Plutôt que de corriger son chatbot Grok, Elon Musk préfère dégainer ses avocats. xAI vient d’assigner en justice l’État qui a osé légiférer contre la génération d’images dénudées sans consentement.

C’est Erin Maye Quade, sénatrice démocrate du Minnesota, qui a élaboré ce texte de loi après avoir découvert qu’un homme avait généré des images et vidéos sexualisées d’environ 80 femmes de son entourage à partir de photographies disponibles via les réseaux sociaux. Le tout, évidemment, sans leur consentement.
Ainsi, la législation, votée puis adoptée en mai, interdit les outils de dits de « nudification », ces technologies permettant de générer de fausses images dénudées de personnes réelles à partir de leurs photos. Elle prévoit une amende de 500 000 dollars pour chaque image créée en violation de la loi, qui entrera en vigueur ce samedi 1er août, même si elles n’ont pas été partagées ou diffusées. Les victimes disposent en outre d’un droit d’action individuelle contre les entreprises fautives.
xAi invoque le premier amendement
Et ce n’est visiblement pas au goût d’Elon Musk. Ce lundi 27 juillet, son entreprise d’intelligence artificielle (IA), qui appartient désormais à SpaceX, a déposé plainte devant un tribunal fédéral. Ses avocats estiment que la loi va au-delà de l’objectif affiché : s’ils ne contestent pas l’intention de lutter contre la génération d’images non consenties, ils jugent la définition des « parties intimes » beaucoup trop large.
D’après xAI, le texte interdirait aussi bien des torses masculins nus que des personnes en maillot de bain, des situations pourtant « routinières » dans l’espace public. Sans surprise, la société invoque le premier amendement de la Constitution américaine, qui protège la liberté d’expression, pour tenter de faire invalider la loi.
Mais ce n’est pas tout. Sans plafond ni seuil de diffusion, l’amende de 500 000 dollars par image pourrait, selon les calculs de xAI, grimper jusqu’à 50 milliards de dollars si 100 000 images litigieuses étaient générées par ses utilisateurs. Une somme que l’entreprise juge disproportionnée face à ses propres efforts. Elle affirme, en effet, avoir mis en place des mesures de blocage en plus de bannir les comptes fautifs.

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- Moins biaisé politiquement que sa concurrence
Les scandales s’enchaînent
Depuis plusieurs mois, la fonction de génération d’images Grok Imagine se retrouve au cœur d’une série de scandales retentissants. Aux États-Unis, l’affaire a pris une tournure particulièrement grave avec le cas d’un photographe de l’Arkansas, accusé d’avoir utilisé l’outil pour sexualiser des centaines d'images de ses clientes mineures. De son côté, xAI assure faire le maximum pour lutter contre ces dérives, avec plus de 70 000 signalements de contenus suspects, ayant mené à au moins 244 arrestations.
Même son de cloche en Europe, où la Commission européenne a ouvert, au début de l’année, une enquête formelle contre X.com au nom du Digital Services Act (DSA). En cause, la diffusion de milliers d’images sexualisées en l’espace de quelques jours seulement.
Bruxelles cherche désormais à savoir si l’entreprise a correctement évalué les risques liés à Grok, sous peine d’une amende pouvant atteindre 6 % de son chiffre d’affaires mondial. Mais de toute évidence, le groupe d’Elon Musk ne semble pas décidé à simplement retirer la fonctionnalité pour éviter ce type d’abus.