Les chiens aboient, la caravane passe. Largement raillée lors de son lancement en mai, la Luce, première voiture électrique de Ferrari, co-conçue par Jony Ive, se vend très bien. Ferrari a même écoulé la totalité de son stock pour 2026, en seulement deux mois.

La Luce, un bide annoncé ? Pour l'instant, une réussite assumée. ©Ferrari
La Luce, un bide annoncé ? Pour l'instant, une réussite assumée. ©Ferrari

"Ça va être un bide", "futur échec commercial" et ainsi de suite, la Ferrari Luce a fait face à de nombreux commentaires peu élogieux. Cependant, la nouvelle supercar du constructeur italien se vend bien mieux que les mauvaises langues ne pouvaient l'imaginer. Si le thermique a son charme pour certains, l'électrique a bon nombre d'atouts pour séduire, même les amateurs de grandes sportives.

L'action de Ferrari en chute à l'annonce

Quand Ferrari a dévoilé la Luce en mai, la réception a été suffisamment mauvaise pour faire chuter le cours de l'action de 6 %. Deux mois plus tard, les ventes ont épuisé la totalité des modèles prévus pour 2026, soit environ 500 véhicules.

Lors de l'annonce, l'action de Ferrari a diminué de 6 %.. ©Clubic / ChatGPT
Lors de l'annonce, l'action de Ferrari a diminué de 6 %.. ©Clubic / ChatGPT

Ferrari a refusé de commenter, indiquant qu'elle aborderait la question lors de la présentation de ses résultats semestriels le 31 juillet. Mais les chiffres ont déjà fuité avant cette date.

Le moment est favorable à la marque. Un carnet de commandes rempli est précisément le message que les investisseurs espéraient entendre, après un lancement qui avait brièvement transformé l'une des sorties les plus attendues de l'année en sujet de plaisanterie.

Un objet atypique qui réussit à séduire

Quand on monte dans une Ferrari, on s'attend à trouver une sportive biplace, pas une berline familiale avec cinq places. Et pourtant, à 550 000 euros et look de voiture atypique, prête à partir en vacances avec les enfants et le chien, c'est un carton pour son lancement.

C'est son apparence qui a déclenché les critiques. Conçue par Jony Ive et Marc Newson via leur studio LoveFrom, la Luce a essuyé des commentaires sévères lors de sa présentation à Rome. Les observateurs ont eu du mal à réconcilier la carrosserie aérodynamique aux flancs plats avec le cheval cabré apposé sur le capot.

Loin des super sportives traditionnelles, la Luce se veut plus conviviale. ©Ferrari

Ce badge est précisément devenu un point de tensions. Luca di Montezemolo, ancien président de Ferrari, a suggéré que la marque devrait "au moins retirer le cheval cabré", une formule qui résume l'écart perçu entre ce design et ce que les acheteurs attendent de Ferrari.

Le revers a eu des conséquences concrètes. Ferrari a perdu plusieurs milliards de capitalisation en bourse, et en l'espace d'un mois, le directeur marketing de la marque a été remplacé.

La rareté comme argument de vente

Si cette nouvelle voiture électrique sportive est (pour l'instant), un succès, elle a fait un carton en Chine. Mais il ne faut pas se voiler la face. Le succès commercial de la Luce s'inscrit dans une logique propre à Ferrari, qui s'oppose à celle de la plupart des constructeurs.

Construire peu d'exemplaires facilite les ventes remarquables. ©Ferrari

Là où ses concurrents cherchent le volume, Ferrari produit délibérément moins de voitures qu'elle ne pourrait en vendre. La marque avait d'ailleurs divisé par deux son objectif électrique pour 2030 l'an dernier, préférant la rareté à l'échelle.

En limitant la Luce à environ 500 unités, la marque a mécaniquement facilité la rupture de stock, transformant une réception hostile en récit autour de l'exclusivité.

Source : TheNextWeb