Une arnaque au terminal de paiement cible les usagers de taxi en France. Des conducteurs malhonnêtes dissimulent le montant affiché pour débiter des sommes sans rapport avec le prix de la course. Une commandante de police lance l'alerte.

Une commandante de police alerte sur une escroquerie au terminal de paiement menée par certains chauffeurs malhonnêtes. © Gautier Normand / Shutterstock
Une commandante de police alerte sur une escroquerie au terminal de paiement menée par certains chauffeurs malhonnêtes. © Gautier Normand / Shutterstock

Venue du Canada, cette escroquerie incarnée par des taxis peu scrupuleux multiplie les victimes en France, et plus particulièrement à Paris. Des conducteurs malhonnêtes dissimulent le montant affiché sur leur terminal pour prélever des sommes sans rapport avec le prix de la course. Au final, les victimes qui s'attendaient, par exemple, à payer 25 euros finissent par perdre jusqu'à 1 500 euros. L'alerte vient d'être lancée par la commandante de police Ariane Abitbol.

Une arnaque au taxi qui, à partir du paiement par carte bancaire, peut coûter extrêmement cher

Lors d'une course tout ce qui semble de plus banale, le chauffeur de taxi annonce le prix, admettons 25 euros, en précisant qu'il n'accepte que la carte bancaire. Il vous tend son terminal, de type SumUp, parfois un simple petit lecteur portable comme on en voit chez beaucoup de commerçants. Comme le montant est inférieur à 50 euros, vous approchez naturellement votre carte, surtout qu'en dessous de ce seuil, la banque autorise le paiement sans contact, sans avoir à saisir de code. Jusque-là, il n'y a rien d'anormal.

Sauf que le chauffeur vous annonce, l'air de rien, que son terminal ne prend pas le sans-contact. Il vous demande donc de taper votre code. Rien d'inhabituel en apparence non plus, que ça peut arriver. Mais au moment où vous composez vos quatre chiffres, il a pris soin de masquer l'écran. Vous validez en toute confiance, persuadé de payer 25 euros.

Sur le relevé bancaire, vous constatez plus tard le montant débité : 1 500 euros, parfois plus même, pour une course qui en valait 25. La plupart des victimes ne découvrent la supercherie qu'en consultant leurs comptes en ligne, ou quand leur banque les contacte pour signaler une transaction suspecte. À ce moment-là, le taxi est loin, et l'argent aussi malheureusement.

C'est à l'aide de petits terminaux que les escrocs essaient de piéger les victimes. © SumUp
C'est à l'aide de petits terminaux que les escrocs essaient de piéger les victimes. © SumUp

Une arnaque venue du Canada qui s'étend à toute la France

Cette arnaque n'est pas apparue en France mais au Canada, où elle sévit depuis un moment, avec de nombreuses victimes au compteur. C'est de là qu'elle s'est exportée jusqu'à nous. À Paris, les cas se multiplient et les signalements s'accumulent. Mais ne vous y trompez pas : cette escroquerie ne connaît pas les frontières régionales, et la province est tout aussi concernée.

L'autre détail qui complique les choses, c'est qu'il peut s'agir aussi bien d'un taxi officiel que d'un faux taxi. Difficile, donc, de savoir à qui faire confiance. Les personnes âgées, isolées ou vulnérables sont les premières dans le viseur puisqu'elles sont plus enclines à faire confiance au chauffeur et moins susceptibles de questionner le déroulement du paiement. Dans tous les cas, si vous êtes victime, la commandante de police Ariane Abitbol le rappelle, il faut déposer plainte.

Contre ce type d'arnaque, le meilleur réflexe est d'en parler autour de soi. C'est d'ailleurs exactement pour ça qu'Ariane Abitbol a publié son alerte. Plus l'information circule, moins les escrocs ont de chances de trouver des victimes. Pensez en particulier aux personnes âgées ou isolées de votre entourage, ce sont elles qui tombent le plus facilement dans ce genre de piège. Voilà qui devrait faire les beaux jours des applications de VTC, de type Uber et autres.