Microsoft reconnaît que les retours utilisateurs n’étaient pas la priorité lors de la conception de Windows 8. Un ancien designer explique que l’équipe a privilégié son « instinct » pour créer une interface « spéciale », loin des attentes du public.

Ces tuiles vous remémorent-elles de bons souvenirs ? Probablement pas... © Hadrian / Shutterstock
Ces tuiles vous remémorent-elles de bons souvenirs ? Probablement pas... © Hadrian / Shutterstock

Plus de dix ans après la sortie controversée de Windows 8, Microsoft lève enfin le voile sur les coulisses de son développement. Lors d’un événement interne retraçant l’évolution du design de Windows, à l’occasion du 50ᵉ anniversaire de la firme, un ancien membre de l’équipe de conception a reconnu que les retours des utilisateurs ont été volontairement relégués au second plan lors de la création de l’interface. Un choix qui a contribué à l’échec retentissant du système, contraint de réintégrer le menu Démarrer dès la version 8.1.

Windows 8 : faire confiance à son instinct plutôt qu’aux utilisateurs ? Le choix étonnant de Microsoft

C’est Harold Gomez, identifié comme ayant été designer UI au moment du développement de Windows 8, qui a fait cette déclaration : « Nous n’aurions jamais pu aboutir à Windows 8 et son style Metro en nous basant uniquement sur les retours clients. C’était quelque chose que les utilisateurs n’auraient jamais demandé, car nous évoluions dans un monde très dominé par l’iPhone à cette époque ».

Selon Gomez, l'interface atypique de Windows 8 ne pouvait émerger que d’un parti pris assumé : celui de s’émanciper des demandes exprimées par les utilisateurs pour miser sur une vision avant-gardiste du design. Il évoque une période où l'influence d’iOS façonnait les attentes du marché, et où Microsoft souhaitait proposer une alternative radicale fondée sur ses propres codes esthétiques.

Une interface qui a plus que jamais divisé les utilisateurs de Windows. © Microsoft
Une interface qui a plus que jamais divisé les utilisateurs de Windows. © Microsoft

Ainsi, l’idée était de repenser l’interface en profondeur, en travaillant notamment la typographie, la disposition des éléments et l’intégration du mouvement dans l’expérience utilisateur. Malgré tout, Gomez souligne que cette démarche ne s’est pas faite entièrement en vase clos pour autant : « Nous avons fait le travail nécessaire pour comprendre les besoins de nos clients et nous avons associé ces connaissances à notre instinct en matière de design, ce qui nous a permis de créer quelque chose de spécial ».

Une démarche créative qui s'est heurtée à la réalité du marché

Si la vision de l’équipe design visait indubitablement à rompre avec les conventions, force est de constater qu'elle n’a pas trouvé son public. La sortie de Windows 8 en 2012 a déclenché une vague de critiques virulentes, en particulier à cause de la suppression du menu Démarrer, un élément pourtant emblématique des systèmes d'exploitation Windows. Face au rejet massif de la part de ses propres utilisateurs, la firme de Redmond a dû faire machine arrière avec la sortie de Windows 8.1, qui a réintégré le bouton Démarrer dès l'année suivante, en 2013.

Plus d'une décennie plus tard, l’épisode Windows 8 est devenu un véritable cas d’école en matière de dissonance entre les innovations proposées par Microsoft et les attentes de ses clients. Fort heureusement, la firme américaine a finalement su se relever de cet échec rémanent avec l'arrivée de Windows 10, qui s'apprête d'ailleurs à tirer sa révérence en fin d'année 2025.

Source : Neowin

Windows 11
    8 / 10

    Windows 11 de Microsoft redéfinit l'expérience utilisateur avec une interface repensée, des widgets personnalisables et une intégration renforcée de Microsoft Teams. Chaque innovation vise à optimiser et enrichir l'utilisation quotidienne de votre appareil. Que vous soyez professionnel, créateur ou utilisateur lambda, Windows 11 répond à vos besoins en alliant efficacité et plaisir d'utilisation.

    Les plus
    • Refonte graphique de l'interface réussie
    • Snap amélioré
    • Groupes d'ancrage efficaces
    • Gestion affinée des bureaux virtuels
    Les moins
    • Des problèmes de performances signalés
    • Encore des bugs, patience donc
    • Compatibilité limitée aux anciennes générations de PC
    • Une évolution, mais pas une révolution...