Depuis le début de l'année, des dizaines d'outils tiers ont perdu la possibilité de se connecter aux modèles Claude via un abonnement personnel. Anthropic a mis à jour ses conditions d'utilisation le 20 février pour rendre la règle explicite : les tokens OAuth des comptes Free, Pro et Max sont réservés à Claude.ai et Claude Code, point.

Anthropic exige désormais que tout accès programmatique à Claude passe par une clé API obtenue via Claude Console ou un fournisseur cloud partenaire - ©gguy / Shutterstock
Anthropic exige désormais que tout accès programmatique à Claude passe par une clé API obtenue via Claude Console ou un fournisseur cloud partenaire - ©gguy / Shutterstock

Au fond, c'est une vieille règle qui vient d'être rendue incontournable. Depuis au moins février 2024, la section 3.7 des conditions générales d'Anthropic interdisait déjà tout accès automatisé à Claude sans clé API officielle. Pendant deux ans, un grand nombre d'outils tiers ont simplement ignoré cette clause, ou misé sur le flou. Des applications comme OpenCode ou OpenClaw permettaient à leurs utilisateurs de brancher leur abonnement Claude Pro ou Max directement, sans passer par l'API payante à l'usage.

Et pour cause. Un abonnement Max à tarif fixe mensuel coûte bien moins cher que des appels API facturés au token quand on l'utilise massivement pour du code. Anthropic subventionne ses abonnés avec des tarifs préférentiels, mais en partant du principe qu'un humain est derrière le clavier, avec des limites d'usage raisonnables. Brancher un agent automatisé là-dessus, c'est vider le buffet à volonté sans faire partie des convives prévus.

Un ingénieur d'Anthropic avait averti en janvier

En janvier, Thariq Shihipar, ingénieur chez Anthropic, avait publié un fil sur les réseaux expliquant qu'Anthropic avait déjà commencé à bloquer les outils qui « spoofaient » le harness Claude Code pour passer sous les radars. Un harness, c'est une surcouche logicielle qui enveloppe le modèle d'IA pour lui ajouter de la mémoire, des outils, une gestion des échanges multiples — bref, tout ce qui transforme un modèle brut en produit utilisable. Selon Thariq Shihipar, ces harnesses tiers génèrent des patterns de trafic anormaux, sans télémétrie, et compliquent sérieusement le support quand un utilisateur se retrouve banni ou limité. Il avait annoncé une clarification légale. C'est chose faite.

Concrètement, Anthropic exige désormais que tout accès programmatique à Claude passe par une clé API obtenue via Claude Console ou un fournisseur cloud partenaire. Les développeurs qui voulaient offrir « Connexion avec Claude » dans leurs outils en sont donc privés. OpenCode a d'ailleurs retiré dans le même temps le support des clés Claude Pro et Max de son code, en citant explicitement une demande légale d'Anthropic.

Les utilisateurs concernés n'ont désormais plus que deux solutions. Soit ils payent l'API à l'usage, soit ils restent dans l'écosystème officiel d'Anthropic - ©PJ McDonnell / Shutterstock
Les utilisateurs concernés n'ont désormais plus que deux solutions. Soit ils payent l'API à l'usage, soit ils restent dans l'écosystème officiel d'Anthropic - ©PJ McDonnell / Shutterstock

OpenAI a saisi l'opportunité

Thibault Sottiaux, chez OpenAI, a réagi très vite en annonçant publiquement qu'OpenAI, lui, autorisait l'usage des abonnements Codex dans des outils tiers. Un coup de com' opportuniste, comme vous pouvez le voir dans sa publication X ci-dessous, mais qui dit quelque chose sur la guerre que se livrent les plateformes pour capter les développeurs. Anthropic ferme une porte, OpenAI en ouvre une.

Les utilisateurs concernés n'ont désormais plus que deux solutions. Soit ils payent l'API à l'usage, soit ils restent dans l'écosystème officiel d'Anthropic. Le développeur solo qui consommait des millions de tokens par mois via une appli tierce avec son abonnement Max va devoir régler une très lourde ardoise.

Or il y a quelque chose que cette décision ne résout pas vraiment : rien n'empêche techniquement un concurrent de proposer exactement le modèle qu'Anthropic veut fermer, c'est-à-dire des abonnements à prix fixe mensuel ouverts aux harnesses tiers.