Take me down to Paradise City...
Lorsqu'un certain Kovacs de la NSA traque et interpelle trois dangereux criminels qui pensaient s'en être tirés à bon compte, ce n'est pas exactement pour leur proposer une petite belote. Son idée à lui serait plutôt de les faire infiltrer la mégalopole crasseuse de Paradise City afin de comprendre ce qui la ronge. C'est ainsi que Porter, Angel et Boris se retrouvent embarqués dans une succession de missions qui constituent la campagne solo du nouveau titre de Sirus Games. Une campagne qui s'ouvre évidemment par trois missions « didacticielles » : très simples, elles ont surtout pour but de nous faire comprendre les spécificités de chacun des personnages.Trois héros, trois styles de combats et donc trois arbres de compétences
Porter est un spécialiste de l'arme à feu. Qu'il s'agisse d'un Uzi ou d'un Desert Eagle, il est à son aise. Angel est la tigresse du groupe et ses « gâteries », elle les prodigue au plus près du corps... en alternant direct du droit et crochet du gauche ! Boris enfin, en leader, envoie ses sbires. Charismatique, il les galvanise et peut ainsi rester en deuxième ligne avec ses flingues. Ces différences sont accentuées (ou non) tout au long de la partie par les choix du joueur. Ainsi, au fil des missions, les trois « héros » récoltent de l'expérience qu'il est possible d'attribuer à des caractéristiques basiques (physique, mental, agilité...) et à des compétences plus spécifiques (commandement, précision, maniement des armes...).
Il faut effectivement savoir que tout au long de la campagne solo, les missions reposent grosso modo sur un canevas identique : plus ou moins dans le même état qu'à la fin de sa précédente besogne, notre héros arrive dans une partie hostile de la ville avec un objectif. La réussite passe par l'accumulation d'argent (indispensable pour engager des hommes de main) et de points de pouvoir (pour obtenir des actions spéciales) que l'on ne peut obtenir qu'en prenant le contrôle des différents quartiers. Ces derniers se composent de quelques boutiques et d'une planque dans laquelle on trouve le boss. C'est lui qu'il faut éliminer pour obtenir le contrôle du quartier et avoir accès aux ressources de ses boutiques (argent pour l'hôtel, armes pour l'armurerie, alcool pour le bar...).
Les combats sont amusants, mais deviennent vite très brouillons et l'aspect stratégique est inexistant
Problème, la conception des niveaux ne pousse pas les joueurs à faire dans l'originalité et après à peine deux ou trois missions, le joueur aura la désagréable impression de toujours faire la même chose. On élimine des petites frappes de passage, on fonce vers la planque la plus proche pour mettre au pas son boss et on répète cela jusqu'à avoir assez de puissance pour défier le « big boss » du coin et accomplir notre objectif. Malgré la présence de pouvoirs permettant, par exemple, d'obtenir des renforts ou de lancer une observation satellite de la zone et malgré la variété des boutiques présentes, la campagne solo est soporifique. La routine s'installe vite et les combats, on ne peut plus confus comme nous l'avons dit, n'arrangent pas les choses.
Pas désagréable, cette campagne est sérieusement malmenée par des défauts étrangement similaires à ceux relevés lors du test de Gang Land... Comme si les développeurs étaient restés sourds aux critiques. Il n'en est évidemment rien et les progrès réalisés sur le moteur graphique (encore perfectible, mais en progrès et assez léger) sont là pour en attester. Cependant, comme ce fut le cas il y a trois ans, on retiendra surtout le mode multijoueur. Les parties y sont vives, très animées et l'ensemble se prend très rapidement en main. S'il n'est pas fait pour être joué très régulièrement, il permettra de petites rencontres très sympas entre amis à condition de trouver au moins quatre participants et d'accepter les problèmes d'équilibrage : celui qui parvient à prendre le contrôle de l'armurerie a effectivement toutes les chances de pulvériser ses adversaires.
Conclusion
Il est étonnant de voir que malgré les années qui les séparent, Escape From Paradise City est très proche de son prédécesseur. Pratiquement tout ce que nous regrettions dans la conclusion du test de Gang Land se vérifie encore aujourd'hui. Ainsi, le nouveau titre de Sirius Games fleure toujours bon l'inspiration « syndicatienne » et l'ombre de Bullfrog semble encore planer sur le studio danois. Hélas, n'est pas Peter Molyneux qui veut et sans être mauvais, Escape From Paradise City manque d'un certain souffle. La campagne solo s'avère par trop répétitive et le joueur n'est que rarement porté par un scénario qu'il subit à défaut de s'y intéresser. Le fait d'avoir trois héros aux compétences variées aurait pourtant pu aboutir à quelque chose de très sympathique sachant par ailleurs que la réalisation graphique est tout à fait honnête. Cependant, le fouillis systématique des combats refroidira plus d'un joueur et l'aspect tactique des choses est inexistant. Reste, comme à l'époque de Gang Land, un mode multijoueur amusant pour se faire des parties entre amis de temps à autre. Le compte n'y est encore pas pour Sirius Games.Ce jeu vous intéresse ? Retrouvez-le dans le