Le cockpit du X-59 est positionné à peu près au milieu du fuselage. Quel nez ! ©  NASA/Steve Freeman
Le cockpit du X-59 est positionné à peu près au milieu du fuselage. Quel nez ! © NASA/Steve Freeman

L'agence américaine a enfin présenté publiquement le Quesst, ou X-59. Un avion de recherche de 33 mètres de long, qui présente un profil impressionnant destiné à réduire, voire même à supprimer les « bangs » supersoniques. De quoi à terme survoler les grandes cités américaines à des vitesses folles ?

La cérémonie officielle avait lieu sur la piste de l'aéroport de Palmdale (Californie), devant les hangars de Lockheed Martin et de son département de la recherche aérospatiale, le Skunk Works. Présenté pour la première fois au complet, avec sa livrée de vol, le X-59 a fière allure. Il est l'aboutissement de près d'une décennie de travail du programme Quesst de la NASA (ne l'oublions pas, le premier A est celui de Aeronautics), et d'un assemblage minutieux pour un appareil de recherche absolument unique. 33 mètres de long, 10 mètres d'envergure, un unique réacteur emprunté à un avion de chasse (le F-18A), le X-59 se distingue surtout par un profil inimitable avec son « nez » aplati comme un bec de canard, qui se prolonge sur presque la moitié de l'appareil. Si imposant d'ailleurs que les pilotes ne disposeront pas de vision directe sur l'avant, une partie de la verrière étant remplacée par des caméras panoramiques 4k, le XVS ou « eXternal Vision System ».

Pas de vue cockpit sur l'avant, mais un grand bec de canard... ©  NASA/Steve Freeman
Pas de vue cockpit sur l'avant, mais un grand bec de canard... © NASA/Steve Freeman

Le X-59 devrait bientôt voler

Si l'exemplaire unique du X-59 a été dévoilé en ce mois de janvier, ce n'est pas que pour montrer la peinture. En effet, l'avion est complet, et en tandem avec Lockheed Martin, la NASA commence ses tests prochainement. D'abord l'électronique embarquée, puis les systèmes de vol dans leur ensemble et les essais moteurs attendus au premier semestre. D'ici l'été ou le début de l'automne, l'agence américaine espère réaliser avec succès les premiers essais de roulage de l'avion au sol, pour valider son comportement avant le vol inaugural, qui est toujours programmé avant la fin de 2024.

Pas question donc de se relâcher pour les équipes maintenant que le X-59 est de sortie ! À terme, l'avion sera capable d'attendre 1500 km/h environ, et naturellement de dépasser le mur du son, qui est l'objectif de ce programme… En effet la forme du X-59 lui permet en théorie d'orienter l'onde de choc produite lors du passage supersonique pour l'atténuer fortement, voir la rendre imperceptible à quelques kilomètres de l'avion.

Le réacteur du chasseur F-18 (qui en embarque deux) n'avait pas été conçu pour être discret... © NASA/Steve Freeman

Grâce à son nez (et au reste) on ne l'entend pas

La NASA prévoit, courant 2025 ou lorsqu'elle aura démontré cette capacité à passer « silencieusement » le mur du son, toute une campagne de vol qui emmènera le X-59 proche ou même au-dessus des grandes agglomérations des États-Unis. Si les résultats sont concluants, cela donnera des résultats de travail intéressants pour l'industrie aéronautique.

En effet, les vols commerciaux supersoniques sont actuellement interdits au-dessus des États-Unis (comme au-dessus de nombreuses autres nations) à cause des nuisances sonores et des bangs supersoniques. Le Concorde lui-même n'avait pu exprimer son plein potentiel qu'au-dessus des océans. Plusieurs constructeurs attendent un potentiel feu vert pour mettre en œuvre ce type de technologie au-dessus du continent et réduire les temps de trajets.

Source : 

NASA