Les gendarmes ont interpellé 178 personnes soupçonnées de pédocriminalité, dans une enquête liée à l’ancienne plateforme de rencontre Coco. L’Unité nationale cyber, UNCyber, a mobilisé 762 militaires sur l’ensemble du territoire, outre-mer compris. La justice a déjà prononcé sept peines de prison ferme.

Les gendarmes ont mené cette enquête en deux temps. En juin 2024, l’Unité nationale cyber a fermé le site Coco.fr/.gg, la plateforme française de rencontre en ligne prisée des pédocriminels. Le site proposait un accès gratuit et ne vérifiait pas l’identité des utilisateurs lors de la création d’un profil. Faute de modération réelle, les utilisateurs exclus retrouvaient l’accès en payant une amende ou via un abonnement Premium. Une seconde phase, menée entre mai et juin 2026, a conduit à l’identification de 178 personnes âgées de 20 à 60 ans, soupçonnées d’avoir diffusé ou partagé des contenus à caractère pédocriminel.
778 000 internautes visitaient le site chaque mois avant sa fermeture.
762 gendarmes mobilisés pour l’opération nationale
Entre mai et juin, l’Unité nationale de police judiciaire a planifié et coordonné cette phase depuis l'Unité nationale cyber. Le Commandement du ministère de l’Intérieur dans le cyberespace a également participé aux investigations, aux côtés de l’Office national anti-fraude. 762 gendarmes ont interpellé les suspects sur l’ensemble du territoire national et dans les outre-mer. Les enquêteurs ont placé 172 personnes en garde à vue et entendu six autres sous un statut différent. Au total, ils ont traité 178 dossiers de pédocriminalité.
Les enquêteurs ont analysé ces contenus pendant plusieurs mois, en amont et pendant la phase d’interpellation. Ils ont recensé 185 853 photographies et 23 597 vidéos à caractère pédocriminel parmi les fichiers saisis.

La justice a déjà prononcé sept peines de prison ferme
La justice a prononcé sept peines de prison ferme et deux peines avec sursis. Les juges ont également ordonné 19 placements en détention provisoire et 19 placements sous contrôle judiciaire. 22 personnes ont reçu une convocation devant un tribunal. Les parquets territorialement compétents jugeront les personnes mises en cause, selon leur lieu de domicile.
Le parquet de Paris avait ouvert une information judiciaire dès le 28 juin 2024, contre l’administrateur du site, alors basé en Bulgarie, pour fourniture d’une plateforme en ligne dédiée à des transactions illicites, et pour blanchiment. Les gendarmes avaient saisi les serveurs du site, situés en Allemagne, ainsi que son nom de domaine. Des enquêteurs sont intervenus en parallèle en Bulgarie, en Allemagne, en Lituanie, aux Pays-Bas et en Hongrie, sous la coordination d’Eurojust. Cinq pays européens ont donc contribué, aux côtés de la France, à cette enquête transnationale.
D'’autres plateformes ont copié le site fermé en 2024. La section de lutte contre la cybercriminalité a ouvert une enquête sur la première, « Bounty », dès l’été 2025. Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a saisi l’Arcom dès l’apparition de ce site, en août 2025, et alerté les ministères de la Justice et de l’Intérieur. Une autre plateforme, avec une interface identique, a repris son activité au printemps 2026 sous un nom différent. Le parquet de Paris a lancé une enquête sur cette résurgence en avril.
La gendarmerie nationale indique poursuivre les investigations liées à cette opération.
- Signalement simplifié des contenus illicites en ligne
- Collaboration étroite avec la police nationale
- Plateforme sécurisée et anonyme