En 2024, les marges bénéficiaires des constructeurs automobiles connaissent une hausse notable, avec un grand écart de 0,87% à 28,15%. Ces résultats varient en fonction des stratégies adoptées par chaque entreprise pour faire face aux défis économiques et technologiques.

Est-ce que Stellantis a fait de gros bénéfices sur ses véhicules, en 2024 ? - ©Clement Demazure / Shutterstock
Est-ce que Stellantis a fait de gros bénéfices sur ses véhicules, en 2024 ? - ©Clement Demazure / Shutterstock

Comme dans toutes les grandes courses automobiles, certains partent en pole-position, d'autres prennent les graviers au premier tour, quand les derniers ne sont même pas qualifiés pour le grand prix. C'est un peu la même avec les marges bénéficiaires des constructeurs automobiles en 2024.,

Certains ont tiré parti des technologies émergentes, tandis que d'autres se sont concentrés sur l’optimisation de leur production et de leurs offres. Ces marges, qui varient de 0,87% à 28,15%, montrent que tous n'ont pas eu les mêmes priorités spécifiques : passage à l’électrique, innovation technologique et gestion des coûts. Tandis que des entreprises comme Toyota et Volkswagen obtiennent de bons résultats, d’autres subissent encore des tensions économiques et géopolitiques.

Les marges bénéficiaires donnent la mesure de la compétitivité dans un environnement mondial tendu

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'an passé, les marges bénéficiaires des constructeurs automobiles ont fait le grand écart. Alors que des acteurs comme Porsche et Ferrari affichent des résultats exceptionnels avec des marges au-dessus de 28%, d’autres, comme Honda ou Nissan, peinent à dépasser les 2%.

Les entreprises les plus rentables bénéficient de leurs investissements dans le luxe et le haut de gamme. Porsche, par exemple, a enregistré une marge bénéficiaire de 28,15% grâce à ses modèles électriques de luxe et à une clientèle fidèle. Le constructeur allemand a su combiner innovation technologique et efficacité de production pour maximiser ses profits. Ferrari, dans le même créneau du luxe, profite de la demande forte pour ses modèles exclusifs, ce qui lui permet de maintenir une marge élevée.

A contrario, d’autres grands noms comme Toyota et Volkswagen doivent gérer des coûts importants liés à la transition vers l’électrique et à la hausse des prix des matières premières, même s'ils sont les leaders du marché, ils doivent assumer des coûts importants liés à la transition vers l’électrique et à la hausse des prix des matières premières. Ils ne peuvent pas faire autrement que de miser sur une production plus efficace et une diversification de leurs modèles pour sauver les meubles. Leurs marges, comprises entre 5% et 8%, restent solides, mais sont loin des géants du luxe.

Si l'on met le nez en dehors des ateliers de production, on s'aperçoit de l'influence des tensions géopolitiques, telles que les restrictions commerciales imposées par les États-Unis et la guerre en Ukraine sur les bénéfices des constructeurs par véhicule vendu. Certains ont dû revoir leurs stratégies de production et leurs partenariats internationaux. C'et ainsi que Ford et General Motors, présentes sur les marchés américains et européens, ont dû ajuster leur offre pour rester compétitives tout en restant rentables. Forcément au détriment des marges, qui ont dégringolé par rapport aux champions du marché.

Sale temps pour Tesla, qui ne réalise que 2,4% de marge sur ses véhicules vendus en 2024 - © No-Mad / Shutterstock
Sale temps pour Tesla, qui ne réalise que 2,4% de marge sur ses véhicules vendus en 2024 - © No-Mad / Shutterstock

La transition vers l’électrique et ses effets sur les marges bénéficiaires

Elle fait du bien à la planète, mais mal aux constructeurs. La transition vers les véhicules électriques (VE) implique des investissements conséquents en recherche, développement et infrastructures. Mais là encore, tout le monde n'a pas accusé le coup de la même façon.

Alors si la mise de départ pour les entreprises qui ont tout misé sur l'électrification est importante, à long terme, elles devraient bénéficier de réductions de coûts, notamment grâce à l’optimisation des chaînes de production et à la baisse des coûts des batteries. Tesla, par exemple, a réussi à améliorer ses marges bénéficiaires en abaissant ses coûts de fabrication tout en augmentant les prix de ses modèles haut de gamme. Pour autant, elle ne se classe pas dans le top 3, mais à la 10e place derrière Porsche, Ferrari et Suzuki, avec une marge de 7,24 % sur chacun de ses modèles vendus.

Et tous les constructeurs ne progressent pas au même rythme. Des marques comme Volkswagen ou General Motors lancent de nombreux modèles électriques, mais n’ont pas encore atteint la rentabilité attendue. Cela s’explique par des coûts de fabrication plus élevés et des investissements importants pour passer à une production de masse de véhicules électriques. Toutefois, ces entreprises comptent sur la réduction des coûts des batteries et l'augmentation des ventes pour améliorer leurs marges dans les prochaines années.

D'autres, comme Toyota, sont restés plus prudents, en continuant à investir dans des moteurs hybrides tout en développant des modèles électriques. Une méthode qui a permis de maintenir des marges bénéficiaires stables et de répondre en même temps aux exigences environnementales et aux préférences des consommateurs pour des véhicules plus abordables. Toyota enregistre ainsi une marge de 7% en 2024, plutôt satisfaisant au regard de ses choix stratégiques.

Source : Motor1