Les widgets mobiles : un marché qui manque de maturité
Pour Thomas Husson, analyste auprès du cabinet d'études Forrester Research, le widget - acronyme de « Windows gadget » - sur mobile est un élément différenciant important des offres de services mobiles même si il génère un coût de portage important étant donné qu'il n'existe pour l'heure aucun standard multi-plateforme. Les développeurs souhaitant mettre au point de nouveaux widgets devront ainsi penser aux plateformes les plus populaires pour les rendre compatibles iPhone, Symbian, Windows Mobile, Blackberry ou Android. Le modèle économique lié à leur conception n'est pas non plus stabilisé, que ce soit au niveau des acteurs B2B (créateurs d'offres de widgets en marque blanche) ou B2C (widgets directement disponibles auprès des mobinautes). Ils améliorent en revanche l'expérience utilisateur des mobinautes et facilitent l'accès au contenu en offrant par exemple bien souvent une expérience en ou hors ligne et une logique associée de personnalisation.
Les opérateurs mobiles sont quant à eux plutôt en retard face à l'essor de ce type de technologies, ne proposant pas par exemple des widgets permettant de consulter sa dernière facture ou d'avoir une visibilité sur la consommation de son forfait mensuel. Leur rôle dans la démocratisation des widgets doit être de favoriser et d'innover dans cet écosystème en partenariat avec les développeurs et avec une logique de distribution des contenus qui pourront fonctionner sur plusieurs écrans, des télévisions connectées aux GPS autonomes.
Orange : cap vers un widget multi-écran !
Pour les mobiles, Orange compte développer son logiciel Djinngo (anciennement BubbleTop). A terme, l'opérateur a annoncé vouloir le pré installer dans 80% de ses terminaux dans 8 pays. Les premiers terminaux l'intégrant seront lancés dans le courant du second trimestre. Mais ce n'est pas tout. Orange compte également proposer ses widgets dans les Livebox, via un système conçu pour les télévisions. Détail intéressant, 55% des utilisateurs de widgets d'Orange... ne sont pas des clients d'Orange. « Notre objectif est de toucher de nouveaux utilisateurs ou de créer de l'audience sur nos services web », a-t-il ajouté. D'où la nécessité de créer des offres de widgets multi-écran (mobile, TV et PC), l'opérateur allant lancer sous peu une offre pour les PC sous Windows XP via Adobe Air.
Webwag : il ne faut pas parler technique aux mobinautes
Goojet : il faut combiner widgets et réseaux sociaux
Dans les prochains mois, la société compte boucler une levée de fonds pour se lancer à l'international (pour l'heure 80% des utilisateurs sont français) et pour se transformer avec une approche désormais plus orientée vers le média. « Au centre du mobile, il sera possible de trouver sa vie communautaire avec un système permettant d'éviter les mélanges entre vie professionnelle et vie personnelle », ajoute-t-il. Goojet mise donc sur la « viralité » pour développer ses services, ayant testé notamment un service de rencontre mobile ayant généré sans publicité « des milliers d'utilisateurs pour des centaines de milliers de messages échangés ».
Sur le même thème, Laurent Fournier, le directeur général France de Qualcomm, les solutions de widgets commencent à intéresser les opérateurs mobiles. Fort de sa solution clé en main baptisée « Plaza », Qualcomm entend proposer en marque blanche toute une architecture pour permettre aux opérateurs de déployer de telles solutions auprès de ses clients.
Comment monétiser un widget mobile ? les avis divergent
Question intéressante. Pour que les widgets mobiles décollent, il faut qu'à la fois les créateurs de contenu et de contenant puissent rentabiliser leurs services respectifs. Pour Webwag, leur partenaire B2B ont deux solutions pour y parvenir : Commencer par fidéliser et mieux connaitre ses abonnés et insérer des publicités ciblées. Et des solutions de vente facilitée qui sont proposées via une sorte de mini App Store permettant de vendre jeux, sonneries ou logos sans quitter la page.
Pour Orange, il y a d'abord une logique d'audience aidée par une régie publicitaire interne pour monétiser les widgets mobiles. Ce sont donc principalement des widgets gratuits subventionnés par la publicité qui seront proposés même si sur le long terme, l'opérateur réfléchit à d'autres types de monétisation possible des widgets : les inclure dans une offre data associée ou proposer un modèle de widget Premium.
Pour Goojet, la situation est dores et déjà légèrement différente. Voulant créer au départ de l'audience, le but de la société est désormais de la monétiser en mettant en avant des widgets sponsorisés ou en créant des contenus également sponsorisés et ciblés. Prochainement, ce sont des contenus Premium qui seront mis en avant comme une option permettant de créer des conférences téléphoniques à plusieurs pour réunir ses abonnés avec une partie du service proposée gratuitement et des services supplémentaires payants.
Concernant la concurrence éventuelle entre les widgets mobiles et les applications mobiles, tout le monde s'accorde à dire qu'il existe un facteur de coût important pour développer des applications pour chaque mobile. Et les widgets ont comme principal avantage d'avoir un aspect synthétique permettant d'afficher des informations immédiatement via une seule et même. Pour obtenir le même degré d'information avec une application mobile, il faudrait... en lancer plusieurs simultanément. Dernier détail, les widgets fonctionnent bien souvent en tâche de fond et affichent dès la page d'accueil du service des contenus à jour.