Windows. C'est loin. La dernière fois, ça devait être en 2008. Je venais de rejoindre Clubic, et on m'avait équipé d'une machine sous Vista. Ca n'aura pas duré longtemps, au bout d'une semaine, je rapportais mon Mac perso au bureau. Je fais partie des déçus de Windows. Oh, je ne suis pas contre changer de système d'exploitation. Mais, à l'instar de Chloé, j'aurais certainement beaucoup de mal.

Des débuts en douceur
L'informatique est apparue assez tôt chez moi. Si mon père se targuait d'avoir boosté son Atari 520 STF en 520 STE, pour moi, c'est plutôt avec Windows 95 que tout a commencé.
Mais doucement. Car ma naïve vocation à ce jeune âge, c'était plutôt de devenir Indiana Jones… Alors Word, avec tous ses menus et toutes ses options, me donnait la chair de poule. Jill of the Jungle, Arkanoïd, Tortues Ninja, Prince of Persia... les débuts, c'était plutôt pour jouer. "Mais pas trop", disaient mes parents. Et ce n'était pas grave. À vrai dire, je passais le plus clair de mon temps dehors plutôt que devant un écran. Mais spoiler : les choses allaient rapidement changer.
31 mars 2025 à 12h30
Windows XP m'a transformé en geek
Bien des années plus tard, en 2002, j'achetais ma première tour équipée de Windows XP. Internet commençait à être bien établi en France et je passais des heures à lire des forums anglo-saxons.
Et soudain, WindowBlinds.
D'un coup, plutôt que de me concentrer sur mes cours de fac, je passais mon temps à télécharger des icônes, des fonds d'écrans et à personnaliser chacun des éléments du système avec l'application éditée par Stardock. Mais cet ordinateur n'avait que 512 Mo de mémoire vive (RAM)... et j'allais rapidement en comprendre les limites.
Windows XP, c'était aussi ces dizaines d'astuces vous invitant à modifier, supprimer ou rajouter des clés au sein de la base de registre. Tous les magazines high-tech de l'époque s'en sont donné à cœur joie, promettant un système plus rapide. Cependant, dans cette euphorie de pouvoir transformer ce PC en "bête de course", il y a toujours cette manipulation de trop qui fait tout flancher. Et nous voilà en train de formater le PC. Un rituel qui allait s'installer tous les six mois. J'avais même dû appeler le support Microsoft France pour qu'il me réactive la licence Windows rattachée à mon PC. Deux fois.
Finalement, j'achetais une barrette de 1 Go de RAM.
En parallèle, j'essayais différents navigateurs, tous les jours, et beaucoup trop. Sur Outlook Express, je m'immisçais dans les newsgroups privés des bêta-testeurs de Microsoft. J'arpentais toujours ces forums et passais mon temps à installer et désinstaller une quantité inépuisable de logiciels tout en envoyant des retours d'expérience à Microsoft. Et puis, un beau jour, en allant chercher mon courrier, je découvris un colis. À l'intérieur : un trophée et une lettre signée de la main de... Bill Gates. J'avais été nommé MVP pour le navigateur MSN Premium. Et je n'étais pas peu fier !
L'effet Vista
Désormais, j'avais officiellement accès aux bêtas privées de la société et notamment à celles du successeur de Windows XP, connu alors sous le nom de code Windows Longhorn. Et en apparence, le système n'avait vraiment rien à voir avec Vista.
Les travaux portés sur MSN Premium se sont matérialisés sur Longhorn avec la fameuse "dashboard", ce panneau latéral personnalisable au sein duquel il était possible d'y greffer MSN Messenger, un diaporama de photos ou encore des raccourcis de logiciels. Mais au dernier moment, Microsoft a fait machine arrière : Vista ne se distinguerait qu'avec la couche Aero et des effets 3D particulièrement gourmands en ressources matérielles.
Non seulement cette décision m'a déçu, mais en plus avec Vista, il fallait de toute façon investir dans un nouvel ordinateur. Et si j'optais pour un PC portable cette fois ? C'est à ce moment-là que macOS commençait à me faire de l'œil.
Plus qu'une infidélité, un divorce
Fini la bidouille, j'avais besoin de changement. Un passage sur les premières versions d'Ubuntu et feu Mandrake n'arrangea rien. Je me retrouvais avec des morceaux de dépendances à installer ici et là sans vraiment comprendre pleinement ces commandes saisies via le terminal. Alors certes, le ticket d'entrée n'était pas donné, mais en 2007, je sautais le pas avec un MacBook Pro.
Contrairement à Chloé, la prise en main de macOS n'a pas été aussi éprouvante. Il faut dire que j'avais tenté de m'habituer à l'ergonomie du système d'Apple en répliquant son interface sur Windows XP via plusieurs logiciels de personnalisation. Oui, j'ai fait ça, et là... je n'en suis pas vraiment fier...
Également formaté par Windows, l'arrivée sur Mac m'a quand même un peu déstabilisé au début. Qui a eu l'idée de désactiver par défaut le clic-droit sur le trackpad ? Le Finder semble donner des boutons à Chloé. Il a aussi joué avec mes nerfs. Non pas que l'explorateur de fichiers de XP me manquait, mais pendant des années, je n'avais juré que par Windows Commander.
Et puis, il y a eu ce syndrome bizarre. Quelques mois plus tard, j'avais cette envie irrépressible de formater ce Mac. On me jurait pourtant que ce n'était pas nécessaire. Vraiment ? Bon. Mais quand même, j'installais l'utilitaire OnyX, pour la forme.
Et maintenant ?
Entre BetterTouch Tools et Alfred, plusieurs applications de productivité sur macOS font partie de ma routine quotidienne depuis plus d'une quinzaine d'années. Mais en étant honnête, j'imagine qu'on peut être tout aussi efficace avec des logiciels comme AutoHotKey ou Wox sur Windows. Il faut juste s'habituer.
Non le problème ne vient pas de là.
Aujourd'hui, à chaque fois que j'ouvre un PC Windows... je me sens comme oppressé. On parle beaucoup de la manière dont Apple souhaite enfermer les utilisateurs au sein de son écosystème, comment la société tente de contrôler son Mac App Store ou oblige la création d'un identifiant Apple pour y acheter un logiciel. Mais si l'on prend un peu de recul, Microsoft n'est pas mieux. Et bien moins subtile.
Je vois des raccourcis vers des versions d'essai d'Office ou de logiciels tiers pré-installés par le fabricant. Je vois Edge avec Bing configuré par défaut me proposant directement de lire des actualités de MSN. Un navigateur qui, après des années sombres, retrouve soudainement toute sa fierté et vous invite à synchroniser vos données via un compte Outlook.com. Je vois OneDrive qui s'active tout seul. Et tout ça me rappelle l'époque où je tapais la commande msconfig pour désactiver certains services par défaut. On en est vraiment toujours là ?
24 avril 2024 à 18h31
Je vois une entreprise qui force toujours plus la connexion à un compte en ligne pour activer WIndows et qui se permet de déployer de la publicité directement dans son système. Enfin, je vois la quantité d'actualités, ici sur Clubic, soulevant tous les problèmes que peut susciter une simple mise à jour de Windows. Alors oui, je sais, les torts ne viennent pas uniquement de Microsoft…
Non, Windows, en l'état actuel, ça ne me donne pas envie. Promis, ce n'est pas un troll, mais rien que d'y penser, ça me donne quelques sueurs. À quoi bon… Quitte à changer, autant tester un OS neutre, qui me laisse tranquille. Une distribution GNU/Linux, par exemple, comme Mint, ElementaryOS ou Pop!_OS.
Mais il faut bien l'avouer, j'ai fait une erreur. Si j'ai du mal à concevoir un retour en arrière, j'ai pris mon cas pour une généralité. C'est moi le coupable qui ait conseillé à Chloé d'opter pour un Mac lorsqu'elle nous a rejoints. Oups !
En tout cas, la porte n'est jamais fermée. Qui sait comment le système évoluera au cours des prochaines décennies ? Ça ne sera peut-être pas un retour en arrière, mais un bond en avant. On ne demande que ça. Après tout, on a quand même passé de bons moments ensemble.
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