Destinée à l'autoconsommation, la gamme SolarFlow Mix propose un stockage résidentiel évolutif jusqu'à 50 kWh. Signe des temps, elle s'appuie sur l'IA pour optimiser l'usage de l'énergie au sein du foyer et améliorer un peu plus son taux d'autoconsommation.

Avec SolarFlow Mix, Zendure élargit un peu plus son positionnement. Jusqu'ici surtout identifié au solaire plug and play, le fabricant lance une gamme de stockage résidentiel pensée pour des usages plus larges, avec davantage de puissance, plus de capacité et une gestion énergétique présentée comme plus avancée.
La série se compose de trois modèles commercialisés en France dès aujourd'hui, les SolarFlow 4000 Mix Pro, 4000 Mix AC+ et 3000 Mix AC+. À travers eux, la marque de Shenzhen cherche à couvrir plusieurs profils de foyers, du logement déjà équipé en photovoltaïque à des besoins plus importants en stockage, voire à certains usages hors réseau. Le fabricant avance jusqu'à 96% d'économies sur la facture d'électricité selon les cas (taille de l'installation solaire, région, tarif heures creuses, chauffage gaz/élec/PAC, véhicule électrique ou non, etc.), un chiffre qui devra évidemment être rapporté aux conditions réelles d'usage, au niveau d'équipement du foyer et au contexte tarifaire.
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Un rôle central dans l'alimentation du logement
Le SolarFlow 4000 Mix Pro (2 880€) vise les installations les plus dimensionnées, avec jusqu'à 13 kW d'entrée photovoltaïque totale (8 kW MPPT plus 5 kW onduleur solaire AC‑couplé). Le 4000 Mix AC+ (2 400€) s'adresse plutôt aux projets de rétrofit sur des toitures existantes et aux foyers de trois personnes
consommant environ 5 000 kWh par an. De son côté, le 3000 Mix AC+ (2 040€) adopte un format plus compact, avec une orientation qui inclut aussi des usages mobiles, de secours ou sur sites isolés (consommation d'environ 3 000 kWh par an).
Au-delà de ce découpage, Zendure met en avant une base technique commune sur les versions 4000, avec 8 kWh de capacité de départ et une extension possible jusqu'à 50 kWh. Le fabricant annonce également 4 kW bidirectionnels en courant alternatif (3 kW pour le modèle d'entrée de gamme), ainsi qu'un basculement de secours en 10 ms sur circuit compatible (UPS) en cas de coupure. Sur le papier, la gamme s'éloigne donc du simple stockage d'appoint pour viser un rôle plus central dans l'alimentation du logement.
Zendure met aussi l'accent sur la robustesse de ses batteries. Les SolarFlow Mix sont données pour jusqu'à 10 000 cycles de charge, avec une durée de vie annoncée de 15 ans et un rendement aller-retour de 90% (round-trip efficiency). Sur la fiche technique, la gamme semble en tout cas calibrée pour un usage domestique prolongé, avec une certification IP65, une plage de fonctionnement de -20°C à 55°C, un boîtier tout métal monté sur roulettes (poids non communiqué par la marque), un système intégré d'extinction par aérosol thermique et un niveau sonore contenu à 25 dB.
Mais l'argument principal de Zendure ne se situe pas seulement qu'au niveau matériel. La marque insiste surtout sur la couche logicielle, avec HEMS 2.0, ZENKI 2.0 AI et une optimisation liée aux tarifs dynamiques (dont EDF, Engie, TotalEnergies et Enercoop). L'objectif est de piloter plus finement la charge et la décharge de la batterie en fonction de la production solaire, de la consommation du foyer et du prix de l'électricité.
L'autoconsommation en ligne de mire
Depuis la baisse des tarifs de rachat en France, l'intérêt de ce type d'équipement ne se mesure plus vraiment à l'aune de la revente d'électricité. Pour certaines petites installations résidentielles, le surplus est désormais rémunéré autour de 4 centimes du kWh, contre près de 14 centimes en 2022, et il n'est plus possible de revendre l'intégralité de sa production (uniquement le surplus). Le signal envoyé aux consommateurs français est clair, il faut d'abord consommer sur place ce que l'on produit.
Dans ce contexte, une batterie domestique comme la SolarFlow Mix n'a de sens économique que si elle améliore réellement le taux d'autoconsommation du foyer et décale la consommation aux bons moments. L'enjeu n'est donc plus seulement de stocker de l'électricité, mais de mieux l'utiliser. C'est sur ce terrain, bien plus que sur celui de la revente au réseau, que se jouera aujourd'hui la pertinence de ce type de solution.
Un MPPT est un contrôleur qui ajuste en permanence la tension et le courant des panneaux solaires pour en extraire la puissance maximale, malgré les variations d’ensoleillement, de température ou d’ombrage. Concrètement, il améliore le rendement de la production réelle par rapport à un pilotage fixe. Dans un système avec stockage, un MPPT bien dimensionné aide aussi à mieux alimenter la charge de la batterie quand la production est fluctuante. Le nombre de MPPT et leur puissance admissible comptent particulièrement quand les panneaux sont répartis sur plusieurs orientations (est/ouest) ou plusieurs strings.
Quelle différence entre un système solaire « AC-couplé » et « DC-couplé » pour charger une batterie domestique ?En DC-couplé, les panneaux alimentent directement un convertisseur/chargeur côté courant continu (DC) avant stockage, ce qui limite certaines conversions et peut améliorer le rendement sur la charge batterie. En AC-couplé, la production passe d’abord par un onduleur solaire qui injecte en courant alternatif (AC), puis un onduleur/chargeur batterie récupère cette énergie AC pour la stocker. L’AC-couplé est souvent privilégié en retrofit, car il s’intègre plus facilement à une installation photovoltaïque existante sans tout reconfigurer côté panneaux. En contrepartie, il peut y avoir davantage d’étapes de conversion selon les scénarios (charge/décharge), ce qui influence les pertes et la performance globale.
Que signifie « rendement aller-retour » (round-trip efficiency) pour une batterie, et pourquoi c’est déterminant en autoconsommation ?Le rendement aller-retour mesure la part d’énergie récupérable après un cycle complet charge puis décharge, pertes comprises (électronique de puissance, chimie de la batterie, câbles, etc.). Un rendement de 90% signifie que 10% de l’énergie “stockée” est perdue avant de redevenir utilisable. En autoconsommation, ce chiffre pèse directement sur l’intérêt économique du stockage, car chaque kWh perdu est un kWh qu’il faut soit racheter au réseau, soit produire en plus. Il faut aussi le mettre en regard du profil d’usage (cyclage quotidien ou occasionnel) et des autres pertes du système (onduleur, conversion AC/DC).