Secretlab signe avec l’ATLAS sa toute première chaise ergonomique pensée pour le bureau, vendue entre 499 et 719 € selon la finition et la taille. Après quinze jours passés sur la version premium, voici ce que vaut vraiment ce virage de la marque, du baquet gaming au fauteuil de travail.

© Secretlab
© Secretlab
8  / 10
Secretlab ATLAS

Meilleurs prix

Les plus
  • Maintien lombaire supérieur aux chaises gaming
  • Montage rapide et soigné (20 min)
  • Mécanisme synchrone efficace, 4 angles de verrouillage
  • Finition premium et revêtement NanoGen facile d'entretien
Les moins
  • Soutien lombaire fixe, non réglable
  • Accoudoirs avec un peu de jeu
  • Aucune option en maille (assise un poil ferme)
  • Inclinaison plafonnée à 120°

Secretlab a bâti sa réputation sur un terrain précis : transformer la chaise gaming, longtemps synonyme de baquet criard, en objet solide et désirable. Avec l’ATLAS, la marque change de terrain. Plus question de siège de joueur : voici une chaise ergonomique présentée comme « pensée pour le travail », sur un marché trusté par les références du bureau professionnel. Jusqu’ici, nous avions surtout testé chez Secretlab les TITAN Evo, des fauteuils gaming parfaitement assumés. L’ATLAS est la première de la marque à revendiquer franchement le terrain du bureau ergonomique. La promesse est ambitieuse, et c’est précisément ce qui méritait un test.J’ai donc vécu 15 jours avec la version la plus premium, en similicuir hybride NanoGen, soit le haut de gamme facturé 719 € dans ma taille. Mesurant 1,83 m et plutôt costaud, j’étais le candidat idéal pour éprouver une assise volontairement généreuse, et juger si Secretlab pouvait vraiment convertir un habitué du gaming au fauteuil ergo.

Le packaging est impeccable, tout est bien protégé. © Colin Golberg

Un montage exemplaire, comme souvent chez Secretlab

Premier contact, premier bon point : le déballage. Packaging impeccable, chaque élément soigneusement calé et protégé, manuel limpide. Vingt minutes ont suffi pour tout assembler, sans aucune difficulté particulière. Le seul moment où une deuxième paire de mains devient utile, c’est pour maintenir le dossier en place pendant qu’on le visse à l’assise. Rien d’insurmontable, mais prévoyez un collègue ou un proche pour cette étape précise. On retrouve là le savoir-faire logistique qui a fait la réputation de la marque.

Reste que le packaging ne dit rien du confort réel. C’est une fois installé, et après plusieurs jours d’usage, que se joue la vraie question : l’ATLAS tient-elle ses promesses ergonomiques, ou n’est-ce qu’une chaise gaming avec un costard ?

Le confort, vrai point fort de l’ATLAS

Le verdict tombe vite : on est bien. Après une journée complète de travail, aucune douleur, ni dans le dos, ni sous les fesses, ni à l’arrière des cuisses. L’assise, garnie de la mousse composite propriétaire NanoFoam de Secretlab, est plutôt ferme, un poil trop à mon goût sur la durée, mais ce parti pris reste confortable. Surtout, il évite l’effet « hamac » que l’on reproche souvent aux assises en maille tendue, où la pression se concentre sous les cuisses au fil des heures. La base d’assise, volontairement positionnée plus près du sol, aide aussi à garder les pieds bien à plat, et sa profondeur réglable permet d’ajuster l’alignement des hanches selon sa morphologie. Concrètement, on adapte la chaise à son corps, pas l’inverse.

François est content. © Colin Golberg

Le maintien lombaire, lui, est nettement supérieur à celui des chaises gaming habituelles de la marque. C’est là que l’ATLAS justifie son changement de discours. On le doit au dossier RE-CURVE, plus haut que la moyenne, qui remonte jusqu’au cou et à la tête en épousant la courbe naturelle en S de la colonne. Le dos est tenu sur toute sa hauteur, et la différence avec les baquets dont le dossier s’arrête aux épaules est immédiate. Une structure hybride mêlant ressorts et mousse assure une micro-flexibilité bienvenue : le dossier accompagne les petits mouvements au lieu de rester figé. L’appui-tête magnétique à mémoire de forme complète l’ensemble : on le positionne très facilement où l’on veut, il tient parfaitement en place, ne bouge pas d’un millimètre, et sa mousse est réellement agréable. De la belle ouvrage. Bon point au passage pour le revêtement NanoGen : il repousse liquides et saletés, et un simple coup d’éponge suffit à l’entretenir, ce qui ne gâche rien sur la durée.

La pression est répartie sur toute la surface de l'assise. © Secretlab

Concentration ou repos : le mécanisme synchrone fait la différence

L’autre argument central de l’ATLAS, c’est son mécanisme d’inclinaison synchrone. Quand on incline le dossier, l’assise suit (un degré d’assise pour deux degrés de dossier), ce qui ouvre l’angle entre les hanches et le buste et soulage le bas du dos. On verrouille la position pour rester droit en phase de concentration, ou on libère le mécanisme pour profiter d’un léger balancement en mode repos. Quatre angles de verrouillage sont proposés (100°, 107°, 113° et 120°), avec quatre niveaux de résistance ajustables selon le poids, indiqués par une petite fenêtre de lecture bien pensée sur la molette. Fini les réglages au jugé.

© Secretlab

À l’usage, ça fonctionne vraiment bien. La différence avec une chaise dont l’assise reste fixe par rapport au dossier est sensible au quotidien : on bouge, on alterne les postures sans y penser. Mon seul point de comparaison à la maison est une Herman Miller Aeron dernière génération, autant dire la Rolls du fauteuil ergonomique, et un duel un peu injuste. Sur l’Aeron, le mécanisme reste meilleur, voire bien meilleur. Mais sur l’ATLAS, à une fraction du prix, c’est franchement réussi. Quant à l’inclinaison plafonnée à 120° (là où la TITAN Evo NanoGen de la marque descend à 165°), elle ne m’a pas manqué une seule fois : le mode « allongé » ne sert guère qu’à piquer un somme au bureau.

Les concessions à connaître avant d’acheter

L’ATLAS n'est pas exempt de compromis, et ils comptent pour bien la situer. Le plus notable : il n’y a aucun réglage lombaire. Le soutien est intégré au dossier RE-CURVE, donc fixe. C’est un parti pris assumé par Secretlab, qui réserve son support lombaire L-ADAPT réglable sur quatre directions à la TITAN Evo. Pour qui aime ajuster finement sa cambrure, c'est une limite réelle. Les accoudoirs, ensuite, sont confortables et offrent un niveau de réglage suffisant, mais ils accusent toujours un léger jeu : quand on les saisit, on sent un flottement. On est loin de la rigueur d’un Aeron, mais, là encore, pas du tout dans la même tranche tarifaire. La finition générale, elle, reste plutôt bonne, en ligne avec ce qu’on attend à ce prix.

Reste une question de fond : l’ATLAS est-elle un « vrai » fauteuil ergonomique, au sens des sièges ergo de bureau que nous testons habituellement ? Il n’existe aucune définition légale tranchée. Les normes officielles (BIFMA aux États-Unis, EN 1335 en Europe) certifient la solidité et la stabilité, pas l’ergonomie au sens médical, et une chaise gaming peut parfaitement les décrocher. Les critères ergonomiques consensuels du secteur, eux, réclament un lombaire réglable, des accoudoirs 4D et une profondeur d’assise ajustable. L'ATLAS coche le mécanisme synchrone et la profondeur d’assise, mais pas le lombaire réglable. On a donc affaire à une chaise hybride : une silhouette héritée du gaming, très sobre et professionnelle, greffée sur une assise et un dossier réellement travaillés côté ergonomie. À titre personnel, j’aurais aimé une assise en maille à la manière de l’Aeron, idéale pour l’aération et la répartition de la pression. Un type de revêtement que Secretlab continue obstinément de bouder.

La Secretlab ATLAS est certifiée par l'US Ergonomics. © US Ergonomics

Secretlab avance pourtant des arguments scientifiques solides : des tests indépendants menés par US Ergonomics, une pression moyenne maintenue sous le seuil de confort de 80 mmHg pour une assise prolongée, et la validation d’un comité d’experts ergonomes. Difficile de vérifier ces mesures sur quinze jours. Mais mon ressenti va dans leur sens : aucun point de douleur, aucun engourdissement, et la sensation très nette d’une vraie assise ergo. Il faudra simplement plus de temps pour juger l’impact réel sur le dos, et la tenue de la mousse dans la durée.

Tailles, gammes et prix : à qui s’adresse l’ATLAS

Côté morphologie, Secretlab propose deux tailles. La R cible les gabarits jusqu’à 178 cm et 100 kg, la L vise les 178 à 195 cm jusqu'à 120 kg, avec une consigne maison : entre deux tailles, prenez la plus grande. À 1,83 m, j’ai testé la L, parfaitement adaptée. Un point rassurant pour les grands gabarits, souvent les premiers à se sentir à l’étroit. Par rapport à une chaise gaming traditionnelle, on se sent mieux tenu, plus près du corps.

La chaise se décline en deux gammes. Le standard démarre à 499 € en similicuir hybride NEO (519 € en taille L) et à 519 € en tissu SoftWeave (539 € en taille L). La gamme premium grimpe à 699 € en taille R, 719 € en taille L, que ce soit en similicuir NanoGen (la finition que j’ai testée) ou en tissu SoftWeave Plus, ce qui porte ma configuration exacte à 719 €. Des tarifs cohérents avec le positionnement, ni cadeau ni délirants.

Secretlab ATLAS : l’avis de Clubic

Conclusion
Note générale
8 / 10

L'ATLAS se situe pile entre deux mondes. Elle n'offre pas les prestations des fauteuils ergonomiques haut de gamme façon Herman Miller, mais elle n'en réclame pas le prix. Et face aux chaises gaming classiques, elle apporte un maintien lombaire bien supérieur et une allure nettement plus professionnelle. Venant d'une Noblechairs Icon déjà très correcte, j'ai gagné en soutien du bas du dos pour un tarif globalement équivalent, un peu plus élevé seulement sur les versions premium.

Le prix paraît cohérent avec les prestations. L'ATLAS s'adresse clairement à ceux qui veulent un siège tenant mieux le dos qu'un baquet gaming, avec un look sobre qui s'intègre à un vrai bureau. Reste à voir comment les matériaux et la mousse vieilliront. Mais après ces quinze jours, le constat est net : Secretlab réussit une première incursion convaincante dans l'univers du fauteuil de travail.

Les plus
  • Maintien lombaire supérieur aux chaises gaming
  • Montage rapide et soigné (20 min)
  • Mécanisme synchrone efficace, 4 angles de verrouillage
  • Finition premium et revêtement NanoGen facile d'entretien
Les moins
  • Soutien lombaire fixe, non réglable
  • Accoudoirs avec un peu de jeu
  • Aucune option en maille (assise un poil ferme)
  • Inclinaison plafonnée à 120°