Apple Intelligence arrive en ce mois d'avril en France. J'ai pu tester ses fonctionnalités depuis plusieurs semaines, au travail comme lors des mon temps libre. Vraie révolution pour les utilisateurs d'iPhone ou simple pétard mouillé ? C'est plus contrasté.

Je dois l'avouer, j'ai été assez impressionné par la présentation d'Apple Intelligence en juin dernier lors la WWDC 2024. Pas forcément par les outils proposés, qui n'étaient rien de moins que des copies de ceux déjà disponibles à travers ChatGPT, Google Gemini ou encore Microsoft Copilot, mais par leur intégration dans les différents systèmes d'exploitation de la marque. En tant qu'utilisateur aguerri depuis plus de 20 ans des produits d'Apple, j'attendais la marque au tournant sur ce point.
Il était évident qu'Apple serait en retard par rapport à ses concurrents. On savait que Tim Cook et ses équipes, partagés entre le développement d'un véhicule autonome abandonné en cours de route et du casque de réalité mixte Apple Vision Pro, qui n'a pour le moment pas sucité la curiosité du grand public, avaient loupé le coche de l'intelligence artificielle. Pourtant, à la sortie de la keynote du mois de juin, je restais enthousiaste quant à la capacité d'Apple de créer des usages à l'intelligence artificielle. Plutôt que de créer un simple chatbot à tout faire, comme les autres, Apple pouvait intégrer son IA dans toutes les applications, de Siri à Messages en passant par Photos, pour la rendre disponible et utile quand on en a le plus besoin.

Cela fait maintenant six mois que je teste Apple Intelligence, d'abord en anglais sur un iPad dédié aux tests et bidouilles, puis en français sur mon iPhone 16 Pro Max principal. Apple Intelligence est désormais intégré à mon quotidien, et pourtant notre relation est plus que compliquée.
- Un écran bord à bord impressionnant
- Le plus performant des smartphones
- Une prestation photo impeccable
Siri : un nouveau look, mais les mêmes lacunes
Vous avez surement du lire ici et là les problèmes rencontrés par Apple avec Siri. Le nouvel assistant, boosté à l'IA et alimenté par un modèle de langage, n'arrivera pas comme prévu avec iOS 18, mais attendra iOS 19 pour arriver sur les appareils de la marque.
Malgré une nouvelle interface autour de l'écran, très jolie au demeurant, Siri reste le même, avec ses lacunes presque inacceptables en 2025. L'assistant vocal d'Apple est tout juste bon à mettre un minuteur, envoyer un message court ou à éteindre la lumière d'une pièce. Ce sont d'ailleurs les seuls cas d'usage pour lesquels je l'utilise encore, en plus du traditionnel minuteur pour l'eau des pâtes. Pour le reste, Siri est toujours à la traine, se trompe une fois sur deux lorsque l'on demande la météo dans une ville ou de jouer un morceau sur Apple Music. Il parle tout de même bien moins qu'auparavant, et ne répète plus qu'il a coupé la lumière ou lancer un minuteur, et c'est reposant pour les oreilles.
Je n'ai jamais été un gros utilisateur de Siri, hormis pour ces quelques actions très simples, et Apple Intelligence ne me fera certainement pas changer d'optique. Comme je le disais dans un précédent article, nous en reparlerons lors de l'arrivée du vrai « nouveau Siri » en 2026.
Si besoin d'aller plus loin, ChatGPT est intégré à Siri pour répondre aux questions, mais il est nécessaire de demander à Siri d'utiliser l'IA d'OpenAI. Comme moi, vous oublierez très vite de préciser le nom ChatGPT à chaque commande, pour finir par l'oublier.
Il y a quand même une nouvelle fonctionnalité qui vaut le coup d'oeil et que j'utilise presque au quotidien, et c'est « Parler avec Siri ». En tapotant sur le bas de l'écran, l'interface Siri et un clavier apparait pour poser une question ou activer une commande. C'est pratique pour éviter de déranger son voisin de canapé, ou pour obtenir une information rapidement dans la rue, sans donner l'impression de parler tout seul (ce qui reste le cas aujourd'hui).
Image Playground, Genmoji, Gomme magique : des gadgets cosmétiques que l'on oublie rapidement
Apple a beaucoup misé sur les Genmoji, des émojis personnalisés générés par IA. On vous a déjà proposé un tutoriel pour savoir comment les utiliser, mais pour la faire courte, un prompt vous permet de décrire votre émoji idéal, puis de laisser l'intelligence artificielle s'occuper de vous proposer plusieurs variations autour du même thème.
En deux gros mois d'utilisation quotidienne avec mon iPhone personnel, j'ai envoyé en tout et pour tout...deux Genmoji. Et que personne n'a vraiment compris d'ailleurs, mais je suis peut-être mauvais dans l'exercice du prompt. Créer un Genmoji, c'est-à-dire accéder à la fonction dans le clavier, réfléchir à son idée, la taper, attendre de longues secondes pour voir apparaitre un résultat, choisir un émoji, puis l'envoyer... que de temps perdu pour pas grand-chose.
La fonction est amusante sur le papier, « utile » à de rares moments pour amuser la galerie dans une conversation de groupe, mais ça s'arrête là. Les Genmoji sont davantage un concept marketing, comme les Animoji à l'époque avec Face ID et l'iPhone X, qu'un vrai outil du quotidien. Cela pourrait disparaitre avec iOS 19 que cela ne me ferait ni chaud ni froid.
Image Playground est plus ambitieux. C'est un générateur d'images qui permet de réaliser un portrait de ses amis ou un autoportrait généré par IA. L'interface est sympathique, on s'y retrouve vite, mais tout est bien trop limité par rapport à un générateur à la DALL-E, ou Grok. Les images sont généralement toutes les mêmes, avec un personnage face à l'objectif dans un style cartoon. Là encore j'ai fait quelques essais, envoyé des images de mes amis, on a bien ri, et je n'y suis jamais retourné ensuite.
La seule intégration pertinente du générateur d'images est à retrouver dans l'application Notes. Si avez besoin de dessiner au doigt, ou à l'Apple Pencil, un croquis grossier pour illustrer votre propos, Apple Intelligence pourra être appelé en entourant le dessin, et saura, avec quelques mots de contexte, transformer le vilain gribouillis en image exploitable. Dommage qu'Apple ne mette pas en avant cette capacité finalement plus utile.
Enfin un mot sur la fonction « Corriger », la Gomme magique d'Apple. Plusieurs années après les autres, l'application Photos permet de supprimer un élément disgracieux d'une image d'un simple clic. Est-ce que ça marche ? Souvent oui, pour retirer un passant sur une photo ou un objet. Dès que je pousse l'outil dans ses retranchements, en retirant un élément présent à l'avant-plan,
14 janvier 2025 à 16h30
Outils d'écriture : un correcteur au creux de la main qui a (parfois) du sens
Les outils d'écriture comme les appelle Apple sont l'élément central d'Apple Intelligence aujourd'hui. Soyons honnêtes, c'est aussi l'usage le plus simple et le moins gourmand offert par les technologies d'intelligence artificielle aujourd'hui, normal qu'Apple mette l'accent sur cette partie.
Les outils d'écriture ont l'avantage d'être intégrés dans quasi toutes les applications qui font appel au clavier pour écrire un message. Durant mes plusieurs semaines d'utilisation, la seule app à ne pas me proposer l'option est Instagram, pour une raison qui m'échappe toujours aujourd'hui.
Est-ce utile au quotidien ? Non. Quand j'écris un message à un ami, je n'ai pas besoin d'adopter un ton plus professionnel, ou même de corriger des erreurs de syntaxe, ce dernier me pardonnera surement une faute de frappe. Et les messages à des proches, c'est 90 % des textes que j'écris avec mon smartphone. Bref, j'active peu ces outils.
Sur mon Mac et mon iPad en revanche, c'est différent. J'utilise ces deux appareils pour des mails plus professionnels, ou destinés à des institutions ou des entreprises. Avoir un correcteur IA à portée de clic pour améliorer un message, la formulation ou l'emploi de certains mots à du sens. Outils d'écriture est une solution plutôt solide et rapide, que j'active désormais après l'écriture de chaque texte « important ».
Aussi, Outils d'écriture propose une intégration à ChatGPT (encore lui), qui permet de demander la rédaction d'un texte complet en jetant quelques idées, sans avoir besoin d'ouvrir l'app ou le navigateur. Utile pour résilier un abonnement, ou gagner cinq minutes de temps libre pour rédiger un mail tout ce qu'il y a de plus formel.
Notifications : le vrai point fort d'Apple Intelligence
Oubliez les générations d'emojis ou la recherche visuelle : le vrai point fort d'Apple Intelligence est plus discret que cela. Il concerne les notifications.
Apple Intelligence peut résumer vos notifications sur l'écran d'accueil, ce qui me fait gagner un temps précieux à la fin de la journée pour consulter les nombreuses alertes reçues les heures précédentes. Mieux encore, j'ai créé un mode de concentration géré par l'IA qui va trier automatiquement les alertes en temps réel. Les messages ou mails urgents, les rappels sont affichés en priorité avec un joli liseré coloré, les autres notifications sont elles masquées pour ne pas me déconcentrer. Il n'y a rien à paramétrer, juste à activer le mode, puis profiter de sa journée.
Enfin l'IA s'intègre à mon utilisation du smartphone, et ne me demande pas de « faire un effort » pour y accéder. C'est pratique, discret et utile au quotidien, lorsque je travaille ou que je profite de mon week-end. D'ailleurs, je ne quitte plus jamais ce mode qui m'évite d'être distrait toutes les dix minutes pour une alerte sans grand intérêt.
Bilan après six mois : tout ça pour ça ?
J'ai la chance d'utiliser des appareils Apple récents et compatibles Apple Intelligence. L'IA d'Apple s'est donc, bon gré, mal gré, introduite dans mon quotidien. Sans m'en rendre compte, elle m'assiste un peu pour m'aider notamment à me détacher de mes appareils et ne pas les utiliser en permanence. C'est paradoxal, j'en conviens, mais c'est surement la killer feature de l'IA d'Apple.
Si je veux par contre utiliser l'IA pour travailler, pour apprendre ou pour m'aider à m'organiser, ChatGPT ou Perplexity sont toujours à portée de doigt sur l'écran de mon iPhone. J'ai même ajouté un raccourci vers le service d'OpenAI sur l'écran d'accueil de mon iPhone pour gagner quelques secondes. Quand il est intégré à Apple Intelligence, l'IA d'Apple permet plus de choses, mais on oublie bien souvent qu'elle est accessible depuis Siri. À de rares occasions, Apple Intelligence ne serait plus sur mon iPhone que je le remarquerais à peine.
Est-il bien raisonnable d'acheter spécifiquement un nouvel iPhone ou un iPad pour Apple Intelligence ? Certainement pas. La peinture est encore trop fraiche, les outils sont trop limités pour justifier une dépense de plusieurs centaines d'euros. Est-ce grave ? Non plus. Apple va probablement prendre son temps pour affiner sa proposition, et muscler son jeu, surtout du côté de Siri. Cela vous laisse largement le temps d'épuiser votre iPhone actuel, et de le renouveler ensuite vers un nouveau modèle compatible. Il n'y a vraiment aucune urgence.
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