JB -Marc Rougier, bonjour. Près d'un an après les premières apparitions de GooJet, pouvez vous faire un premier bilan ? Les internautes et les mobinautes sont ils séduits par cet environnement ?
MR -Bonjour. Nous avons commencé les développements fin 2006 et avons démontré la première version de Goojet à LeWeb3 en Décembre 2007 (où nous avons gagné la compétition des startups) ; ce fut le début des tests en béta privé. La première version béta publique est en ligne depuis juin 2008.
Les retours sont très positifs : l'heure de l'internet mobile a sonné! Cette première expérience confirme que l'approche Goojet est pertinente: un espace mobile centré sur l'utilisateur (les services que je veux), social (je reste connecté avec ma communauté) et offrant un accès facile à de nombreux services utiles.
Sur Goojet les mobinautes lisent quotidiennement les infos, partagent des photos, consultent leurs messages, utilisent des widgets pratiques (liste de tâches, chat room, météo, trafic, etc), découvrent de nouveaux services mobiles. Nous voyons aussi dans Goojet se former des portails mobiles thématiques, des micro-communautés (familles, groupes d'amis, collègues, associations) qui échangent via Goojet - et même qui ajoutent de nouveaux services. Enfin nous avons un nombre croissant de contenus partenaires.
Nous recevons aussi des demandes d'amélioration: rendre l'interface plus fluide, ajouter de nouveaux services, supporter encore davantage de téléphones. Nous mettons régulièrement en ligne de nouvelles versions pour coller au plus prêt à ces attentes - pas de répit pour l'équipe, mais excitation quotidienne.
JB -Les écosystèmes de services mobiles créés par Apple, Yahoo, Nokia, Google, Microsoft ou encore Samsung sont ils concurrents de votre solution ou contribuent-ils, au contraire, à démocratiser l'intérêt pour des "GooJets" ?
MR -La naissance de l'iPhone et les investissements de Google (Android) nous ont aidé en évangélisant le marché. Ils ne concurrencent pas Goojet directement. Go de Yahoo, Widset de Nokia ou encore Zumobi (issue de la recherche de Microsoft) sont plus directement concurrents, car ils proposent aussi un accès nouveau aux services mobiles. Leur présence est bénéfique: d'une part, ils confirment le dynamisme de ce secteur encore jeune qui a besoin d'actions pour mûrir. Et d'autre part, nous avons pu vérifier que notre approche est réellement différenciée : plus ouverte, plus sociale, plus interactive, offrant une réelle intégration entre le téléphone et le web - de nombreux béta testeurs, très éduqués en matière d'internet mobile, ont confirmé l'originalité et l'intérêt de notre approche.
JB -Pour imposer GooJet sur les téléphones mobiles, travaillez vous avec constructeurs ou des opérateurs cellulaires ? Pourrions nous un jour imaginer un GooJet Phone ?
MR -Goojet est une solution indépendante, tant techniquement que commercialement. Goojet.com fonctionne sur de nombreux terminaux de tous les fabricants et est accessible via tous les réseaux, gratuitement pour les utilisateurs.
Par contre, sans aller jusqu'à un Goojet Phone, nous discutons avec des opérateurs et des fabricants. Les uns comme les autres cherchent à augmenter la valeur de leur offre : l'internet mobile est un sujet important. Goojet offre richesse et nouveauté d'un service de plus en plus incontournable, quand les partenaires (opérateurs ou fabricants) peuvent eux offrir capacité de distribution et fluidité d'accès. Nous pouvons envisager à terme la présence du service goojet sur un portail opérateur ou dans le menu natif d'un téléphone.
JB -La France dispose de nombreux champions dans le logiciel mobile : PurpleLabs, BlueStreak Technology, Streamezzo, GooJet, etc... Pensez vous que des rapprochements puissent à terme s'imposer afin de voir émerger des champions d'envergure mondiale ?
MR -Il y a en effet un beau dynamisme en France sur ce domaine : notre capacité à innover est démontrée, mais il reste à prouver la capacité française à développer un champion mondial !
Nous investiguons plusieurs axes de synergies et des rapprochements sont possibles, mais ils ne s'imposent pas : nous travaillons sur des leviers de croissance certes autour de notre métier de base, mais aussi en terme de couverture géographique (notre ambition est internationale), de contenu, de distribution.
JB -Marc Rougier, je vous remercie.