Outre-Atlantique, l'affaire a fait grand bruit, reprise notamment par le New York Times, lequel ouvre son article par l'évocation de la « police de la pensée » inventée par Orwell, qui n'hésite pas à plonger dans l'oubli les ouvrages susceptibles d'instiller le doute dans l'esprit des citoyens.
Amazon, qui a procédé au remboursement des ouvrages effacés par ses soins, donne une explication plus prosaïque qu'orwelienne : ces deux ouvrages lui auraient été fournis par un éditeur qui, finalement, n'en détenait pas les droits. « Quand nous en avons été notifiés par les ayant-droits, nous avons supprimé ces copies illégales de nos systèmes ainsi que des terminaux de nos clients, et remboursé les acheteurs », indique un porte-parole de la firme.
La plateforme mise en place par Amazon permet en effet à certains éditeurs de s'inscrire et de proposer directement des livres au téléchargement sans qu'il ne soit procédé à certaines vérifications. C'est ce qui se serait passé avec ces deux titres d'Orwell. « Ironie du sort, c'est comme si Big Brother surveillait le contenu de notre Kindle », commente un internaute mécontent sur le site d'Amazon. Le célèbre e-commerçant, peu flatté de la comparaison, jure qu'on ne l'y prendra plus, et indique chercher dès à présent d'autres solutions en cas de futurs litiges.