Disponible depuis le 4 mai dernier, mais encore très largement en rupture de stock, le Steam Controller de deuxième génération est une manette singulière. Riche de nombreuses fonctionnalités, elle souffle toutefois le chaud et le froid à cause de quelques oublis notables et d’une compatibilité imparfaite, la faute au ressentiment de Valve envers Windows. Explications.

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- Qualité de fabrication, ergonomie
- Mini-sticks TMR
- Trackpads et gyroscope
- Quatre commandes arrière
- Plus de 35 heures d'autonomie
- Puck très bien pensé
- Steam/Bazzite pour une expérience totale
- Pas de prise casque
- Nombreux paramètres à ajuster
- Gyroscope et trackpads à apprivoiser
Il y a une dizaine d’années, Valve avait déjà tenté d’entrer dans le monde du hardware PC. Steam Machines et Steam Controllers premiers du nom avaient beaucoup fait parler d’eux, mais pour un résultat commercial proche du néant, surtout pour les Steam Machines. Pour sa nouvelle approche, Valve a d’abord misé sur un produit singulier, le Steam Deck, pour profiter de son succès et lancer d’autres articles, Steam Controller, Steam Machine et Steam Frame.
La suite, nous la connaissons toutefois et l’inflation galopante que connaît le monde informatique a complètement torpillé les projets à long terme de Valve. À tel point que la marque ne s’embête même pas à assurer une solide disponibilité pour un produit qui, pourtant, ne devrait pas être touché tant que ça par l’inflation et les ruptures de stock : le Steam Controller n’est disponible que sur commande avec des délais qui se comptent en mois. En août, nous avons enfin reçu le nôtre.
Petit retour dans le temps : les deux moutures du Steam Controller, version 2026 à gauche et version 2015 à droite. © Nerces pour Clubic
Une richesse fonctionnelle remarquable
Comme d’habitude, Valve assure un conditionnement impeccable de son produit. Livré dans un petit carton au sein duquel se trouve la boîte du Steam Controller proprement dite, le gamepad ne devrait pas vous arriver en morceaux. En revanche, contrairement au Steam Deck, il n’est pas question de le proposer à l’intérieur d’une housse de transport. C’est donc une classique boîte qui renferme la manette et ses accessoires, dont l’indispensable puck.
Un conditionnement minimaliste, mais bien suffisant. © Nerces pour Clubic
Les plus anciens se souviendront que le Steam Controller première génération était une manette que l’on ne pouvait confondre avec les autres : sa forme était très particulière et Valve a donc décidé de « rentrer dans le rang » avec une seconde génération plus consensuelle. Plus consensuelle dans sa forme et dans ses fonctionnalités de base. La silhouette est plus classique avec des poignées plus proches des standards du marché : la prise en main en sera plus confortable.
Pour les contrôles de base également, on est en terrain connu. Les deux sticks analogiques sont maintenant présents avec une organisation symétrique, un peu comme sur PlayStation, mais surtout comme sur le Steam Deck. C’est effectivement la première leçon que l’on tire en regardant le Steam Controller : Valve a décidé de reprendre tout ce qui a fait le succès des contrôles du Steam Deck, les deux sticks analogiques placés symétriquement donc, mais pas seulement.
Sticks TMR et boutons en plus : des bonus appréciables. © Nerces pour Clubic
Le Steam Controller adopte la même croix directionnelle, les mêmes boutons ABXY, les mêmes gâchettes et bumpers ainsi que, c’est sans doute l’un des points les plus importants, les mêmes pavés tactiles. En revanche, le Steam Controller est d’emblée prévu pour le multijoueur : il vient donc accompagné du fameux puck, un module à brancher en USB-C qui sert autant à recharger la manette qu’à connecter (sans fil) jusqu’à quatre Steam Controller. Pratique.
Nous aurons évidemment l’occasion de revenir sur le confort de toutes ces fonctionnalités, mais il faut encore évoquer l’intégration d’un gyroscope à la manette et la compatibilité Bluetooth. Moins réactif, ce dernier mode pourra toutefois rendre service pour une connexion plus universelle. Bien sûr, il est aussi possible de brancher la manette en filaire, mais le câble USB-C livré est court, très court même – à peine 1,5 mètre – et sera surtout utilisé pour connecter le puck.
Le pad et ses accessoires, notamment le fameux puck de recharge. © Nerces pour Clubic
Parfaite intégration à l’environnement Steam
À sa réception, la manette n’est pas complètement déchargée, mais il vaut mieux commencer par ça. Profitons-en pour souligner que la batterie est une lithium-ion d’une capacité de 8,39 Wh et qu’elle tient un peu plus de 35 heures selon Valve, mais pour notre part, nous sommes plutôt à 40 heures. Cela dit, cela dépend beaucoup des fonctionnalités utilisées et de l’intensité de certaines d’entre elles comme les retours haptiques. Notez que le Bluetooth est moins énergivore.
La reconnaissance du Steam Controller par Steam est transparente. © Nerces pour Clubic
Sur le principe, le Steam Controller est l’outil parfait à associer à Steam, la principale plateforme de jeu vidéo sur PC. Valve l’a pensé comme une sorte de Steam Deck sans écran que l’on connecte à son PC, mais qui – de fait – est plutôt vu pour fonctionner avec le mode Big Picture. Là, il faut reconnaître que l’intégration est pour ainsi dire parfaite.
Steam Controller et puck sont reconnus de manière indépendante. © Nerces pour Clubic
Au premier branchement, il y aura sans doute une mise à jour à effectuer. Elle se fait pour la manette et pour le puck avec nécessité de raccordement filaire. Cela ne dure que quelques dizaines de secondes et, ensuite, la manette est parfaitement opérationnelle. La détection est bien sûr quasi immédiate et la navigation à travers l’interface Steam directement fonctionnelle. Là où les choses deviennent plus intéressantes encore, c’est au niveau de la personnalisation.
De base, un profil est évidemment actif, mais compte tenu des multiples fonctionnalités de la manette, Valve a été inspiré d’autoriser à peu près toutes les fantaisies dans le paramétrage : fonction, zone morte, sensibilité sont ainsi ajustables, mais il est aussi possible de créer des profils et de les partager. Bien sûr, cette interaction avec la communauté est au service du joueur qui peut ainsi compter sur le travail d’autres joueurs pour aboutir à la meilleure façon d’aborder chaque jeu.
Les zones mortes des sticks se configurent indépendamment. © Nerces pour Clubic
Alors, c’est vrai, les pavés tactiles ne remplacent pas complètement la souris et certains joueurs seront sans doute allergiques à leur utilisation. Les habitués du Steam Deck pourront cependant vous le confirmer : on s’y fait et leur précision n’est plus à démontrer. Les retours haptiques de la manette sont également là pour renforcer l’immersion et associer ce que l’on voit à l’écran à ce que l’on ressent manette en main. Remplacer le duo clavier/souris est une réelle possibilité.
Gyroscope et capteurs intégrés aux poignées constituent deux des fonctions bonus bien sympathiques du Steam Controller. © Nerces pour Clubic
Le gyroscope est une autre fonction qui distingue le Steam Controller de la plupart de ses concurrents. Rares sont les manettes qui possèdent cet accessoire pourtant pratique car, contrairement à un stick, le gyroscope peut suivre les mouvements que l’on imprime pendant la partie, à la manière d’une souris. Bien sûr, cela passe par une phase précise de configuration et il ne faut pas se contenter d’émuler le mini-stick de droite. Mais, bien configuré, le gyroscope autorise une visée plus naturelle.
À l’usage : différence entre polyvalence et universalité
Vous aurez sans doute à passer beaucoup plus de temps que nos quelques paragraphes dans la configuration de votre Steam Controller, si vous craquez pour la manette de Valve. Reconnaissons-le, c’est à la fois un atout et une critique. Un atout car cela permet de se frotter à de nombreux scénarios, une critique car, bien sûr, cela implique de faire de multiples essais / perfectionnements pour aboutir à la configuration idéale. On n’a rien sans rien.
Une manette à mettre entre (presque) toutes les mains. © Valve
Passons donc cette étape de configuration pour évoquer nos sessions de jeu proprement dites. Là, il faut d’emblée signaler que le Steam Controller est une manette un peu plus massive que le classique Xbox One Controller utilisé par une majorité de joueurs. Oh, rien de dramatique, mais à 159 x 111 x 57 millimètres, la manette est un peu juste pour les petites mains, celles des enfants en particulier. En revanche, son poids de 292 grammes, batterie comprise, n’est guère gênant : il est bien réparti.
Malgré un prix de 99 euros, la manette n’est pas non plus dotée de la finition la plus parfaite. Pas d’inquiétude du côté de la prise en main, mais l’absence de grip sur les poignées par exemple, pourrait gêner les habitués. En revanche, les retours haptiques sont absolument impeccables – et ajustables – de sorte que l’on ressent bien les choses. Ils accompagnent parfaitement les pavés tactiles lesquels ne peuvent toutefois complètement remplacer la souris sur les jeux les plus exigeants.
Il faut parfois passer un peu de temps pour profiter au mieux des fonctionnalités avancées du Steam Controller sur nos jeux favoris. © Nerces pour Clubic
Cela dit, sur une quantité de jeux et après un petit temps d’adaptation, il devient réellement possible de se passer de souris pour viser bien sûr, mais aussi et surtout pour accéder à un inventaire, gérer la position d’un curseur ou définir des zones d’action. Rigueur oblige, nous avons aussi utilisé les pavés tactiles en environnement de bureau et ça marche drôlement bien : le curseur est déplacé avec le pavé de droite quand celui de gauche fait scroller une page de texte ou ajuste le zoom.
Sur de nombreux jeux, tout un tas de profils ont déjà été créés par la communauté. Pratique pour ne pas perdre de temps. © Nerces pour Clubic
Mais revenons-en au jeu vidéo, activité première d’une telle manette. Très honnêtement, au-delà des petites critiques formulées précédemment, c’est un réel bonheur. Vous me direz que c’est heureux pour une manette à 99 euros, mais les contrôles fonctionnent parfaitement, la précision est idéale et les ajustements réalisés dans les panneaux de configuration ont un impact direct sur le ressenti. Peu importe les jeux testés, c’est à chaque fois une expérience impeccable.
Enfin… Pas tout à fait. Il faut effectivement parler d’un point qui fâche et brise l’universalité presque promise par Valve. En effet, le Steam Controller repose sur le protocole Steam Input pour échanger avec votre PC. Un protocole parfait pour Steam, mais qui ne fonctionne tout simplement pas sur Windows ! De fait, sans intervention de votre part, votre Steam Controller n’est pas reconnu par Windows et la vieille interface joy.cpl restera désespérément vide.
Epic Games Store, GOG, Xbox Game Pass, vous pouvez tout essayer, de base, cela ne fonctionne tout simplement pas en mode « manette ». Le Steam Controller n’est reconnu par Windows que comme un nouveau « clavier » et il ne fonctionne donc que si les jeux acceptent de tourner avec un clavier. C’est par exemple ainsi que l’on a pu jouer à Horizon Chase Turbo sur l’Epic Games Store ou à Oddworld : l’Odyssée d’Abe sur GOG. Les captures ci-dessous illustrent parfaitement la chose.
En dehors de Steam, le Steam Controller est considéré comme un clavier par de nombreux jeux, ici Horizon Chase Turbo et Oddworld : l’Odyssée d’Abe. © Nerces pour Clubic
Nous ne pouvons que regretter l’absence de double compatibilité Steam Input / XInput qui aurait permis de joindre le meilleur des deux mondes et aurait fait de ce Steam Controller un périphérique autrement plus universel capable, par exemple, de se connecter à une console Xbox. Nos confrères de Retro Game Corps ont publié un tableau qui donne une idée de la situation : réalisé il y a quelques mois, il reste valable aujourd’hui.
SteamlessController est un petit programme bien pratique pour gérer le Steam Controller quand les jeux sont en XInput. © Nerces pour Clubic
Pour améliorer la compatibilité Windows, notre confrère utilise le logiciel SISR qui émule les fonctions de la manette pour que tout fonctionne de manière transparente. Nous avons une préférence pour une autre solution, plus récemment mise à jour, SteamlessController. Après installation, dès lors que l’application est active, elle désactive ce que l’on appelle le lizard mode, autrement dit la reconnaissance du Steam Controller comme un clavier. Au lieu de cela, il devient possible de le faire apparaître comme une manette Xbox ou PlayStation. Les jeux n’y voient plus que du feu.
Enfin, impossible de ne pas évoquer la question de l’autonomie d’une manette qui, bien sûr, peut être utilisée en mode filaire, mais aussi en Bluetooth ou via le puck et son protocole dédié. Notez donc que nous avons dépassé les 40 heures d’utilisation sur une seule charge et que pour charger complètement le Steam Controller, il nous a fallu un peu plus de 3 heures. Bien sûr, un indicateur d’autonomie est présent sur SteamOS (ou Bazzite notamment) et la manette profite de l’aimant du puck pour être parfaitement en place au moment de la recharge. Attention cependant, les broches du puck n’ont aucune protection contre les courts-circuits.
Steam Controller : l’avis de Clubic
Ce fut déjà le cas avec le Steam Controller premier du nom, Valve récidive : sa nouvelle manette est autrement plus novatrice que les dizaines de clones des pads PlayStation ou Xbox que nous croisons chaque année. Des innovations qui ont un coût, hélas, et c’est clairement le premier/principal reproche que l’on peut faire au Steam Controller cru 2026 : c’est une manette relativement onéreuse.
« Relativement », car Valve n’exagère cependant pas et nombre de manettes se négocient bien plus cher pour en offrir beaucoup moins. Au moins, on ne peut pas dire que Valve aura manqué d’ambition ici : contrôles classiques, boutons au dos, pads tactiles, gyroscope, puck de connexion… Les fonctionnalités sont vraiment très nombreuses, même si nous regrettons toujours l’absence de roue crantée comme sur l’Echo Controller d’Honeycomb. Le Steam Controller est également une manette à la conception bien plus réussie que celle de son prédécesseur et seules les plus petites mains pourraient y trouver à redire alors que le poids ne devrait pas être un problème pour grand monde.
Alors, Valve parvient-il a véritablement révolutionner le gamepad PC ? Eh bien, sur le principe et pourvu que vous soyez presque exclusivement un joueur Steam tenté par certains titres « souris », c’est oui. La manette est un peu chère, mais elle le rend au centuple. En revanche, l’absence de compatibilité X Input est un problème pour jouer sur d’autres plateformes. Ça et le fait que les pads ou le gyroscope ne trouveront peut-être pas leur public. En effet, pourquoi acheter plus cher une manette dotée de fonctionnalités dont vous n’avez que faire ou qui ne passe pas sur votre Xbox par exemple ? À Clubic, nous saluons l’effort, mais nous aurions aimé que le pad soit plus complet encore.
- Qualité de fabrication, ergonomie
- Mini-sticks TMR
- Trackpads et gyroscope
- Quatre commandes arrière
- Plus de 35 heures d'autonomie
- Puck très bien pensé
- Steam/Bazzite pour une expérience totale
- Pas de prise casque
- Nombreux paramètres à ajuster
- Gyroscope et trackpads à apprivoiser
Fiche technique Steam Controller 2026
Résumé
| Compatibilité | PC, Steam Deck, Mac, Android, iOS |
| Connectivité | Filaire, Bluetooth, Sans-fil |
| Type de joysticks | Symétrique |
| Alimentation | Batterie, Filaire |
| Poids | 292g |
Caractéristiques
| Nombre de touches | 17 |
| Compatibilité | PC, Steam Deck, Mac, Android, iOS |
| Connectivité | Filaire, Bluetooth, Sans-fil |
| Type de joysticks | Symétrique |
| Alimentation | Batterie, Filaire |
| Autonomie de la batterie | 35h |
| Prise jack | Non |
| Longueur du câble USB | 150cm |
| Longueur | 159mm |
| Largeur | 111mm |
| Hauteur | 57mm |
| Poids | 292g |
Des alternatives à la manette Steam Controller :
- Design proche de la perfection
- Ergonomie impeccable
- Capuchons de personnalisation
- Ergonomie presque parfaite
- Grip (poignées, gâchettes, sticks)
- Croix directionnelle plus précise