Avec ARTEMIS, Google propose un framework open source capable de confier un véritable smartphone Android à un agent IA. Claude Code, Codex, Antigravity ou OpenClaw peuvent ainsi naviguer dans les applications, saisir du texte ou enchaîner plusieurs actions à la place de l’utilisateur.

ARTEMIS permet à des agents comme Claude Code, Codex ou OpenClaw d’utiliser un smartphone Android comme un outil à part entière. © Lukmanazis / Shutterstock

Après le navigateur et le terminal, les agents IA s’attaquent désormais au smartphone. Avec ARTEMIS, Google met à disposition sous licence Apache 2.0 un outil d’automatisation Android pensé à l’origine pour les tests logiciels, mais dont le serveur MCP ouvre des possibilités bien plus larges.

ARTEMIS peut fonctionner avec un vrai smartphone Android connecté au PC ou avec un téléphone virtuel lancé dans un émulateur. Une fois installé, il peut observer l’interface, ouvrir une application, appuyer sur un bouton, saisir du texte ou passer d’une app à l’autre.

Un outil de test Android qui peut aller beaucoup plus loin

À l’origine, ARTEMIS vise surtout les développeurs et les équipes chargées de tester des applications Android. On peut par exemple lui demander d’installer une nouvelle version d’une app, de reproduire un bug, de parcourir plusieurs écrans ou encore de récupérer automatiquement des captures d’écran et des logs en cas de problème.

L’intérêt est que l’agent ne rejoue pas simplement une suite de clics écrite à l’avance. Il peut observer l’interface et chercher lui-même comment atteindre l’objectif demandé.

Google montre par exemple ARTEMIS préparant plusieurs itinéraires dans Google Maps, calculant leur durée totale, puis basculant sur YouTube pour lancer un morceau. Une même tâche peut donc traverser plusieurs applications. Deux modes sont proposés. Flash privilégie la rapidité, tandis que Pro ajoute davantage de planification et de vérification.

ARTEMIS peut analyser l’écran d’un smartphone Android, planifier plusieurs étapes et enchaîner des actions entre différentes applications. © Capture d'écran Clubic

Bien sûr, ARTEMIS n’est pas le premier système à permettre à une IA d’agir sur un smartphone. Gemini peut déjà exécuter certaines tâches multi-étapes dans des applications Android, tandis que Claude sait interagir avec plusieurs fonctions et apps du téléphone. Des outils tiers permettent également de piloter un appareil à distance.

La différence tient surtout à l’approche : ARTEMIS transforme un véritable smartphone Android en outil générique accessible à différents agents externes via MCP, sans être lié à un assistant unique. C’est justement son serveur MCP intégré qui élargit les usages. Claude Code, Codex, Antigravity, Cursor, Windsurf ou encore OpenClaw peuvent utiliser ARTEMIS comme un outil supplémentaire et lui confier directement des tâches sur le smartphone.

Au premier lancement, ARTEMIS installe également un service d’accessibilité dédié sur Android, visible dans les réglages et via une notification persistante. C’est notamment ce composant qui permet de lire la structure de l’interface et d’interagir avec certains éléments affichés à l’écran.

Plus de 99 % de réussite, avec quelques réserves

Google revendique plus de 99 % de réussite sur AndroidWorld, un benchmark couvrant plus d’une centaine de tâches Android en plusieurs étapes. Un chiffre impressionnant, mais auto-déclaré par le projet et qui ne constitue donc pas une validation indépendante.

ARTEMIS a aussi été rattrapé récemment par une controverse autour de l’attribution de code. La startup Minitap affirme avoir reconnu dans ARTEMIS plusieurs éléments issus de son projet open source mobile-use, dont du code et des prompts. Depuis, le README d’ARTEMIS mentionne explicitement que le projet inclut du code développé par Minitap.

Autre point à garder en tête : une issue de sécurité ouverte sur GitHub décrit une possible injection de commandes via certains paramètres transmis aux fonctions ADB. Tant que le correctif n’est pas intégré et validé, mieux vaut considérer ARTEMIS comme un outil expérimental à utiliser sur un appareil de test plutôt que sur son smartphone principal.

En bref, ARTEMIS reste avant tout un outil destiné aux tests Android. Mais avec MCP, il montre surtout jusqu’où les agents commencent à étendre leur terrain d’action : le smartphone devient à son tour une interface qu’une IA peut manipuler directement.