L'équipe de Thunderbird a récemment publié une première version alpha de Thundermail, sa messagerie en ligne, actuellement réservée aux inscrits sur liste d'attente. Nous avons pris en main l'interface web, encore fragile mais déjà fonctionnelle, ainsi que Send et Appointment, les deux autres services qui l'accompagnent.

⚠️ À noter
Thundermail étant en version alpha, il ne s'agit bien évidemment pas d'un test, mais simplement d'une première prise en main. La messagerie devrait considérablement évoluer au cours des prochaines semaines.
En avril 2025, nous rapportions l'annonce de Thundermail, puis en novembre dernier, nous apprenions que les premiers comptes entraient en production sans que l'interface web soit encore accessible. C'est désormais chose faite. Depuis quelques semaines, une première version alpha de Thundermail est accessible à l'adresse webmail.thundermail.com.
Une inscription encadrée, avec avertissement d'usage
L'accès reste réservé aux inscrits sur liste d'attente. Ces derniers sont invités par vagues. À la création du compte, l'internaute crée simultanément deux adresses email couplées au même identifiant de type identifiant@thundermail.com et identifiant@tb.pro. Deux messages de bienvenue atterrissent directement dans la boîte de réception. Le premier détaille la marche à suivre pour configurer le client Thunderbird Desktop ou activer l'authentification à deux facteurs. L'équipe prévient que le service est encore en phase d'expérimentation. Il faut donc s'attendre à des changements fréquents à mesure que les bugs remontent. Un lien permet d'ailleurs de signaler directement les problèmes rencontrés.

Le second email s'adresse aux usages mobiles avec des guide de configuration sur iOS et Android. Soulignons au passage que Thunderbird est déjà disponible sur Android. Ce dernier découle du code du client K-9. Une version pour iOS est toujours dans les cartons.
Une interface sobre, pensée pour le clavier
Dès la première connexion, un écran d'accueil résume les fonctionnalités disponibles. On retrouve un filtre rapide pour rechercher un message, une mise en page ajustable avec la possibilité de redimensionner aussi bien la liste des dossiers, le flux des messages ou le panneau de lecture. Les messages sont stockés en cache local pour accélérer la navigation. Les développeurs ont implémenté les fonctions classiques pour sélectionner, archiver, supprimer, marquer comme lu un ou plusieurs messages.
D'ailleurs, une bonne partie de ces actions dispose déjà d'un raccourci clavier : F et B pour passer au message suivant ou précédent, A pour archiver, Cmd+K pour activer le filtre rapide, Cmd+N pour rédiger un nouveau message… Thundermail s'adresse donc quand même à des utilisateurs avancés ou exigeants
L'interface elle-même reste minimaliste, avec un mode sombre et un mode clair. Mais ont trouve aussi un mode sombre couplé à un mode clair pour les messages. On y retrouve les dossiers classiques (boîte de réception, brouillons, éléments envoyés, archives, courrier indésirable, éléments supprimés) et un indicateur de stockage, fixé à 30 Go pour ce compte de test. Pour l'heure, l'équipe n'a pas encore implémenté une fonctionnalité de classement par libellés. La fenêtre de composition, elle, embarque un éditeur de texte enrichi assez complet : gras, italique, souligné, barré, choix de police et de taille, couleurs de texte et de surlignage, insertion d'images et de liens, listes à puces ou numérotées, alignement du texte.
À l'heure actuelle, l'équipe de Thunderbird n'a pas implémenté de fonctionnalité de chiffrement au sein de sa messagerie.
Alias, domaines personnalisés et paramètres serveur
Le tableau de bord du compte, hébergé sur accounts.tb.pro, permet de gérer jusqu'à 15 alias email, tous redirigés vers la boîte principale. Un second alias, en @tb.pro, apparaît par défaut aux côtés de l'adresse @thundermail.com. Il est également possible d'y rattacher jusqu'à trois domaines personnalisés, une fonctionnalité qui devrait permettre aux indépendants ou aux petites structures de migrer sereinement tout en conservant leur propre nom de domaine.
Pour l'usage d'un client dédié, les paramètres des serveurs entrants (IMAP ou JMAP) et sortants (SMTP) sont accessibles en quelques clics, avec les ports et adresses nécessaires à une configuration manuelle dans un client tiers. JMAP ? Voilà un protocole dont on entend peu parler. JMAP est le successeur moderne de l'IMAP. Il se base sur JSON via HTTP. Il permet de regrouper plusieurs opérations en une seule requête et gère nativement le push, ce qui le rend plus rapide et plus économe en données. C'est d'ailleurs l'une des raisons pour lesquelles il a été implémenté au sein de Thundermail.
Send et Appointment, les deux autres briques de l'écosystème
Le compte Thundermail donne également accès à Thunderbird Send, le service de partage de fichiers chiffré de bout en bout. À la première connexion, une clé de récupération sous forme de suite de mots est générée. Elle permet de récupérer les fichiers en cas de changement d'appareil ou de perte d'accès, et n'est jamais stockée sur les serveurs de Mozilla. Le tableau de bord affiche 60 Go de stockage disponibles, une gestion de la clé de chiffrement et un accès à l'extension Thunderbird pour une intégration directe dans le client de bureau.
Thunderbird Appointment, l'outil de prise de rendez-vous, est également de la partie. Sa configuration démarre par la connexion d'un calendrier. L'utilisateur peut choisir entre celui de Thundermail via CalDAV, un calendrier CalDAV externe, ou un compte Google Calendar.
Le carnet d'adresses reste pour sa part relativement sommaire. Pour un contact donné, il n'est possible de saisir que le nom et une ou plusieurs adresses email, aucune autre information. À l'heure où nous écrivons ces lignes, il n'y a pas non plus d'option d'importation.
Un service encore en alpha
Cette alpha reste, à ce stade, une preuve de concept plus qu'une messagerie complète. La navigation dans les dossiers, la lecture et la rédaction de messages fonctionnent, mais l'ensemble reste encore assez brut. Mozilla avait par ailleurs indiqué avoir rapatrié ses serveurs vers l'Allemagne et l'Union européenne pour se conformer au RGPD, un argument qui devrait peser dans la balance face à Gmail ou Outlook une fois le service ouvert plus largement. Reste à savoir combien de temps durera cette phase de test avant une disponibilité générale. Rappelons que pour Mozilla il s'agit de mettre en place une nouvelle source de revenus. Le forfait Early Bird reste affiché à 9 dollars par mois pour accéder à l'ensemble des services. Thunderbird Pro n'affichera aucune publicité et les Mozilla ne revendra aucune donnée. La fondation justifie alors ce prix par les coûts d'hébergement et de maintenance.
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