© AP Photo/Sergei Grits
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Dans un discours au Parlement dont le but était de faire une rétrospective du travail de son gouvernement pour l'année écoulée, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a pris tout le monde de court.

Et pour cause, la première partie de son texte a été générée par... ChatGPT !

« On n'arrête pas le progrès » qu'ils disent

À quoi bon se payer les services d'une plume au poil ? Plus besoin de faire Sciences Po et autres écoles ou formations diverses en politique pour écrire les textes de la Première ministre du Danemark. Lors d'un discours prononcé devant le Parlement danois, la Première ministre, Mette Frederiksen, a interrompu son propos pour annoncer à son auditoire que son texte n'avait pas été écrit par elle, encore moins par l'un de ses collaborateurs.

Et pour cause, ce serait ChatGPT qui aurait été employé pour cette tâche. Après s'être invité, et avoir été largement décrié, voire traqué, pour réaliser des travaux divers, notamment dans le cadre scolaire, l'outil conversationnel d'OpenAI passe un nouveau cap en faisant irruption dans le Gouvernement du Danemark. Oui, ChatGPT, notamment depuis l'introduction de GPT-4, ne cesse de progresser. Chez Clubic, nous lui avons par exemple demandé de nous réaliser un site Web.

Pour autant, nous n'aurions pas pensé qu'il aurait déjà été utilisé pour une prise de parole officielle à un tel niveau, mais la Première ministre danoise avait un but certain derrière cette démarche. En effet, celle-ci, lors de son discours au Parlement lu le mercredi 31 mai 2023, souhaitait avant tout alerter sur l'agent conversationnel et les limites potentielles de son utilisation. Car si ChatGPT a bien évidemment encore quelques lacunes, il a tout à fait été capable de générer un discours viable, sans que personne dans l'auditoire ne moufte.

En Italie, ChatGPT ne laisse pas non plus les politiciens sans voix

« Ce que je viens de lire n'a pas été écrit par moi ni par aucun humain d'ailleurs. C'est écrit par une intelligence artificielle, ChatGPT. Même s'il n'a pas toujours fait mouche sur les détails du programme de travail du Gouvernement ou encore la ponctuation, ce dont cet outil est capable est à la fois fascinant et terrifiant. » Tels sont les mots prononcés par Mette Frederiksen pour, selon elle, mettre en avant le côté révolutionnaire, mais aussi dangereux de ChatGPT.

© Popel Arseniy / Shutterstock.com
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Aussi paradoxal que cela puisse paraitre au premier abord, le P.-D.G. d'OpenAI, Sam Altman, alerte régulièrement qui veut bien l'entendre sur les limites à imposer à l'intelligence artificielle, par exemple avec un garde-fou, au point de parler d'une menace telle qu'elle engendrerait un « risque d'extinction » de l'humanité.

Il devrait trouver quelques soutiens favorables du côté de la Botte. En effet, l'Italie, qui avait déjà bloqué temporairement ChatGPT en avril dernier, a fait office de précurseur dans ce domaine. Le discours du sénateur italien Marco Orlando, appelant notamment à « lancer un débat public sérieux » sur les technologies et plus largement l'usage de l'IA, en est l'écho le plus récent.

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