SpaceX n’a plus vraiment besoin de l’État américain, et elle commence à le faire sentir. Le choc pourrait être rude pour la NASA, qui lui a confié ses programmes les plus ambitieux…

Le Falcon 9 est la fusée la plus active et la plus fiable de l’Histoire, mais ses jours sont désormais comptés. SpaceX ne vend déjà plus de lancements commerciaux au-delà de 2028, car ses efforts sont désormais concentrés sur la mégafusée Starship. De quoi causer la panique dans le secteur, alors que les fusées rivales, New Glenn et Vulcan, sont clouées au sol. Mais la NASA pourrait, elle aussi, prendre un très sérieux coup derrière la tête.
L’IA, priorité absolue de Musk
Il y a encore quelques années, c’était pourtant SpaceX qui avait besoin de l’agence spatiale américaine. Car ses premiers contrats, dont 1,6 milliard de dollars en 2008, l’ont sauvée de la faillite. Mais les rôles se sont inversés, notamment depuis le premier vol habité de la capsule Crew Dragon en 2020, suivi, en 2021, de la sélection de Starship comme atterrisseur lunaire. La NASA dépend de l’entreprise pour voyager jusqu’à la Station spatiale internationale (ISS), ainsi que pour le programme Artemis.
Aujourd’hui, ses priorités ont changé. Elon Musk mise tout sur l’intelligence artificielle (IA) et avec ce nouveau modèle, les lancements pour des tiers, NASA comprise, ne pèsent presque plus rien. La très grande majorité de la capacité de lancement de SpaceX est ainsi réservée à Starlink.
Dans ce contexte, la firme aurait prévenu la NASA qu’elle cesserait de faire voler Crew Dragon d’ici à 2030, ce qui la poussé à se tourner vers Boeing, dont la capsule Starliner n’a toujours pas fait ses preuves.
Artemis, ISS, Moon Base : la NASA fragilisée
Le vaisseau chargé de désorbiter la station spatiale lors de sa retraite, un Dragon modifié, pourrait aussi devoir changer de fusée s’il décolle après 2030. En amont, les fabricants d’atterrisseurs pour la future base lunaire doivent espérer que les nouveaux lanceurs, surtout New Glenn et Terran R, seront à la hauteur, et rien n’est garanti.
Plus brûlant encore, selon le très bien renseigné Ars Technica, SpaceX ne ferait pas d’Artemis sa priorité. Or, Starship doit réaliser un premier test début 2027, un calendrier très optimiste alors que l’entreprise vient seulement d’atteindre l’orbite pour la première fois. De même, la question du ravitaillement en orbite pose de sérieuses questions.
Dans ce contexte, une société pourrait bien tirer son épingle du jeu. Blue Origin, elle, porte clairement ses efforts sur les ambitions lunaires de la NASA, et vient d’investir 3 milliards de dollars en Floride pour y peaufiner son complexe. Si New Glenn s’impose comme un choix évident, son explosion en mai pose évidemment question, tandis que Blue Moon, l’alunisseur, n’a toujours pas volé. Au final, ce sont bien deux multimilliardaires qui tiennent l’avenir de la mission la plus cruciale de l’agence entre leurs mains.