Quatre ans que Windows 11 évolue au gré des nouveautés et retouches d’interface, et quatre ans que l’on se plaint : et la barre des tâches, on peut la bouger quand ? A priori, pas tout de suite.

Depuis le premier jour, c’est LA critique qui accompagne chaque changement d’interface. Une retouche visuelle, un menu allégé, un panneau repensé, une nouvelle fonction d’IA, et les commentaires s’emballent à nouveau. Très bien tout ça, mais quid de la barre des tâches désespérément clouée en bas de l’écran ? Microsoft n’a jamais réellement rouvert le sujet depuis les premiers mois de Windows 11, lorsque l’entreprise avait esquissé les raisons de cette absence au cours d’une session de questions-réponses. Quatre ans plus tard, les justifications de l’époque et les évolutions récentes du système permettent toujours de comprendre pourquoi la situation n’a pas bougé.
Une barre des tâches entièrement réécrite et un choix assumé de priorités
Dès les débuts de Windows 11, l’équipe en charge de l’expérience utilisateur avait expliqué que la barre des tâches n’avait plus grand-chose à voir avec celle de Windows 10. Le composant avait été entièrement réécrit, ce qui avait obligé les équipes à sélectionner un ensemble restreint de fonctionnalités pour lancer la nouvelle interface dans les temps. Et au regard des délais particulièrement serrés, l’intégration du code permettant de déplacer la barre avait été jugée secondaire.
Pour déterminer ce qui devait absolument figurer dans cette première version, Redmond affirmait s’être appuyée sur ses données internes. D’après ces mesures, les utilisateurs et utilisatrices qui plaçaient la barre en haut ou sur un côté représentaient une minorité écrasée par d’autres demandes considérées comme plus urgentes. La priorité avait donc été de proposer une barre stable et fixe, puis de remettre en état une série d’usages perturbés par la transition entre Windows 10 et Windows 11, comme le glisser-déposer trois ans plus tard, avant d’envisager des options de personnalisation plus pointues.
En parallèle, Microsoft avait également mis l’accent sur l’ergonomie des appareils tactiles et des petits écrans. L’objectif était de proposer une barre capable de s’adapter aux scénarios hybrides qui se multipliaient dans l’écosystème Windows, ce qui a d’ailleurs motivé l’apparition tardive d'un mode d'icônes réduites sur la barre des tâches.
Bref, une vision centrée sur les usages valorisés par Microsoft, quitte à sacrifier une option de personnalisation figurant pourtant parmi les plus votées du Feedback Hub, loin de l’image de niche renvoyée par des données internes jamais détaillées, soit dit en passant.

Un coût technique bien réel dans un système désormais plus complexe à manœuvrer
L’autre explication avancée à l’époque reposait sur la complexité technique qu’impliquerait le retour d’une barre mobile. Placée en bas de l’écran, elle offre un cadre stable que les applications connaissent parfaitement. En la remontant ou en la déplaçant sur un côté, Windows doit réorganiser les interfaces, recalculer les mises en page, ajuster les comportements d’ancrage et composer avec des contraintes différentes selon la taille de l’écran, le DPI ou une configuration multiécran.
Ce fonctionnement doit en outre s’appliquer de manière équivalente aux logiciels Win32 les plus anciens comme aux applications modernes. Microsoft admettait que l’effort serait conséquent et que le risque d’effets de bord n’était pas négligeable. Un argument qui pouvait prêter à discussion, puisque Windows 10 gérait ces scénarios sans difficulté apparente.
On rappellera quand même que l’environnement de Windows 11 s’est alourdi au fil des années et que le système accueille désormais des intégrations centrées sur l’IA, de Copilot aux agents intelligents en cours d’expérimentation. Un choix porté par Microsoft, régulièrement questionné par un public en demande de fonctions plus basiques, qui mobilise aujourd’hui l’essentiel des ressources consacrées à l’interface…. et à la barre des tâches.
Microsoft n’a jamais totalement fermé la porte, mais le retour de la barre des tâches mouvante n’est clairement pas à l’ordre du jour. Il faudra donc prendre son mal en patience ou s’en remettre à des outils tiers comme ExplorerPatcher ou StartAllBack, qui permettent au moins de repositionner la barre en haut de l’écran sans mettre Windows sens dessus dessous. En attendant mieux, la barre latérale restera un souvenir de Windows 10… et un motif de plainte promis à une longue carrière.
Source : Windows Latest