La Suisse va-t-elle changer radicalement sa position par rapport à la confidentialité des données ? Si les travaux menés par le Conseil fédéral se traduisent par une révision de la loi sur la surveillance, Proton quittera la Suisse.

Depuis fin janvier, rien ne va plus en Suisse. Le territoire, jusqu'alors profondément ancré dans la protection de la vie privée pourrait s'aligner sur les travaux également en cours au sein des pays voisins : rendre le chiffrement total illégal. Deux ordonnances clés encadrant la surveillance des télécommunications, l’OSCPT et l’OME-SCPT pourraient, en effet, être mises à jour dans le cadre d'une consultation lancée par le Conseil fédéral.
Le mythe suisse s'effondre
Fondé en 2014 au lendemain des révélations d'Edward Snowden sur les dispositifs de surveillance de masse de la NSA et du FBI, la société Proton entend proposer une panoplie de services garantissant la vie privée de ses utilisateurs. Ces dix dernières années, l'entreprise d'Andy Yen a conçu sa messagerie Proton Mail, Proton Calendar, Proton VPN ou encore Proton Drive et Proton Pass.
Proton a choisi de s'établir en Suisse pour ses lois historiquement favorables à la protection des données. Si le gouvernement américain ou une nation de l'Union européenne souhaite obtenir des informations sur un utilisateur de Proton, elle doit formuler une requête officielle au gouvernement suisse particulièrement protecteur. Il est vrai que ce dernier a déjà fléchi face aux demandes. Proton a donc déjà dû se plier à la loi suisse et partager des informations, comme une adresse IP (masquée ou non avec un VPN). Mais les emails et les fichiers, eux, restent chiffrés, et donc illisibles. Et donc inutiles.
Et c'est précisément sur le point du chiffrement que l’OSCPT et l’OME-SCPT pourrait changer. Les entreprises locales pourraient être obligées de mettre en place des dispositifs de surveillance et supprimer leur mécanisme de chiffrement afin de pouvoir récupérer, à minima, les métadonnées.

Proton quittera la suisse
Interrogé par le quotidien suisse Derbund, le PDG et co-fondateur de Proton Andy Yen affirme :
Nous nous sentirons obligés de quitter la Suisse si la révision partielle de la loi sur la surveillance que le Conseil fédéral envisage entre en vigueur (...) En aucun cas nous ne pouvons nous conformer à cette loi.
L'homme ajoute que la Suisse est en train de mettre en place un état de surveillance de manière agressive. Il conclut : "la surveillance suisse serait donc nettement plus stricte qu'aux États-Unis et que dans l'UE". Déjà en 2018, le Département fédéral de justice et police avaient tenté de faire changer la nature des entreprises Proton et Threema pour qu'elles soient considérées comme des services de télécommunication. Elles auraient été assujetties à des lois autorisant les autorités à procéder à des écoutes.
Récemment, la patronne de la messagerie Signal, Meredith Whittaker, affirmait que si la France venait à rendre le chiffrement illégal, elle n'hésiterait pas à quitter le pays.
- storageStockage de 500 Go
- securityChiffrement natif par défaut
- alternate_emailSupport nom de domaine
- push_pinJurisdiction Suisse
En proposant de centraliser les versions premium de Proton Mail, Proton VPN, Proton Calendar, Proton Drive et Proton Pass, l'offre Unlimited s'avère particulièrement intéressante au niveau du tarif. On note quelques lacunes concernant le calendrier et le Drive, mais le Mail, le VPN ou le gestionnaire de mots de passe sont plutôt réussis. Après une décennie à plancher sur Mail, l'équipe propose une messagerie solide et moderne. Au travers de nos tests poussés le VPN a fait ses preuves, tandis que Pass évolue très rapidement et c'est plutôt bon signe. On regrette simplement que Proton semble avoir mis le calendrier aux oubliettes et que le Drive accuse encore plusieurs lacunes de jeunesse.
- Infrastructure robuste et sécurisée
- Simplification extrême du cryptage
- Localisé en Suisse
- Tarifs avantageux
- Le calendrier n'est pas abouti
- Le Drive accuse des faiblesses de jeunesse