En début de semaine, la Commission européenne a adopté une notation commune pour l'efficacité énergétique et hydrique des centres de données. Chaque site de plus de 500 kW devra afficher deux notes dès 2027. Le dispositif mise sur la transparence, pas sur des seuils obligatoires. Ceux-ci sont renvoyés à une consultation parallèle.

Le texte complète un mécanisme de déclaration déjà actif depuis 2024. Une autre consultation, lancée le même jour, doit cette fois fixer des seuils minimaux pour les installations neuves ou rénovées.
Une note qui regarde aussi ce que le site rend au réseau
Le règlement s'applique à tout centre de données dépassant 500 kW de puissance installée. Chaque site reçoit deux notes, une pour l'énergie, une pour l'eau, calculées sur son usage réel de ces ressources. La notation regarde aussi ce que l'installation redonne au réseau.
Trois critères entrent en jeu :
- La réutilisation de la chaleur fatale, celle que dégagent les serveurs et qui se perd normalement.
- L'ajout de capacités de production d'énergie propre.
- La flexibilité, soit la capacité à réduire sa consommation quand le réseau est sous tension.
On estime que récupérer la moitié de cette chaleur gaspillée en Europe couvrirait le chauffage de 4 millions de foyers.
Il faut dire que la consommation grimpe en flèche. En 2024, les centres de données de l'UE ont consommé environ 68 TWh d'électricité. L'Agence internationale de l'énergie table sur un quasi-doublement, à 114 TWh d'ici 2030, porté par l'intelligence artificielle. Leur part dépasserait désormais 3% de la demande électrique de l'Union. Bruxelles veut aussi tripler la capacité des centres de données du continent en cinq à sept ans. Un objectif présenté comme une question d'indépendance technologique, pas de politique énergétique. "Tripler notre capacité de data centers ne peut pas signifier tripler la pression sur nos réseaux, notre eau et nos factures d'énergie", a déclaré Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission.
Nous rapportions en juin que la Commission avait annoncé des normes minimales de performance. Le label de durabilité, lui, n'avait pas été publié. La Commission n'avait pas trouvé d'accord sur le traitement des installations alimentées par le nucléaire. Ce label prend forme aujourd'hui. Le Parlement et le Conseil ont deux mois pour l'examiner. Ils peuvent s'y opposer en bloc, mais pas en changer le contenu. Passé ce délai, les premières étiquettes arriveront en 2027. Un bilan du dispositif est prévu fin 2028.
La note est donnée à titre d'information, mais n'impose rien. L'obligation viendra d'un texte séparé, les normes minimales de performance. Elles fixeraient un niveau plancher pour chaque centre neuf ou rénové. Quatre critères seraient concernés :
- l'énergie ;
- l'eau ;
- la réutilisation de la chaleur et
- les services rendus au réseau.
Une consultation ouverte en parallèle, jusqu'au 14 décembre, doit déterminer les indicateurs et les seuils retenus. Une proposition de règlement est attendue au deuxième trimestre 2027. La Commission travaille aussi à un accord associant exploitants, gestionnaires de réseau, fournisseurs d'énergie et pouvoirs publics. Il fait suite à une déclaration d'intention signée en juin. "La souveraineté numérique doit aller de pair avec la responsabilité énergétique", a affirmé le commissaire à l'Énergie Dan Jørgensen.