Il suffit d'une extension de navigateur ordinaire, avec les permissions habituellement accordées à un bloqueur de publicité, pour détourner l'assistant IA intégré à cinq navigateurs majeurs. Chrome, Edge, Opera Neon, Comet et Claude in Chrome ont tous cédé à une seule méthode de test, selon un chercheur en cybersécurité.

Une simple extension peut détourner votre IA et voler vos données selon des chercheurs - ©Koshiro K / Shutterstock
Une simple extension peut détourner votre IA et voler vos données selon des chercheurs - ©Koshiro K / Shutterstock

Une extension peut modifier le contenu d'une page et rediriger ses requêtes réseau. Ce sont ces deux permissions que Gal Weizman, chercheur chez Forever Security, exploite. Elles sont accordées par défaut aux bloqueurs de publicité et à d'autres outils courants, pour glisser du code dans une page de confiance et usurper l'identité de l'éditeur auprès de l'assistant IA intégré au navigateur. La victime n'a rien à faire, même pas un clic. L'assistant exécute alors les instructions de l'extension sans jamais vérifier qu'elles proviennent réellement du site légitime.

Une seule faille pour cinq navigateurs

Chrome, Edge, Opera Neon, Comet et Claude in Chrome ont un point commun, l'architecture. Un module exécute les commandes de l'assistant IA, tandis qu'un serveur distinct les interprète. Ces assistants intègrent un accès direct aux onglets ouverts et aux mots de passe enregistrés. Cette méthode, le prompt-forcing, est différente de l'injection de prompt classique. Elle n'utilise aucun texte piégé glissé dans une requête, mais usurpe directement une page de confiance. On vous avait d'ailleurs déjà parlé de HashJack. Cette méthode pousse les assistants IA de certains navigateurs à exécuter des instructions cachées dans un fragment d'URL.

Google a corrigé sa faille, la CVE-2026-0628, avec la version 143.0.7499.192 de Chrome, publiée en janvier. Son score de gravité s'élevait à 8,8 sur 10 et l'attaque donnait accès aux fichiers, au micro, à la caméra et à des captures d'écran de la victime. Microsoft a réglé la sienne, la CVE-2026-55945, début juillet. Son score de gravité s'élevait à 4,2, mais l'attaquant pouvait détourner l'agent et prendre le contrôle du navigateur.

Aucune référence CVE n'a été attribuée aux failles d'Opera Neon, de Comet ou de Claude in Chrome. Sur Opera Neon et sur Claude in Chrome, l'attaquant pouvait exfiltrer les e-mails et les données affichées par l'agent. Sur Comet, il obtenait un accès complet au système de fichiers et un contrôle total de l'agent. Sur Edge, l'attaque exploitait une page marketing laissée accessible en production et une course entre les modes « Penser » et « Agir » de l'assistant. Dans chacun des cinq cas, l'extension malveillante utilise un domaine resté accessible en production, alors qu'il aurait dû être retiré après les tests internes de l'éditeur.

Aucune victime n'a besoin de cliquer sur quoi que ce soit. Ces attaques n'utilisent aucun code malveillant, ce qui les rend invisibles aux outils de détection traditionnels, selon The Hacker News.

Des récompenses très inégales entre éditeurs

Les cinq éditeurs ont versé au total 20 500 dollars à Gal Weizman pour l'ensemble des failles corrigées. Google et Comet ont donné le plus, avec 7 000 dollars chacun, tandis que Microsoft et Opera se sont arrêtés respectivement à 5 000 et 900 dollars. Anthropic a versé à Gal Weizman une prime de 600 dollars pour la faille de Claude in Chrome. Cette prime est la plus faible des cinq récompenses distribuées. Le montant le plus élevé, 7 000 dollars, représente plus de onze fois le montant le plus faible.

Cet écart s'explique par la nature de chaque faille. Les vulnérabilités qui donnent un accès direct au système de fichiers ou à la caméra valent davantage aux yeux des éditeurs que celles qui se limitent à détourner un agent connecté à un compte.

Vous pouvez vous protéger en désactivant l'assistant IA sur les sites qe vous ne connaissez pas. Vérifiez aussi régulièrement, dans les paramètres du navigateur, les permissions accordées à chaque extension installée et retirez celles qui n'en ont plus l'utilité.

Gal Weizman a signalé ces failles aux cinq éditeurs avant de publier ses résultats. Aucune exploitation active n'a été recensée à ce jour, précise le chercheur.

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