Meta a accepté de verser jusqu’à 18 milliards de dollars pour mettre fin à une bataille judiciaire hors normes aux États-Unis. L’entreprise est accusée d’avoir sciemment rendu ses plateformes addictives pour les mineurs, et va désormais imposer des limites strictes aux adolescents.

Meta a cédé face à la pression. ©Creative Salim / Shutterstock
Meta a cédé face à la pression. ©Creative Salim / Shutterstock

Mécanismes de recommandation pensés pour maximiser le temps d’écran des mineurs, contournement des contrôles parentaux, absence de vérification d’âge fiable, collecte de données sur des enfants de moins de 13 ans… Les griefs sont nombreux et ont nourri une vaste plainte portée par 29 procureurs généraux d’État, dont le procès s’est ouvert le 18 août dernier. 

Des milliers d’autres poursuites au niveau étatique et fédéral sont en cours, certaines que Meta a déjà perdues. Au total, les dommages réclamés étaient exorbitants : ils pouvaient atteindre 1 400 milliards de dollars, de quoi sérieusement écorner sa valorisation. Mark Zuckerberg a donc choisi une autre voie. 

Une somme colossale qui comprend plusieurs affaires

Meta a ainsi conclu un accord avec 52 procureurs généraux, qui prévoit un versement échelonné sur 10 ans pouvant atteindre 18 milliards de dollars. C’est, tout simplement, la sanction la plus lourde jamais infligée à un réseau social. Elle se décompose en plusieurs volets : 16,7 milliards pour les États plaignants, 459 millions afin de régler des plaintes pour violation de la vie privée dans l’affaire Cambridge Analytica, puis 1 milliard dans le cadre d’une affaire séparée avec le Texas.

À noter que le mécanisme comporte une part conditionnelle. Sur les 18 milliards annoncés, environ 70 %, soit 12,7 milliards de dollars, seront versés indépendamment de tout autre facteur. Les 30 %, soit 5,3 milliards de dollars, ne seront toutefois débloqués que si TikTok et YouTube acceptent d’adopter des mesures similaires et de payer chacun une somme équivalente. Pour rappel, les deux autres plateformes font, elles aussi, face à de telles accusations.

Les plateformes du groupe Meta. ©Samuel Boivin / Shutterstock
Les plateformes du groupe Meta. ©Samuel Boivin / Shutterstock

Meta va mettre en place de nombreuses règles ciblant les mineurs

La société va également mettre en place de nombreuses restrictions automatiques pour les moins de 18 ans sur Instagram et Facebook. La plus notable : une limite de temps quotidienne de deux heures, cumulée sur les deux applications, qui ne pourra être désactivée que par un parent. Un mode nuit bloquant l’accès de minuit à 6 heures du matin va aussi être implémenté, afin d’empêcher les jeunes de publier ou consulter leur fil pendant cette plage.

Un mode école viendra également couper les notifications de 8 heures à 15 heures, sauf pour les messages privés et les alertes de sécurité. Et pour limiter le scroll compulsif, des rappels s’afficheront après 15, 60 puis 90 minutes d’utilisation continue, invitant les jeunes utilisateurs à faire une pause ou à changer de contenu.

D’autres ajustements, plus discrets, complètent le dispositif : un fil non personnalisé proposé par défaut, la possibilité de désactiver l’autoplay, le masquage du nombre de likes, ou encore le blocage de certains filtres jugés considérés comme problématiques. Meta promet aussi de renforcer ses outils de vérification d’âge pour mieux identifier les comptes de mineurs, et appelle ses homologues à s’inspirer de ces initiatives. C’est malin.

  • Des interactions faciles par de nombreux canaux (publications, Stories, messagerie, etc.)
  • Un réseau social adapté aux préférences des utilisateurs dans la gestion de leur compte
  • De nombreux types de contenus à créer, à partager et à consulter
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Sources : Meta, The Verge, Forbes