En France, la recherche militaire sur les robots et les drones intelligents s'organise. L'armée et l'ENSTA, grande école d'ingénieurs, unissent leurs forces au sein d'un tout nouveau laboratoire commun dédié à l'IA de défense.

Ce n'est pas tous les jours qu'une grande école d'ingénieurs et une agence gouvernementale décident de fusionner leurs cerveaux pour préparer le champ de bataille de demain. Cette semaine, avec une communication du ministère des Armées vendredi, les deux entités ont officialisé la création d'un laboratoire commun, baptisé LARIAD, dédié à la robotique et à l'intelligence artificielle de défense. Les chantiers de recherche (drones, robots autonomes, systèmes multi-milieux) sont nombreux, avec un enjeu de souveraineté technologique bien réel.
Robots, drones et IA de défense entrent officiellement en laboratoire
Le 18 février 2026, sur le campus de l'ENSTA à Palaiseau, les directeurs de l'Agence ministèrielle pour l'intelligence artificielle de défense (AMIAD), Bertrand Rondepierre, et de l'École nationale supérieure de techniques avancées (ENSTA), Estelle Iacona, ont officiellement signé la création du LARIAD. Un acte fondateur qui lance concrètement une stratégie de recherche commune sur l'intelligence artificielle appliquée aux robots et aux drones militaires.
Au sein du LARIAD, les chercheurs de l'AMIAD travailleront main dans la main avec ceux de l'ENSTA, spécialisés en informatique et en ingénierie des systèmes. Leur terrain de jeu commun consistera à développer des algorithmes d'IA capables de faire coopérer des robots très différents entre eux, comme un drone aérien, un véhicule terrestre autonome ou encore un engin naval, par exemple.
Pour mener ces travaux, les deux équipes partageront des robots, ordinateurs de calcul et espaces de test, qui seront répartis sur les deux campus de l'ENSTA, à Paris-Saclay et à Brest, en Bretagne. Plutôt que de dupliquer les équipements, l'idée est simple : mettre en commun ce qui existe déjà, pour aller plus vite et plus loin.
Du labo au leadership, les ambitions européennes du LARIAD en robotique intelligente
L'AMIAD et l'ENSTA ne se découvrent pas avec le LARIAD. Depuis la création de l'agence en 2024, qui multiplie les projets, les deux institutions collaborent déjà, notamment en co-encadrant ensemble deux thèses de recherche sur l'IA appliquée à la robotique. Le laboratoire commun officialise et amplifie une relation qui existait donc déjà.
Sur le papier, le LARIAD vise loin. Ses fondateurs entendent publier leurs travaux, partager certains outils en open source et tisser des liens avec de nouveaux partenaires, notamment au sein de l'Institut Polytechnique de Paris. L'ambition de faire du laboratoire une voix qui compte sur la robotique intelligente, en France et au-delà, est pleinement assumée.
Derrière la création du LARIAD, il y a une conviction partagée par ses deux dirigeants, qui rappellent que la robotique intelligente est devenue une question de souveraineté nationale. Bertrand Rondepierre, directeur de l'AMIAD, évoque « la montée en technologie du champ de bataille » pour justifier l'urgence de la démarche. Estelle Iacona, elle, confirme que l'IA et la robotique sont aujourd'hui des « piliers stratégiques pour notre souveraineté scientifique, technologique et opérationnelle. » La couleur est annoncée.