Selon Peter DeSantis, vice-président senior d’Amazon en charge des puces, des modèles d’IA et de l’informatique quantique, les modèles Nova du groupe n’ont pas encore atteint le niveau des meilleurs systèmes du marché. Hier, à VivaTech à Paris, il a fixé un horizon d’un an pour rivaliser avec les modèles les plus avancés du secteur.

Amazon a investi 33 milliards d'euros dans Anthropic et engagé 46 milliards supplémentaires dans un partenariat cloud avec OpenAI - ©ACHPF / Shutterstock
Amazon a investi 33 milliards d'euros dans Anthropic et engagé 46 milliards supplémentaires dans un partenariat cloud avec OpenAI - ©ACHPF / Shutterstock

« Je pense que le récit selon lequel nos modèles n'ont pas été au niveau des meilleurs, pour les charges de travail les plus exigeantes, est juste », a déclaré Peter DeSantis à CNBC. Pourtant, Amazon a investi 33 milliards d’euros dans Anthropic et engagé 46 milliards supplémentaires dans un partenariat cloud avec OpenAI, les deux laboratoires dont les modèles surpassent Nova sur ces mêmes tâches. 50 000 clients entreprises ont adopté Nova 2 depuis son lancement sur Bedrock en décembre dernier.

Amazon synchronise le développement de ses puces Trainium avec l’entraînement de Nova

Dans un échange avec Nick Thompson, P.-D. G de The Atlantic, Peter DeSantis a exposé le programme de rattrapage du groupe. « Si les puces n'informent pas les concepteurs de modèles des capacités à venir et des axes d'optimisation, on n'entreprend pas la recherche nécessaire pour en tirer parti avant que les puces ne soient disponibles, et on attend des mois et des mois », a-t-il dit. Au cœur de cette stratégie, les puces Trainium. Trainium 2 affiche 30 % de meilleure efficacité prix-performance que les GPU équivalents et a épuisé sa capacité disponible.

Début 2026, Trainium 3 sortira en production avec 30 à 40 % de gains supplémentaires sur la génération précédente ; sa capacité approche aussi la saturation. Plus de 207 milliards d’euros d’engagements sur ces puces viennent d’Anthropic et d’OpenAI. Selon le vice-président senior, cette capacité à concevoir et produire ses propres processeurs rapproche Amazon de NVIDIA plutôt que des laboratoires d’IA purs.

Dans un échange avec Nick Thompson, P.-D.G de The Atlantic, Peter DeSantis a exposé le programme de rattrapage du groupe - ©Amazon News
Dans un échange avec Nick Thompson, P.-D.G de The Atlantic, Peter DeSantis a exposé le programme de rattrapage du groupe - ©Amazon News

Nova alimente déjà Alexa et Rufus, mais Amazon n’a publié aucun benchmark indépendant

Plus de 70 % des échanges sur Alexa passent aujourd’hui par des variantes de Nova. En 2025, 300 millions de personnes ont utilisé Rufus, l’assistant d’achat d’Amazon qui fonctionnait sur Bedrock, qu’Amazon a intégré en mai 2026 à un dispositif rebaptisé Alexa for Shopping. Pour un dixième du prix de Claude d’Anthropic, Nova délivrait des résultats comparables, selon Nimbus Therapeutics, une société de recherche pharmaceutique de Boston. En revanche, Amazon n’a pas publié de données de benchmark indépendantes pour Nova 2 depuis le lancement. « Notre ambition est d'avoir un modèle que les gens considèrent comme l'un des plus capables », selon Peter DeSantis, avant d’ajouter : « Je ne suis pas sûr qu'on y soit encore avec Nova 2 ».

En avril, Andy Jassy, P.-D. G d’Amazon, avait annoncé la vente possible de racks Trainium à des tiers. À VivaTech, Peter DeSantis a ajouté qu’il faut encore « quelques ordres de grandeur supplémentaires » d’amélioration avant que l’IA ne devienne « vraiment intéressante ».

Source : TheNextWeb