La plateforme française Deezer continue sa lutte contre la musique générée par IA. Après avoir développé sa propre technologie de détection, l'entreprise française la propose désormais en licence aux acteurs du secteur.

La bataille contre la musique générée par intelligence artificielle pourrait prendre de l'ampleur. Deezer annonce la commercialisation de son outil de détection IA, un an après son déploiement en interne. En janvier 2025, nous rapportions déjà que cet ensemble d'algorithmes détectait déjà 10 000 titres par jour, soit 10% du contenu quotidien. Deezer entend désormais affirmer sa position sur l'ensemble de l'industrie.
60 000 titres IA reçus chaque jour
Les chiffres donnent le tournis. En janvier 2026, Deezer reçoit quotidiennement 60 000 morceaux entièrement générés par intelligence artificielle, soit 39% de l'ensemble des chargements. Une explosion comparée aux 20 000 titres quotidiens détectés en avril 2025, qui représentaient déjà 18% du contenu. Sur l'année écoulée, la plateforme a identifié et étiqueté pas monis de 13,4 millions de titres créés par IA.
Le problème dépasse la simple quantité. Deezer affirme que 85% des écoutes de musique générée artificiellement relèvent de la fraude en 2025, contre seulement 8% de fraude sur l'ensemble du catalogue. Ces streams frauduleux sont démonétisés et retirés du pool de royalties destiné aux artistes. La technologie de Deezer détecte avec précision les morceaux issus des générateurs les plus utilisés comme Suno et Udio, grâce à des algorithmes capables de repérer les signatures audio uniques laissées par ces outils.

La Sacem déjà convaincue, les autres plateformes absentes
Deezer a mené des tests concluants avec des leaders du secteur, notamment la Sacem, selon Alexis Lanternier, PDG de la plateforme. La société de gestion collective française devient ainsi le premier partenaire à adopter cette technologie, commercialisée via des licences accessibles sur le portail dédié de Deezer. Le magazine américain spécialisé Billboard utilise également l'outil pour identifier les titres générés par IA dans ses classements.
De son côté, Spotify a supprimé 75 millions de morceaux en un an mais n'interdit pas la musique IA, préférant exclure les contenus de mauvaise qualité de ses recommandations algorithmiques sans déployer de système de détection public. De son côté, Apple Music reste silencieux sur le sujet. Deezer reste ainsi la seule plateforme à étiqueter explicitement les albums contenant des titres générés artificiellement. Les morceaux détectés sont écartés des playlists éditoriales et des recommandations personnalisées, mais restent cependant accessibles sur la plateforme.
Pour cette technologie, Deezer a déposé deux brevets en décembre 2024, avec un taux de détection de 99,8% sur les modèles connus. Sa particularité : il peut repérer des contenus IA même sans devoir passer au crible des données d'entrainement spécifiques. C'est cette avancée technique que Deezer souhaite désormais partager avec l'ensemble de l'industrie musicale, en pleine réflexion sur l'encadrement de ces nouveaux contenus.
Ce n'est pas la première fois que Deezer joue la carte de l'ouverture, on avait apprécié le lancement des listes de lecture universelles pouvant être partagées avec les utilisateurs d'un service concurrent.
Grâce à un catalogue très rempli (et particulièrement plaisant pour les amateurs de chansons francophones), une interface simple d’utilisation et très agréable à l’œil, une offre payante simple et complète et une qualité de son FLAC lossless, Deezer s’impose comme l'un des services les plus sérieux du marché du streaming audio à l’heure actuelle. En tout cas dans sa version payante, car la gratuite demandera tout le calme d'un moine tibétain pour être supportée.