La France augmente son investissement dans les drones militaires, avec l'intention de commander 2 000 appareils d'entraînement, comme pour tirer les leçons du conflit ukrainien et combler son retard en la matière.

Alors que la guerre contre l'Ukraine est dans toutes les têtes, la Direction générale de l'armement (DGA) a lancé, il y a quelques semaines, une commande massive de drones d'entraînement pour l'armée de terre française. L'ambitieux projet, révélé par nos confrères de l'Informé, prévoit la fabrication de 2 000 appareils, avec un premier lot de 1 000 unités à produire entre octobre et décembre 2025, suivi d'un second lot dans les six mois suivants.
Un projet stratégique pour combler le retard français sur les drones d'entraînement
La commande de drones que veut passer la DGA entre dans le cadre du « pacte drone aérien de défense », signé en juin 2024 par l'État. Dotée d'un budget global pouvant atteindre 8 millions d'euros, l'initiative vise à rattraper le retard capacitaire de l'armée française, dont les stocks actuels sont estimés à environ 4 500 drones.
L'urgence de cette modernisation fait partie des leçons du conflit ukrainien, où ces engins ont démontré leur efficacité tactique. Il est impératif de s'y mettre. Rien qu'en octobre 2024, la Russie aurait déployé près de 1 908 drones Shahed iraniens, tandis que l'Ukraine affirme pouvoir produire plus de 4 millions d'appareils en 2025.
Le marché sera donc attribué à un unique lauréat, français ou européen, qui devra assembler les drones sur le territoire européen, avec des cartes électroniques produites localement. Une exigence souveraine totalement justifiée, même si certains composants non stratégiques pourront éventuellement provenir de fournisseurs non européens.
Une opportunité pour l'industrie française du drone
Cette commande peut être vue comme un test pour la base industrielle française du drone militaire. Les délais serrés et les volumes importants vont inciter les entreprises à former des alliances stratégiques, combinant conception et capacités de production de masse.
Plusieurs acteurs majeurs, comme le Français Parrot, déjà prestataire des armées, a déjà indiqué ne pas vouloir participer à l'appel d'offres. Ceux qui ont déjà refusé estiment que leurs produits haut de gamme ne correspondent pas aux spécifications recherchées pour ces drones d'entraînement, tant au niveau du prix que de la technologie.
La DGA, qui ambitionne pour l'armée de terre à équiper chaque véhicule ou groupe de combat d'un drone ou plus, a donc du boulot. Il faudra trouver des acteurs capables de produire vite, bien, et en grande quantité.
02 avril 2025 à 08h34