Le leader de la musique en streaming Spotify dénonce la manière dont Apple répond aux exigences de l'Union européenne et souhaite voir la firme de Tim Cook condamnée.
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Spotify vs Apple : deux ennemis de longue date
Entre Spotify et Apple, les tensions durent depuis un certain temps. L'entreprise suédoise a commencé par pointer les commissions de 30% prélevées par Apple au sein de l'App Store en estimant qu'il s'agit d'une pratique visant à avantager Apple Music.
Par ailleurs, le lancement de l'abonnement Apple One, qui regroupe plusieurs services d'Apple, dont Apple Music, n'est pas passé inaperçu et été aussi vivement critiqué par Spotify. C'est également le cas de l'incompatibilité de Spotify sur certains produits Apple.
Sans surprise, Spotify a donc largement appuyé l'enquête de l'Union européenne sur Apple et Daniel Ek, le PDG de l'entreprise, scrute aujourd'hui la manière dont Apple se plie au Digital Market Act. Dans une interview recueillie par Bloomberg, l'homme critique à nouveau la manière dont Apple répond aux exigences de l'UE.
Les efforts d'Apple ne sont pas suffisants
Depuis l'entrée en vigueur du DMA, Apple s'est vu forcée d'introduire un certain nombre de changements. L'entreprise a dû permettre aux utilisateurs de configurer davantage d'applications tierces par défaut. Ils peuvent également désinstaller davantage d'applications éditées par Apple. La firme californienne a introduit de nouveaux frameworks et API pour permettre aux développeurs de créer des app stores alternatifs et d'utiliser des moteurs de rendu autres que WebKit. Les développeurs peuvent désormais utiliser des prestataires de services de paiement externes. Notons aussi qu'Apple a ouvert l'accès à la puce NFC pour les applications tierces de paiement sans contact.
Pour Daniel Ek, l'introduction des app store tiers est une véritable "farce". Il ajoute que : "la stratégie d'Apple visant à permettre l'existence de magasins tiers se traduit finalement par l'impossibilité de créer ces derniers, tout en imposant des frais considérables pour empêcher toute concurrence."
En tout cas, pour l'Union européenne, ce n'est pas assez. Dans un document publié le 18 décembre, la Commission détaille une série de mesures visant à forcer l'interopérabilité totale d'iOS avec les appareils connectés tiers. Parmi les autres efforts que la firme de Tim Cook devra mettre en place, il est notamment question de permettre aux montres connectées, aux écouteurs et autres accessoires tiers de communiquer aussi efficacement avec l'iPhone que l'Apple Watch ou les AirPods.
Selon Daniel Ek, Apple continue d'entretenir "un schéma bien établi de retards et de blocages". L'homme estime que l'UE n'est pas assez stricte et se permet d'ajouter : "Il est temps pour l'Europe de montrer que nous allons faire respecter la loi qui a déjà été adoptée."
D'un côté, si elle ne respecte pas les demandes de la Commission européenne, Apple peut se voir infliger une amende équivalente à 10% de ses revenus annuels. Toutefois, l'UE est mise sous pression par le président américain Donald Trump qui vient notamment de mettre en place une taxe douanière de 25% sur l'importation des produits européens au sein de son pays.