La Communication en champ proche
Moins puissante que d'autres technologies d'échange de données sans fil comme le Wifi ou le bluetooth, NFC autorise un débit maximum de 424 kb/s, dans la gamme de fréquence 13,56 Mhz, sur une distance maximale de ... 10 cm, réduisant d'autant les interférences ou les risques en matière de sécurité.
Le plus souvent, l'échange de données se fait dans un seul sens, entre un « lecteur » pouvant par exemple ressembler à un lecteur de code-barre, et une « radio-étiquette », un dispositif passif ne nécessitant aucune source d'énergie en dehors de celle fournie par les lecteurs au moment de leur interrogation.
«La technologie NFC autorise une véritable interaction avec l'environnement physique ce qui permet notamment de dématérialiser les cartes de paiement, de transport, de fidélité, de cinéma voire ses propres clefs» explique Mung Ki WOO, Vice Président de la division Paiement & sans-fil au sein du groupe France Telecom.
Une première génération de services
Outre les cartes de transports, ces radio étiquettes sont également en train de bouleverser le secteur de la billetterie. La jeune pousse hexagonale ASK, déjà à l'origine du pass Navigo, a en effet convaincu les autorités chinoises d'intégrer l'une de ces puces ultra compacts dans les tickets des spectateurs des prochains Jeux Olympiques de Pekin. Une technologie qui devrait permettre de lutter contre les faux tickets, le marché noir et, accessoirement, d'améliorer la sécurité du site.
Utile sur les marchés des transports ou de la billeterie, la technologie sans-contact peut également se faire plus futile en équipant notamment la dernière génération du Nabaztag, le lapin communiquant de Violet, qui est désormais équipé d'un lecteur de radio-étiquettes. Dans ce cas, il n'est pas question de contrôle d'accès mais plutôt d'applications ludiques ou éducatives, permettant par exemple au lapin de reconnaître un trousseau de clef ou un livre équipé d'une radio-étiquette, déclenchant l'envoi d'un mail ou la lecture d'un fichier audio.
L'intérêt des géants bancaires
La Banque Populaire de Bourgogne-Franche Comté vient par exemple de diffuser des cartes de paiement “sans contact” auprès de 4000 clients, qui peuvent désormais régler leurs achats chez 200 commerçants partenaires, eux même équipés d'un lecteur sécurisé. Une expérimentation testant non seulement les paiements traditionnels, avec saisie du code de sécurité, mais également les petits paiements, théoriquement payés via Moneo .. . Un paiement direct, sans saisie de code, justifiant du coup une portée la plus courte possible de ces cartes (10 cm) pour éviter l'apparition de pickpockets électroniques...
Outre la banque populaire, la technologie sans contact est également testée à plus grande échelle par les géants des services financiers Visa ou Mastercard. Lors d'un pilote, Mastercard a ainsi observé une hausse de 35% des dépenses des personnes équipées de ces nouvelles cartes de paiement. En Europe, son concurrent Visa vient pour sa part de lancer la première carte commerciale la « Payware », et il multiplie les collaborations avec les principales banques Françaises (BNP-Paribas, Crédit Agricole, Banque Postale, Société Générale, Crédit Mutuel-CIC, Caisse d'Epargne ...) mais également les principaux opérateurs : Bouygues Telecom, SFR, Orange ou NRJ mobile.
Les opérateurs cellulaires en embuscade
Depuis l'année dernière, les opérateurs Orange, SFR, Bouygues Telecom ou NRJ mobile mènent en effet des tests à Caen, Strasbourg ou Grenoble, dans lesquels les téléphones mobiles sont équipés de ces fameuses radio étiquettes. Les combinés peuvent ainsi se substituer à une carte de transport voire une carte bancaire, en s'appuyant notamment sur leur carte à puce (SIM) pour authentifier leur porteur.
Du côté des équipementiers, des marques comme Motorola, Sagem ou encore LG fournissent aux opérateurs des prototypes permettant de tester ces nouveaux services mais c'est sans doute le géant finlandais Nokia qui est aujourd'hui le plus actif en la matière puisqu'il a déjà mis sur le marché quatre terminaux dont le 6131 NFC avec la ferme intention de généraliser cette technologie en Europe, prenant ainsi exemple sur le modèle Japonais.
L'exemple Japonais
Après une première génération de services centrés sur la voix (téléphonie, messagerie vocale, ...) puis une seconde génération centrée sur la vue (messagerie, photo, vidéo, visiophonie, internet mobile, etc...), la démocratisation du NFC permettrait, selon DoComo, l'avènement d'une « troisième ère de la mobilité » centrée sur un nouveau sens : le toucher.
Une troisième ère en cours de banalisation dans l'archipel puisque, selon un récent rapport de Jap'Presse et de InnovAsia Research, près de 40 millions de téléphones mobiles seraient déjà compatibles avec la norme FeliCa.
Vers une seconde convergence ?
Un parc encore modeste, concentré au Japon, mais qui devrait désormais rapidement s'étendre à mesure que la technologie se démocratisera. Selon l'institut ABI Research, 20% des nouveaux téléphones mobiles pourraient être équipés de cette technologie dès 2012 pour atteindre un parc de 292 millions de combinés à travers le monde.
Un parc sans doute suffisant pour lancer cette nouvelle génération de services, marquant une nouvelle convergence entre l'univers télécom et le secteur bancaire, et justifiant certainement la mise en place en France d'un « forum des services mobiles sans contact » par Luc Chatel, Ministre Français de l'industrie, en attendant le lancement de véritables services par les trois opérateurs, dès le premier semestre 2009.