Plus de peur que de mal. Google échappe au démantèlement de son activité publicitaire. La juge fédérale Leonie Brinkema a en effet refusé la vente forcée réclamée par la justice américaine, un an à peine après avoir reconnu que le géant de la tech abusait de sa position dominante. 

Google échappe au pire. ©Skorzewiak / Shutterstock
Google échappe au pire. ©Skorzewiak / Shutterstock

En 2023, le département de la Justice américain (DoJ), rejoint par une large coalition d’États, poursuivait la firme de Mountain View en justice, l’accusant de verrouiller l’ensemble de la chaîne technologique publicitaire à son profit. 

Le verdict est tombé en avril 2025 après un procès très mouvementé. Google détient des monopoles illégaux sur les serveurs publicitaires utilisés par les éditeurs, ainsi que sur les enchères qui connectent acheteurs et vendeurs d’espaces publicitaires sur le Web. Mais finalement, sa sanction n’est pas aussi spectaculaire qu’on aurait pu le penser.

Google s’en sort très bien

Car la juge semble s’être rangée du côté de Google. La demande phare du DoJ a été rejetée : forcer la société à céder AdX (Google Ad Exchange), sa plateforme d’enchères publicitaires. Mais ce n’est pas tout, puisqu’elle a aussi refusé d’obliger l’entreprise à rendre public le code source de ces mêmes enchères.

En revanche, la magistrate a validé « la plupart » des remèdes comportementaux proposés conjointement par les deux parties, sans pour autant en préciser la teneur. Google jubile évidemment. Lee-Anne Mulholland, vice-présidente des affaires réglementaires de l’entreprise, confie être « très satisfaite que le tribunal ait rejeté la proposition du DoJ de démanteler des outils qui aident les petites entreprises à toucher de nouveaux clients et à se développer ».

À noter que l’activité publicitaire concernée ne pèse qu’environ 8 % des revenus d’Alphabet, la maison mère de Google, et connaît un déclin continu depuis 16 trimestres consécutifs.

La justice américaine se montre clémente avec Google. ©Sergei Elagin / Shutterstock
La justice américaine se montre clémente avec Google. ©Sergei Elagin / Shutterstock

Les régulateurs antitrust américains n’y arrivent pas

C’est une véritable série noire pour les régulateurs antitrust américains. Il y a quelques mois, un autre juge, qui avait pourtant reconnu le monopole illégal de Google sur le marché de la recherche en ligne, refusait d’imposer la cession de Chrome et d’Android. Il invoquait, entre autres, la concurrence montante des solutions d’intelligence artificielle (IA) générative. 

Même son de cloche en novembre 2025, lorsqu’un juge a donné raison à Meta face à la Federal Trade Commission (FTC), autre gendarme de l’anti-concurrence outre-Atlantique. Selon lui, le monopole du géant sur les réseaux sociaux n’était pas évident, malgré ses rachats successifs d’Instagram et de WhatsApp dans les années 2010.

La dynamique semble difficile à inverser : les tribunaux américains semblent de plus en plus réticents à démanteler des systèmes technologiques complexes, même lorsqu’ils reconnaissent des pratiques anticoncurrentielles. Reste à voir si cette tendance se confirmera avec les procès antitrust visant Amazon et Apple, qui n’iront pas à leur terme avant 2027 au plus tôt.

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