Ne vous méprenez pas, la forme pour le moins singulière des nouveaux Sigma DP Quattro ne sert aucunement à compenser une technique ordinaire. Ces nouveaux appareils photo compacts à grands capteurs sont au contraire encore plus hors norme à l'intérieur qu'à l'extérieur...
Pour sa quatrième génération de compacts, Sigma fait d'ailleurs deux promesses ambitieuses : réinventer le DP et réinventer l'appareil photo. Si cette dernière nous semble surestimée, la première est tenue : la nouvelle génération inaugure non seulement une nouvelle esthétique, mais aussi et surtout un nouveau capteur et un nouveau processeur.
Un Foveon X3 fondamentalement différent
Et après de simples hausses de définition, Sigma modifie cette fois un aspect fondamental de la conception des capteurs Foveon X3. Contrairement à tous les autres capteurs du marché, le nouveau capteur repose toujours sur trois couches captant chacune l'une des trois couleurs primaires. Comme avec un film argentique, chaque photosite dispose directement de ses propres valeurs de couleur, et pas de valeurs déterminées à partir de photosites voisins, ce qui dispense purement et simplement de filtre passe-bas et augmente sensiblement la résolution.Toutefois la première couche est désormais constituée de 19,6 millions de photosites mais les deuxième et troisième n'en comptent que 4,9 chacune, quatre fois moins : chaque pixel dispose d'une valeur de bleu qui lui est propre, mais de valeurs de vert et de rouge partagées par quatre pixels. Sigma troque donc une part de résolution de couleur pour une meilleure résolution de luminance... ce que font les capteurs conventionnels desquels les X3 se distinguaient jusqu'à présent. En l'occurrence on obtient ici un échantillonnage des couleurs 4:1:1, duquel découle l'appellation Quattro.
Outre un rendu des couleurs inégalé, Sigma revendique néanmoins un gain en résolution de 30 % par rapport à la génération précédente, qui disposait de trois couches de 15,4 millions de photosites chacune, soit une résolution digne d'un capteur moyen format de 39 millions de pixels facturé au moins 10 000 euros.
Une réactivité améliorée, mais une sensibilité en berne
Peut-être plus encore que par la résolution, cette évolution majeure est justifiée par une volonté d'améliorer les performances : en passant de 46,2 à 29,4 millions de photosites au total, on accélère effectivement le traitement et on réduit le poids des photos (un seul cliché brut pesait 45 Mo), tout en réduisant la consommation électrique.On ne résout pas pour autant la problématique de la sensibilité médiocre, puisque même avec le nouveau processeur TRUE III on s'en tient à un maximum de 6400 ISO. Quant à la vidéo, Sigma l'évince purement et simplement, plutôt que de proposer du VGA (640 x 480 malheureux pixels) comme il le faisait jusqu'alors.
Trois focales fixes inamovibles
Sur le plan ergonomique enfin, rien d'autre que l'audace ne justifie cette forme particulièrement allongée. On bénéficie néanmoins d'une confortable poignée permettant d'accéder à toutes les fonctions de l'appareil d'une seule main. On trouve notamment deux molettes de réglage contextuelles, ainsi qu'un écran LCD de 3 pouces délivrant une définition VGA (640 x 480 pixels). En dépit de la surface disponible, il n'y en en revanche ni viseur ni flash intégré. Une fois traités, les fichiers font 5424 x 3616 pixels.Les dimensions importantes ne permettent pas non plus de changer d'objectif. Comme la précédente, la nouvelle gamme est ainsi proposées avec trois focales fixes, offrant toutes une ouverture maximale de f/2,8 : le DP1 dispose d'un 19 mm équivalent à un 28 mm, le DP2 d'un 30 mm équivalent à un 45 mm et le DP3 d'un 50 mm équivalent à un 75 mm. Mais aucune date ni aucun prix ne sont communiqués pour le moment.
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