Microsoft a été prise à tester ReFS dans les versions expérimentales de Windows 11. Ce système de fichiers, pensé pour les très gros volumes, pourrait à terme remplacer NTFS. En théorie du moins, car il lui reste encore pas mal de chemin à parcourir.

Windows 11 : cette nouveauté introduite discrètement par Microsoft pourrait signer la fin du NTFS © rawf8 / Shutterstock
Windows 11 : cette nouveauté introduite discrètement par Microsoft pourrait signer la fin du NTFS © rawf8 / Shutterstock

Repéré dans la dernière build Canary de Windows 11 (27823), un petit changement pourrait bien annoncer une transition majeure dans la gestion des systèmes de fichiers. Lors d’une installation propre, une nouvelle option permet désormais de formater la partition principale en ReFS (Resilient File System), aux côtés de l’habituel NTFS. L’info a été ébruitée par PhantomOfEarth, qui a partagé une capture d’écran de l’interface. Encore planquée derrière un bouton invisible et une boîte de dialogue mal alignée, la fonction reste expérimentale. Mais elle marque un tournant. ReFS n’est peut-être plus réservé aux versions serveur ou aux cas d’usage pros, et commence à s’inviter sur les machines grand public.

Un système calibré pour les très gros volumes…

ReFS a été conçu pour mieux encaisser les flux de données massifs. Dès sa création, Microsoft l’a pensé pour répondre aux besoins des environnements de stockage intensifs et dépasser les limites de NTFS. Côté capacité, la différence est nette : jusqu’à 35 pétaoctets par volume, là où NTFS plafonne à 256 téraoctets. Côté fiabilité, ReFS vérifie régulièrement l’intégrité des fichiers grâce aux checksums, et peut corriger les erreurs de manière autonome en s’appuyant sur des copies redondantes, quand elles existent.

Grâce au clonage de bloc, il peut créer une copie quasi instantanée d’un fichier sans dupliquer physiquement les données, en pointant vers les mêmes blocs tant qu’aucune modification n’est apportée. Les fichiers sparse permettent de gagner de l’espace en ne stockant que les données réellement utilisées, et la compatibilité avec Storage Spaces optimise la répartition des fichiers entre disques rapides et supports plus lents, selon leur fréquence d’accès. Le tout sans effort particulier côté utilisateur.

… mais pas encore tout à fait prêt à remplacer NTFS

Malgré ses belles promesses, ReFS n’est pas encore prêt à détrôner NTFS sur les machines classiques. Il reste incompatible avec le démarrage de Windows, ne fonctionne pas sur les supports amovibles comme les clés USB ou les disques externes, et fait l’impasse sur plusieurs fonctions que l'on considère aujourd’hui comme basiques : compression de fichiers, quotas disque, chiffrement EFS, etc. Dans sa documentation officielle, Microsoft précise que ces options ne sont « pas disponibles pour le moment », ce qui laisse entendre qu’elles pourraient arriver plus tard.

En l’état, ReFS reste donc un système de fichiers ambitieux, mais incomplet, dont l’intégration dans les builds Insider de Windows 11 ressemble plus à un galop d’essai qu’à une transition réelle. À terme, il pourrait intéresser celles et ceux qui manipulent de très gros volumes ou travaillent sur des postes avancés, mais pour le reste du grand public, NTFS reste la valeur sûre. Et le restera sûrement encore un bon moment.

Clubic
Windows 11
    8 / 10

    Windows 11 de Microsoft redéfinit l'expérience utilisateur avec une interface repensée, des widgets personnalisables et une intégration renforcée de Microsoft Teams. Chaque innovation vise à optimiser et enrichir l'utilisation quotidienne de votre appareil. Que vous soyez professionnel, créateur ou utilisateur lambda, Windows 11 répond à vos besoins en alliant efficacité et plaisir d'utilisation.

    Les plus
    • Refonte graphique de l'interface réussie
    • Snap amélioré
    • Groupes d'ancrage efficaces
    • Gestion affinée des bureaux virtuels
    Les moins
    • Des problèmes de performances signalés
    • Encore des bugs, patience donc
    • Compatibilité limitée aux anciennes générations de PC
    • Une évolution, mais pas une révolution...