Bruxelles veut passer à une nouvelle vitesse quant à l'application de ses réglementations numériques DMA et DSA. Au risque de se fâcher (une nouvelle fois) avec Donald Trump.

© sinonimas / Shutterstock.com
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2025 a été une année compliquée pour l'Union européenne, qui a dû transiger sur la question des tarifs douaniers imposés par Washington, et dont les nouvelles règles relatives au numérique ont provoqué l'ire de Donald Trump. Et les géants de la tech, qui profitent à plein de la position du locataire de la Maison Blanche, vont sûrement avoir à beaucoup le solliciter quand on sait ce qui les attend en 2026.

L'UE va être plus sévère dans l'application de ses règles numériques en 2026

Bruxelles veut un espace numérique conforme à ses règles. Et pour cela, il dispose du DMA, pour contrer les pratiques anti-concurrentielle, et du DSA, contre les contenus illégaux. Deux règlements qui seront appliqués avec plus de vigueur en 2026.

C'est le Financial Times qui nous apprend cette nouvelle, confirmée par des officiels de Bruxelles et des décideurs politiques. « La Commission européenne se concentre désormais sur la mise en œuvre d'un vaste ensemble de règles numérique » a-t-il ainsi été indiqué par le journal.

© Bendix M / Shutterstock.com
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Quelle sera la réaction de Donald Trump ?

Et il pourrait y avoir du grabuge. Car, tactiquement, Bruxelles avait préféré en 2025 se concentrer sur des problèmes consensuels comme la protection des mineurs, la lutte contre la fraude en ligne ou bien la sécurité des plateformes d'e-commerce comme Temu ou Shein. Autant d'actions qui ne devaient pas soulever de grogne de l'autre côté de l'Atlantique.

Or cette année, des questions plus sensibles, comme le potentiel favoritisme de Google pour ses produits et services sur son moteur de recherche (au titre du DMA) ou bien les efforts de X pour réguler les contenus illégaux (au titre du DSA), pourraient entraîner de dures réactions de la part de l'administration américaine.

Et Donald Trump a déjà prévenu, le mois dernier. Si ces investigations étaient menées à leur terme, et entraînaient des sanctions, il considérerait ces mesures comme autant de protectionnisme déguisé contre des entreprises américaines. Et en réaction, il s'attaquerait à des grandes sociétés européennes opérant aux États-Unis, pour les faire souffrir. Il a d'ailleurs déjà publié une liste d'entreprises pouvant être la cible de représailles, parmi lesquelles on peut retrouver Accenture, DHL ou bien Spotify. Alors, l'UE va-t-elle aller au bout ?