Fondée au Japon en 1975, Buffalo Technology a longtemps été l'un des leaders du stockage réseau et il s'est logiquement bien positionné sur le secteur du NAS. Il dispose de produits visant à peu près tous les budgets grâce à des modèles baptisés LinkStation ou TeraStation. La seconde gamme est davantage tournée vers l'entreprise avec des solutions à n'en pas douter moins esthétiques, mais disposant de fonctionnalités plus « solides », davantage à même de convaincre les PME. C'est notamment le cas de la TeraStation 6400DN que nous testons aujourd'hui, un produit que l'on peut retrouver avec différentes capacités « intégrées », mais pour ainsi dire jamais en version « nue ».
Fiche technique du Buffalo TeraStation 6400DN
Chez Buffalo Technology, la gamme Series 6000 est résolument tournée vers le monde de l'entreprise et la disponibilité d'une version « rack » en est d'ailleurs la preuve. Reste que l'entreprise ce n'est pas quelque chose d'homogène et, pour cette raison, Buffalo dispose des 6200DN, 6400DN et 6400RN. Les différences principales entre ces modèles concernent le nombre de baies pour disques durs (2 ou 4) et le format du NAS (rack ou mini-tour).Le Buffalo TeraStation 6400DN, c'est :
- Processeur : Intel Atom C3538 quadruple-cœur @ 2,1 GHz
- Mémoire vive : 8 Go DDR4, non-extensible
- Nombre de baies : 4x SATA3 compatibles 3,5''
- Disques livrés : 4x Seagate Ironwolf 2 To
- Capacité maximale : 32 To
- Hotswap : oui
- Dimensions : 170 x 215 x 230 mm
- Poids : 7,4 kg
- Alimentation : 90 W, interne
- Ventilation : oui, 1x 92 mm
- Connectique : 2x USB 3.0, 2x RJ45 GbE, 1x RJ45 10GbE
- Port PCIe : non
- Normes RAID : 0 / 1 / 5 / 6 / 10 / JBOD
- Garantie : 3 ans, échange des disques durs dans les 24 heures
- Prix et disponibilité : déjà disponible, à 1049 € (équipé de 8 To) / 1199 € (16 To) / 1799 € (32 To)
Notons que, Petit Poucet de la gamme, le 6200DN est un peu moins bien équipé avec un processeur Atom C3338 quand notre cobaye du jour - le 6400DN donc - intègre lui un Atom C3538. Dans tous les cas de figure, il est toujours question de proposer une triple connexion LAN à base de 2x 1 GbE et 1x 10 GbE au format RJ45. Nous aurons l'occasion d'y revenir, mais notons également les trois ans de garantie et un service d'échange de disques mis en avant par le constructeur.
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Design et ergonomie
Au premier coup d'œil posé sur le TeraStation 6400DN, ce n'est clairement pas le design qui impressionne. Il n'est pas ici question d'attirer le public avec un design recherché ou des couleurs aguichantes : le public visé ne se soucie guère de ce genre de choses. Notre NAS du jour se présente donc sous la forme d'une très classique mini-tour d'un peu plus de 20 centimètres de haut pour environ 17 cm de large et 23 cm de profondeur. Ni particulièrement gros, ni spécialement petit, il est dans la moyenne des produits équivalents avec toutefois un poids relativement important de 7,4 kilogrammes... Logique, il intègre quatre disques durs au format 3,5 pouces !Pour l'accompagner, Buffalo Technology a été un tout petit peu avare puisque si le fabricant nous propose bien un câble réseau certifié 10 GbE, ce dernier est à la fois un peu court (2 mètres) et surtout... bien seul. Alors que trois ports RJ45 sont présents sur la bête, un seul câble est livré. Le NAS étant livré prêt à l'emploi, il n'y a rien d'autre à signaler dans le carton du 6400DN. Produit « entreprise » oblige, Buffalo ne propose pas de brique d'alimentation externe : elle est intégrée au NAS. Merci Buffalo. Sur l'arrière du NAS, on retrouve donc le port d'alimentation, au format classique, ainsi que les trois ports RJ45 dont nous parlions : deux sont à la norme Gigabit quand le troisième est en 10 GbE. Deux ports USB-A 3.0, un verrouillage Kensington et un port 15 broches visiblement réservé à un usage interne chez Buffalo complètent les choses. Enfin, notons tout de même la présence d'une grille qui masque l'indispensable ventilateur, ici un modèle 92 millimètres.
En façade, Buffalo se montre un peu plus original. On distingue effectivement deux parties à ce NAS. La partie supérieure s'articule autour d'un écran central, LCD, de presque 5,5 cm de diagonale. Bien pratique quand on n'a pas accès à l'interface logicielle, il permet de vérifier les informations essentielles liées au NAS comme la date et l'heure, la version du firmware installée ou bien encore l'adresse IP de chacun des ports Ethernet. L'écran est logiquement encadré par trois boutons : à gauche, la mise sous tension et, à droite, le bouton affichage pour faire tourner les informations présentées sur l'écran ainsi que le bouton fonction pour accéder à certains paramètres essentiels comme la désinstallation de périphériques USB ou le lancement d'une reconstruction RAID.
Sous l'écran, on retrouve le « cœur » du système. Derrière une petite porte verrouillée par une clé, on peut effectivement noter la présence de quatre baies avec, pour chacune, un tiroir numéroté contenant un disque dur. Sur notre machine, les disques étaient déjà en place, mais leur installation ne pose aucune difficulté et les tiroirs glissent aisément dans leur emplacement. Leur armature métallique est solide alors que la façade en plastique dispose d'un petit clip de verrouillage. Une remarque cependant, car Buffalo n'a visiblement pas dans l'idée de proposer de disques 2,5 pouces : il est tout simplement impossible de les fixer dans ces berceaux.
Fonctionnalités et interface logicielle
Tous les constructeurs avec qui nous sommes en contact disposent d'un petit logiciel pour que, une fois la mise en place des disques durs effectuée, il soit possible de détecter le NAS sur le réseau. Chez Buffalo Technology, le logiciel se nomme NAS Navigator et il ne pose aucune difficulté. On y repère son produit et il est alors possible, au choix, d'ouvrir le contenu du NAS via l'explorateur de fichiers du PC ou d'accéder à l'interface Web de réglages. Si la pile RAID n'est pas encore créée, cette interface enchaîne les étapes essentielles, sans fioriture ni informations excessives. On sélectionne donc les disques concernés par la future pile, on opte pour le mode désiré depuis le JBOD jusqu'au RAID10 en passant par les variations RAID0, 1, 5 ou 6 avec, à chaque fois, la capacité réelle que l'on peut espérer.Pour le reste - et les habitués des interfaces QNAP / Synology - c'est un peu la soupe à la grimace. Une fois arrivé sur le logiciel Buffalo, on ne peut pas dire que ce soit l'orgie de fonctionnalités. Claire et bien organisée, l'interface logicielle se résume à un panneau par défaut, le « tableau de bord », sur lequel on voit des informations liées aux réglages du NAS et à son activité actuelle. On peut ainsi vérifier la charge processeur, le niveau d'occupation de la pile RAID ou bien l'utilisation de la mémoire vive de la machine, tout ceci en temps réel. Les octets envoyés / reçus sont également surveillés, et ce, interface LAN par interface LAN puisque, rappelons-le, le 6400DN dispose de trois ports Ethernet. Ensuite, tout se passe sur le cartouche de gauche, qui rassemble toutes les fonctionnalités.
Ce cartouche prend la forme d'une barre de menus qui débute par un accès au tableau de bord avant d'enchaîner sur les réglages de partage de fichiers. Rien d'exceptionnel à ce niveau avec des options pour configurer les dossiers du NAS, les droits utilisateurs / groupes et pour activer / désactiver divers services comme le SMB, l'AFP, le NFS, le FTP, le rsync... Le menu stockage est encore plus bref. Il se contente de nous donner un état des lieux des unités connectées au NAS : on peut y vérifier les disques durs autant que les clés USB, analyser la pile RAID ou gérer les volumes logiques (LVM). Un peu plus « moderne », Buffalo intègre ensuite des options afin que l'on puisse se connecter - et synchroniser - tout ou partie du NAS avec des services de cloud : trois sont proposés, Dropbox, Microsoft Azure et Microsoft OneDrive.
Le menu application se limite à l'activation de l'antivirus intégré et le menu réseau se focalise sur la gestion des interfaces, des domaines ainsi que sur l'activation du SNMP ou le réglage de l'agrégation de liens. Il est à noter que cette dernière option ne permet de regrouper que les ports Ethernet 1 & 2, les ports Gigabit. Le menu sauvegarde sera l'un des plus fréquemment utilisés : il regroupe toutes les options de planification de sauvegarde et de réplication que l'on associera logiquement aux snapshots sur lesquels nous reviendrons. Enfin, le menu gestion se focalise sur les options plus « physiques » liées à la mise à jour du firmware, la gestion de l'alimentation, la création de fichiers de log et le système de notification par courrier électronique qui accepte plusieurs destinataires.
Sans aucun doute, la fonction la plus intéressante du TeraStation 6400DN est le snapshot. Buffalo n'a pas inventé la chose, mais elle s'inscrit parfaitement dans le cadre entreprise visé par le fabricant. L'idée est tout simplement de prendre des « clichés » de tout ou de certaines parties du volume RAID. « Clichés » qui permettront, en fonction des besoins, de restaurer une version antérieure, plus « saine », d'un fichier ou d'un dossier. Définie par l'administrateur du NAS, la création de ces snapshots peut être planifiée ou effectuée manuellement. Une solution pratique qui évite d'occuper trop d'espace par rapport à un backup complet et qui monopolise moins les ressources du système durant la création / restauration puisque de manière générale seuls quelques fichiers / dossiers sont concernés.
Compte tenu des objectifs de Buffalo, il n'est guère surprenant que son TeraStation 6400DN n'ait rien de comparable avec un NAS QNAP ou Synology côté interface ou côté portail d'applications. Certains utilisateurs seront malgré tout déçus de voir aussi peu d'évolutions, année après année, sur les NAS du constructeur japonais. Au-delà des seules fonctionnalités logicielles, il nous faut toutefois souligner que le 6400DN se distingue par sa fiabilité. Buffalo déploie par exemple ce qu'il appelle le duplex firmware : le micrologiciel est ainsi stocké sur la pile RAID et sur une mémoire NAND flash. Buffalo utilise aussi de la mémoire ECC capable de correction automatique des erreurs. Autant d'indiscutables atouts pour n'importe quel utilisateur, mais bien plus critiques en entreprise. Pour l'entreprise encore, Buffalo propose un système d'échange standard des disques durs défectueux sous 24 heures afin d'éviter tout blocage d'activité : associé à la garantie de 3 ans, cela compte, à n'en pas douter.
Échauffement, nuisances sonores et performances
Nous le disions en introduction, le test du Buffalo TeraStation 6400DN représente une première pour nous. Il s'agit effectivement de notre premier NAS 10 GbE et plusieurs ajustements de matériel ont été nécessaires. Ainsi, nous avons troqué le contrôleur réseau Gigabit de notre machine « source » pour un contrôleur 10 GbE. Même chose pour le switch qui a forcément évolué, nous avons opté pour un modèle Buffalo BS-MP2008. En revanche, nous n'avons pas été en mesure de proposer une situation plus « conforme » à ce que l'on peut rencontrer au sein d'une entreprise.Nos tests de mesure sont donc d'abord là pour vérifier les débits en lecture / écriture de la solution de Buffalo et pas vraiment sa capacité à soutenir la charge d'un travail collaboratif. Nous en sommes désolés. Afin de ne pas encombrer la page, nous limitons d'ailleurs la présentation des tests à des mesures de performances sous CrystalDiskMark et en copie de fichiers sous Windows 10. Nous mesurons également la température au niveau des unités de stockage, les nuisances sonores à une distance d'un mètre et la consommation relevée à la prise. En utilisant trois clients simultanément, nous avons aussi sollicité les trois contrôleurs réseau (2x 1 GBE et 1x 10 GbE) du TeraStation 6400DN sans que cela ait un impact majeur sur les performances enregistrées en 10 GbE.
Les résultats présentés ci-dessus ont été réalisés avec le TeraStation 6400DN équipé des mêmes SSD Samsung 860 EVO que nous utilisons sur tous les tests. Rappelons que le NAS n'est de base pas prévu pour recevoir des périphériques 2,5 pouces. Reste que, ainsi équipé, le TeraStation 6400DN signe des performances sensiblement plus élevées qu'avec les Seagate IronWolf livrés de base par Buffalo. L'écart est d'environ 20% que ce soit sous CrystalDiskMark ou en copie de fichiers sous Windows.
Sous CrystalDiskMark, nous n'avons pas encore beaucoup de points de comparaison et on soulignera surtout que si les performances en lecture sont intéressantes, la chute en écriture est assez remarquable, et ce, que l'on parle de pile RAID1 ou RAID5. On passe de plus de 1100 Mo/s. en lecture à moins de 600 Mo/s. en écriture. Les gains par rapport à une solution Gigabit sont certes encore notables, mais en écriture, on est assez éloignés du x10 que l'on pouvait espérer sur les données théoriques. Un écart qui se retrouve d'ailleurs dans des tests pratiques en « bête » copie de fichiers sous Windows 10. En écriture, on garde quelque chose d'assez comparable à ce qu'affiche CrystalDiskMark avec un débit tournant autour de 570 Mo/s., mais on notera au passage que les choses fluctuent sensiblement : un plus bas autour de 480 Mo/s. et près de 620 Mo/s. en pointe.
En fonctionnement, le TeraStation 6400DN consomme un tout petit peu plus de 36 watts en utilisant nos SSD de test (plus de 60 W avec les disques durs fournis par Buffalo) : une gourmandise somme toute normale. Rien de particulier à déclarer du côté des relevés de températures : relativement imposant, le NAS permet une bonne évacuation de la chaleur. Le ventilateur ne se met d'ailleurs pour ainsi jamais à tourner vigoureusement, sauf au démarrage de la machine, il dépasse alors très légèrement les 41 dB : loin de ce qu'il produit dans l'immense majorité des cas, 31,8 dB. Notons en revanche un bruit de sifflement au niveau de l'alimentation : imperceptible à distance, il est désagréable si on reste à proximité.
Enfin, nous achevons ces tests par une mesure du temps nécessaire pour la reconstruction d'une pile RAID5 : composée de 100 Go de huit gros fichiers et de 10 Go de plus de 4000 « petits », cette pile a eu besoin d'un tout petit peu plus de 13 minutes pour être de nouveau entièrement opérationnelle après la « panne » forcée d'un disque. Une valeur intéressante, même si nous n'avons, pour l'heure, pas beaucoup d'éléments de comparaison. Cela va venir...
Buffalo TeraStation 6400DN : l'avis de Clubic
Notre premier test de NAS 10 GbE est évidemment l'occasion d'être impressionné par les débits rencontrés : forcément, lorsqu'il est question de transférer plusieurs dizaines / centaines de gigaoctets de données, passer d'environ 110-120 Mo/s. à plus de 500 Mo/s. cela change la vie. Nous restons cependant un peu déçus par le décalage entre les benchs et les performances réelles alors que l'aspect logiciel d'un NAS comme ce TeraStation 6400DN est très éloigné des standards imposés par QNAP / Synology et repris par quelques concurrents.Le TeraStation 6400DN confirme la philosophie Buffalo : se focaliser sur le stockage, la sauvegarde et le partage des données. L'interface prend en charge les options de stockage dans le cloud (Azure, Dropbox et OneDrive), elle dispose de l'intéressante fonction dite de « snapshots »... mais c'est à peu près tout. Moins ouvert et moins complet que certaines offres concurrentes, l'écosystème Buffalo va à l'essentiel et il le fait plutôt bien. Pour à peine plus cher qu'un gros NAS Synology, on se retrouve avec une solution certes moins riche, mais déjà équipée en disques durs (16 To) et prévue pour le 10 GbE. À vous de voir...
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