Google a mis au point une application capable de transformer les caméras intégrées d’un véhicule sous Android Auto en système d’enregistrement. Les constructeurs pourront ainsi proposer une dashcam native, sans recourir à des accessoires externes ni modifier l’infrastructure déjà en place.

Il n’existait, jusqu’à présent, aucune application officielle permettant d’utiliser les caméras embarquées d’un véhicule sous Android Auto comme dashcam. Google vient de combler ce vide en publiant le code source d’un outil conçu spécifiquement pour cela. On peut dire qu'on ne chôme pas chez Google, avec la mise à jour d'Android Auto 14.0, alors que du côté de l'UE, on retoque son interopérabilité.
L’application, non disponible sur les boutiques classiques, doit être intégrée directement par les constructeurs automobiles dans le système du véhicule. Elle permet d’enregistrer des séquences vidéo de manière automatique ou manuelle, selon les circonstances. L’utilisateur n’a rien à installer. L’idée est de fournir une base fonctionnelle que les marques pourront adapter librement à leurs modèles. L’application s’appuie sur les caméras déjà présentes à bord, tout en respectant les capacités de stockage du véhicule. Elle peut enregistrer l’heure, la date, et parfois même la position GPS, selon les capteurs disponibles. Google ne nomme aucun partenaire pour l’instant. Le projet reste ouvert et modulable.
Google propose un outil que les constructeurs peuvent intégrer tel quel ou adapter à leur propre interface
L'application développée par Google ne peut pas être installée par l'utilisateur final. Elle a été pensée pour être ajoutée directement par les fabricants, lors de la conception logicielle du véhicule. Une fois en place, elle permet d'enregistrer ce que voient les caméras extérieures, sans équipement supplémentaire.
Certains événements, comme un freinage très soudain, déclenchent automatiquement un enregistrement. Mais le conducteur peut aussi lancer la capture manuellement, via une commande dans l’interface de bord. Les séquences sont ensuite stockées sur une carte SD, si le véhicule en possède une, ou dans un espace prévu à cet effet. Ce fonctionnement évite d’encombrer la mémoire centrale, souvent réservée aux fonctions du système.
Les vidéos sont classées par date, et accompagnées d’informations comme l’heure ou, si disponible, les coordonnées GPS. Le constructeur peut modifier ces paramètres. Il peut aussi décider d'ajouter d'autres déclencheurs, de changer l'apparence de l'interface ou de revoir la durée des séquences enregistrées.
Techniquement, l’application fonctionne avec les API EVS ou Camera2, selon les composants choisis par le fabricant. L’outil est fourni avec une documentation précise, qui explique comment l’adapter à différents types de caméras et de systèmes. L’ensemble est accessible sur GitHub.
Google ne force aucun constructeur à l'utiliser tel quel. L’intérêt du projet repose justement sur cette liberté d’adaptation. Chaque marque peut s’en servir comme base pour développer son propre service, ou reprendre uniquement certains éléments. Il ne s’agit pas d’un produit final, mais d’une solution prête à être enrichie.
Les vidéos restent stockées localement et aucune collecte de données n’est prévue par Google
Une fois installée, l’application peut fonctionner de façon totalement autonome. Elle n’a pas besoin d’une connexion à Internet pour capturer ou conserver les vidéos. Les enregistrements restent stockés dans le véhicule, et rien ne remonte vers Google, sauf si le constructeur décide de proposer des options supplémentaires, comme une sauvegarde sur le cloud.
Le choix de publier le code permet aux équipes techniques des marques de comprendre comment fonctionne l’outil et de l’adapter en fonction de leurs contraintes. Certains modèles pourraient avoir besoin d’un ajustement pour tirer pleinement parti des capacités de la dashcam. D’autres pourraient limiter certaines fonctions, par exemple pour respecter des politiques de confidentialité internes.
L’application ne modifie pas l’usage habituel des caméras, notamment celles qui servent à l’aide à la conduite. Elle vient s’y ajouter, sans interférer avec les autres modules du système. Le conducteur ne voit donc pas de différence, sauf lorsqu’il consulte les vidéos capturées.
Aucune marque n’a encore annoncé son intention d’utiliser cette application. Mais plusieurs constructeurs collaborent déjà avec Google sur Android Auto. Ils pourraient s’y intéresser dans les mois à venir, surtout si cela leur permet d’éviter de développer une solution complète en interne.
Le système n’oblige pas non plus à utiliser toutes les caméras du véhicule. Le constructeur peut choisir celles qui seront accessibles par la dashcam, selon les angles de vue disponibles ou les priorités du modèle. L’application propose une structure, mais c’est la marque qui décide du niveau de détail et des fonctions proposées à l’utilisateur.
Google n’a pas indiqué si cette application serait mise à jour régulièrement. Pour le moment, elle est publiée en l’état, avec un socle de base fonctionnel et personnalisable.
Source : Android Authority, Android