Payer le prix fort pour de la mémoire vive ou attendre des mois ? Un passionné a refusé ce dilemme imposé par la pénurie. En détournant des composants de PC portables, il a contourné les revendeurs et économisé une fortune, laissant le marché gris à sa propre absurdité.

Payer le prix fort pour de la mémoire vive ou attendre des mois ? Un passionné a refusé ce dilemme imposé par la pénurie actuelle. © VIK-on
Payer le prix fort pour de la mémoire vive ou attendre des mois ? Un passionné a refusé ce dilemme imposé par la pénurie actuelle. © VIK-on

Le marché du composant traverse une zone de turbulences que l'on espérait derrière nous. La disponibilité des barrettes de RAM est devenue si critique que les comportements des consommateurs frôlent l'irrationnel. Si nous vous relations récemment l'histoire de cet utilisateur ayant échangé 192 Go de RAM contre une RTX 5070 Ti en plein désespoir, le cas qui nous intéresse aujourd'hui emprunte une voie bien plus technique. Comme le rapporte VideoCardz, l'indisponibilité des stocks pousse désormais les plus débrouillards à se substituer aux usines d'assemblage.

Quand le fer à souder remplace la carte bleue

L'affaire nous vient de Russie, où le moddeur VIK-on a décidé de ne pas cautionner les tarifs délirants affichés par les revendeurs locaux. Son constat est d'une logique implacable : si la mémoire pour ordinateur de bureau (UDIMM) est introuvable ou vendue à prix d'or (environ 800 dollars le module), celle pour ordinateurs portables (SO-DIMM) reste accessible. Il a donc acquis deux barrettes de 16 Go pour PC portable, non pas pour les installer, mais pour les cannibaliser. L'objectif était de dessouder les puces mémoires pour les greffer sur un circuit imprimé (PCB) vierge de format desktop, commandé en Chine pour une poignée de yuans.

Des barrettes nues... © VIK-on
Des barrettes nues... © VIK-on
... à la soudure © VIK-on

L'opération tient de la haute voltige électronique. Il faut maîtriser la soudure de précision pour réimplanter les puces sur le nouveau support. Une fois l'assemblage physique terminé et un dissipateur thermique générique installé, VIK-on a flashé le tout avec un firmware ADATA. Le résultat est bluffant : le système reconnait une barrette de 32 Go fonctionnant en DDR5-6400 CL32, soit les spécifications exactes d'un modèle haut de gamme introuvable. La facture totale s'élève à environ 218 dollars (17 015 roubles), soit une économie massive de 600 dollars face au tarif public théorique.

Il ne faut cependant pas s'y tromper, cette méthode ne deviendra pas la norme. La précision requise pour aligner les contacts d'une puce DDR5 et la complexité de trouver le bon micrologiciel réservent cette pratique à une élite équipée. Cela rappelle que la barrière technologique entre le consommateur et le « produit premium » repose parfois simplement sur un emballage et un profil XMP bien calibré.

Si les fabricants ne parviennent pas à inonder le marché rapidement, ce genre d'initiative isolée reste la preuve éclatante que la débrouillardise est la seule monnaie qui ne connait pas l'inflation.

Source : Videocardz

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