La nouvelle régulation du marché de l'électricité, qui fait craindre une prochaine envolée des tarifs, divise experts et associations de consommateurs, ces dernières évoquant de possibles hausses tarifaires jusqu'à 17% pour 2026.

Tout le monde n'est pas d'accord sur la hausse redoutée des prix de l'électricité en 2026 © Alexandre Boero / Clubic
Tout le monde n'est pas d'accord sur la hausse redoutée des prix de l'électricité en 2026 © Alexandre Boero / Clubic

Il y a clairement débat autour des prix de l'électricité pour l'année prochaine. Entre l'alarme sonnée par l'UFC-Que Choisir et l'optimisme modéré d'experts du secteur, le consommateur dispose de prévisions contradictoires concernant sa future facture.

Au cœur des discussions, on retrouve la nouvelle régulation du nucléaire, qui entrera en vigueur en janvier 2026, en remplacement du mécanisme ARENH actuel. Voyons en quoi cette controverse énergétique illustre la complexité de notre marché électrique.

UFC-Que Choisir alerte sur une hausse de 17% des factures d'électricité en 2026, les experts temporisent

L'UFC-Que Choisir a lancé l'alerte ce mardi 25 février avec une étude chiffrée au scénario plutôt pessimiste. Selon l'association de consommateurs, les ménages pourraient subir une hausse moyenne de 17% sur leurs factures d'électricité, soit autour de 233 euros supplémentaires par an pour une consommation de 6 000 kWh. Cette augmentation serait alors liée à l'abandon du système ARENH, qui garantissait un accès à l'électricité nucléaire à prix régulé.

À l'opposé, Nicolas Goldberg, expert énergie chez Colombus Consulting et Terra Nova, se montre beaucoup plus nuancé chez nos confrères de franceinfo. « On n'aura pas une explosion de facture pour les particuliers », affirme-t-il. Le spécialiste explique que les baisses des prix sur le marché de gros compenseront la disparition du tarif nucléaire à 42 euros/MWh. Sa vision repose sur l'évolution favorable des marchés depuis la crise énergétique de 2023.

Le principal point de friction porte sur le passage d'un système partiellement régulé à un approvisionnement entièrement soumis aux prix du marché. Actuellement, 56,2% de l'approvisionnement est déterminé par les prix de marché, mais ce taux passerait à 100% avec la nouvelle régulation, malgré une production majoritairement assurée par des moyens publics comme les centrales hydrauliques et les barrages d'EDF.

Des facteurs complexes qui expliquent les désaccords

L'UFC-Que Choisir se concentre donc sur l'impact immédiat de la réforme, en calculant une hausse mécanique basée sur les prix actuels du marché. En revanche, Nicolas Goldberg intègre dans son raisonnement la tendance baissière des prix de l'électricité, et le mécanisme de calcul des tarifs réglementés basé sur la moyenne des deux années précédentes.

La redistribution des taxes appliquées aux profits d'EDF constitue l'autre point de divergence. L'association de consommateurs nous dit que seuls 58% du produit de ces taxes seraient redistribués aux consommateurs, le reste venant alimenter le budget de l'État. Elle plaide pour un reversement intégral aux usagers et une taxation renforcée des profits d'EDF, qui a réalisé 10 milliards d'euros de bénéfices en 2023.

Les effets différenciés selon les profils d'utilisateurs expliquent également ces positions contradictoires. Si Nicolas Goldberg reconnaît que les grands industriels, principaux bénéficiaires du nucléaire à prix régulé, pourraient effectivement voir leurs coûts augmenter significativement, il estime que l'impact sera beaucoup plus limité pour les ménages. Cette nuance, un peu perdue dans le débat public, peut contribuer à la confusion générale.

Des solutions pour limiter l'impact sur votre facture existent

Pour mettre de côté l'incertitude tarifaire et gagner, disons, en sérénité, il existe plusieurs solutions pour sécuriser son budget énergie. Les offres à prix fixes de type EDF Zen Fixe ou Zen Week-end permettent de verrouiller un tarif stable pendant une période déterminée, parfois pendant un ou deux ans. Ces formules, bien que parfois légèrement plus coûteuses à court terme, peuvent s'avérer avantageuses en cas de forte hausse des prix réglementés. Mieux vaut prévenir que guérir, non ?

Si vous le pouvez, l'autoproduction est aussi une solution pertinente et pérenne. L'installation de panneaux photovoltaïques, dont les prix ont considérablement baissé ces dernières années, permet de réduire sa dépendance au réseau. Couplés à des batteries domestiques de stockage, ces systèmes peuvent offrir une autonomie partielle réaliste pour de nombreux foyers, avec un retour sur investissement généralement inférieur à 10 ans.

On n'oublie pas non plus, car ils sont encore de saison, les thermostats connectés, qui permettent d'optimiser le chauffage, rappelons-le premier poste de dépense énergétique des foyers français, avec des économies potentielles de 10 à 15% selon l'ADEME (Agence de la transition écologique). L'amélioration de l'isolation thermique, même si elle nécessite un investissement initial assez important, demeure la solution la plus efficace à long terme. Elle vous aidera à réduire drastiquement vos besoins énergétiques, tout en améliorant le confort de votre habitat.