Que ce soit Orange, SFR, Bouygues, M6 Mobile voire des MVNO spécialisés comme Girondins Mobile, pas un opérateur n'ose aujourd'hui commercialiser une offre grand public d'accès mobile depuis son téléphone qui ne possède pas de contenu vidéo : chaines de TV, clips vidéo ou programmes courts adaptés aux mobiles. Cependant, si il est acquis que ce sont déjà plusieurs centaines de milliers de français qui accèdent régulièrement aux vidéos sur mobiles, les technologies qui permettent de les diffuser deviennent de plus en plus nombreuses. Si pour démocratiser les usages, les premiers opérateurs dont Bouygues et Orange ont fortement poussé ces dernières années le visionnage de vidéos en utilisant le Edge, il est vite apparu que si cette technologie permet d'améliorer les débits de la navigation sur Internet, elle reste inadaptée pour le téléchargement de vidéos.
Si depuis quelques temps, c'est désormais la technologie d'accès au « haut-débit mobile » UMTS qui s'est démocratisée en Europe - étant possible d'acquérir des terminaux 3G à 1 euro avec une subvention -, elle est aujourd'hui la méthode de connexion la plus usitée par les mobinautes désirant accéder à du contenu vidéo mobile. On estime d'ailleurs à ce jour que ce sont 6 millions d'abonnés au haut-débit mobile en France auprès de SFR et Orange qui sont référencés, nombreux étant ceux qui y accède régulièrement. Orange précise d'ailleurs avoir généré en 2006 51 millions de sessions vidéo et télé en direct sur l'année, dont 6 millions sur le mois de décembre uniquement.
Depuis peu, ce sont les premières offres de HSDPA, une évolution de l'UMTS, qui est disponible dans quelques villes de france. Améliorant sensiblement les débits, elle permet surtout d'accéder à de la vidéo sur mobile en meilleure qualité avec notamment un débit d'encodage vidéo à 250 kbits/s (contre 128 kbits/s sur la TV mobile "classique"). Toutefois, ici non plus, il n'y a pas de miracle à attendre de ce moyen de connexion, permettant certes d'avoir une image de meilleure qualité mais possédant différents inconvénients majeurs : problèmes de stabilité du réseau, prix de la consommation DATA et très faible autonomie générale des terminaux l'exploitant. Pour tous les moyens déjà cités de connexions par des réseaux cellulaires, il est à noter l'engorgement des réseaux des opérateurs. L'accès à des vidéos sur un mobile étant un flux réseau spécifique envoyé à chaque abonné, si nombreux sont ceux à vouloir se connecter simultanément à un contenu vidéo, la plateforme de l'opérateur ne pourra plus disposer d'un débit réseau suffisant pour l'acheminer dans de bonnes conditions. Que ce soit via le EDGE, l'UMTS ou le HSDPA, il restera donc impossible d'afficher un flux vidéo net à une heure de pointe dans une grande ville ou un soir de coupe du monde de football par exemple.
Concernant la technologie DVB-T, plus connue sous le nom de TNT ou télévision numérique terrestre, celle-ci possède comme principal inconvénient, outre sa forte consommation en processeur, d'être incapable d'adapter la qualité de la vidéo sur un terminal de poche. Si des marques comme Archos ont été contraintes d'inclure deux modules DVB-T pour avoir une qualité d'image correcte sur un terminal à écran de 7 pouces, cette technologie est actuellement inutilisable un terminal plus compact, avec un écran de 1,5 ou 2 pouces de mobile par exemple. Reste alors le DVB-H qui devrait être exploitable dès la fin de cette année via des premières offres commerciales. Au delà de l'aspect purement commercial, les opérateurs n'ayant pas encore donné d'indications sur le montant à venir des forfaits de visionnage de vidéos, cette technologie semble réunir plusieurs avantages : pas de frais DATA, un format adapté aux petits écrans des mobiles ou encore une bonne qualité d'image. Mais la vraie nouveauté de cette technologie tient dans sa méthode de diffusion. Le DVB-H n'émet en effet qu'un seul flux en continu, le client décidant à tout moment d'y accéder ou d'en sortir. Autorisant donc un nombre de connexions quasi illimitées, cette technologie devrait être le moyen de masse d'accès à des chaines de télévision en direct sur un mobile.
Toujours est-il que ces méthodes d'accès à la vidéo ne sont pas concurrentes mais plutôt complémentaires, les prochains services de vidéo sur mobiles prévoyant déjà d'utiliser les données remontantes des réseaux cellulaires pour « ajouter » du contenu à des chaines de télévision : télévision communautaire, accès à du contenu multimédia autour de programmes ou accès protégé à certaines chaines.