ont homologué le FSD au printemps, une première sur le continent. La Lituanie et l’Estonie ont accordé la même autorisation quelques semaines plus tard, puis le Danemark en juin, quatrième pays européen à valider le dispositif. Grâce à un mécanisme de reconnaissance mutuelle propre à l’Union européenne, un État membre peut valider une homologation déjà délivrée ailleurs, sans nouvelle procédure. La France refuse d’y recourir pour l’instant. Le FSD ne circule donc pas dans l’Hexagone, en dépit des autorisations déjà délivrées par d’autres capitales européennes.

Pour Philippe Tabarot, pas de FSD en France, en dépit de l'autorisation dans d'autres pays européens - ©Agora.gouv
Pour Philippe Tabarot, pas de FSD en France, en dépit de l'autorisation dans d'autres pays européens - ©Agora.gouv

La France prépare l’homologation des véhicules autonomes pour 2027

Le ministre rappelle que la France a déjà accordé des dérogations à d’autres constructeurs par le passé, quand leurs dispositifs répondaient aux exigences de sécurité. Ford et BMW ont par exemple obtenu un feu vert ces dernières années. Plus de 200 expérimentations de véhicules autonomes ont eu lieu en France depuis 2015. Philippe Tabarot y voit une base solide pour aller plus loin.

Selon lui, la France défend ces technologies, à condition d’obtenir des garanties de sécurité suffisantes avant toute autorisation. Le ministre veut des véhicules réellement autonomes homologués en France dès 2027. Pour y parvenir, la France a lancé une initiative commune avec l’Allemagne, le Luxembourg et quinze autres pays européens. Les ministres se sont réunis à Luxembourg, en juin, pour esquisser les bases d’un site d’essai partagé. Objectif, harmoniser les règles entre États pour un déploiement à grande échelle sur tout le continent.

À l’automne, Philippe Tabarot réunira les industriels français de la conduite autonome pour définir les prochaines étapes. Le ministère poursuit par ailleurs des échanges techniques avec les Pays-Bas, les autres États européens et Tesla. Un représentant du ministère des Transports s’est déjà rendu aux Pays-Bas la semaine précédant cette annonce.

Source : Numerama