Alma même pas fait peur !
En fait de suite, l'histoire de F.E.A.R. 2 : Project Origin débute alors que celle de F.E.A.R. premier du nom n'est pas encore terminée. Dans la peau de Michael Beckett, le joueur est envoyé en mission dans les locaux d'Armacham Tech afin de récupérer Geneviève Aristide. Son équipe agit donc en parallèle de celle que l'on menait dans le précédent opus pour ce qui ne devait être qu'une mission de routine. Hélas pour ce brave Beckett et tant mieux pour nous, les choses ne tardent effectivement pas à se corser et l'explosion nucléaire qui clôturait F.E.A.R. lance véritablement cette nouvelle aventure.Une nouvelle aventure qui risque de décevoir plus d'un joueur, non par son scénario plutôt pas mal trouvé et qui réserve un final réussi, mais plutôt par la manière d'avancer. En effet, Monolith a opté pour une narration façon « documents que l'on ramasse et que l'on ne lit pas ». Le rythme de l'action étant ce qu'il est, le joueur ne prend que rarement le temps « de se poser ». Quant F.E.A.R. nous offrait quelques moments « d'introspection », F.E.A.R. 2 enchaîne les phases action. Si le joueur ne s'ennuie jamais et ne se retrouve jamais perdu « à chercher son chemin », il passe aussi à côté de la majeure partie du scénario.
Un double reproche qui n'est heureusement pas suffisant pour nous détourner du nouveau titre de Monolith, mais qui vient évidemment tempérer notre enthousiasme, mais enchaînons tout de même avec quelques bonnes nouvelles. Il faut effectivement signaler que Monolith a tenu compte de certaines critiques formulées à l'encontre de F.E.A.R. en se focalisant sur la diversité. F.E.A.R. 2 dispose de plus d'environnements, de plus d'ennemis différents et de situations plus variées. Du côté des environnements, les interminables bureaux de F.E.A.R. sont plus riches de détails et se complètent de séquences en extérieur, dans un laboratoire, une école...
F.E.A.R. 2 tranche notamment par la diversité des ennemis qu'il propose
Les ennemis aussi gagnent en variété et les gardes d'Armacham Tech qui peuplent notre début de partie reçoivent assez vite le renfort des Replicas, de mutants pour le moins bondissants, de supersoldats blindés de la tête aux pieds et de quelques autres joyeusetés que nous vous laissons la joie de découvrir. Enfin, la variété se ressent aussi au niveau des situations avec la présence de séquences aux commandes d'une armure de combat (sorte de Mechwarrior), quelques passages « énigmes » et divers quicktime events. Hélas, cette apparente variété n'est guère exploitée par Monolith.
Ce défaut est heureusement compensé par la structure même des niveaux et par l'alternance très rapide des séquences action / balade. Du coup, l'impression d'emprunter un couloir se fait moins pesante. Là encore, certains joueurs PC pointeront du doigt les limitations des consoles, mais il est en fait difficile de savoir pourquoi Monolith a choisi de réduire l'ouverture des niveaux. Ce qui est en revanche certain, c'est que la version PC de F.E.A.R. 2 est la plus réussie. Pourvu que vous disposiez d'une machine correcte (Double-cœur, 2 Go de RAM, GeForce 8800GT) et vous aurez un titre à la fois très beau et très fluide.
Mieux, avec un PC puissant, vous pourrez sans problème passer en 1680x1050 tout en activant des options comme l'anticrénelage et le filtrage anisotropique. Sur consoles, le résultat n'est pas mal non plus, et ce, même si le niveau de détail des textures paraît un rien plus faible et que le crénelage est plus prononcé. Il convient cependant de distinguer le rendu Playstation 3 de celui obtenu sur Xbox 360. En effet, la réalisation sur la console de Sony nous a semblé un peu moins réussie alors que l'activation de la torche rendait l'animation moins fluide. Rien de vraiment gênant, mais cela mérite d'être signalé.
Conclusion
Sans jamais nous éclabousser de son génie, Monolith Productions assure l'essentiel avec ce nouvel opus. F.E.A.R. 2 : Project Origin ne fait pas vraiment preuve d'originalité, pas plus qu'il ne fait vraiment peur, mais il remplit très correctement son cahier des charges. L'ensemble est très nerveux avec des combats parmi les plus expéditifs du moment dans un jeu d'action à la première personne. Du coup et à défaut de réelle concurrence en ce début d'année, F.E.A.R. 2 est sans doute le FPS du moment. Cela ne doit cependant pas nous empêcher de regretter le manque d'ambition des développeurs, la faiblesse du scénario (ou au moins de sa technique de narration) auquel on ne parvient pas à s'intéresser et, en définitive, que ce F.E.A.R. 2 ne soit pas tout à fait à la hauteur de son ancêtre. Un bon jeu, simplement.F.E.A.R. 2 nécessite, sur PC, l'utilisation de Steam pour procéder à l'activation du jeu.
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