Pour Martin Bouygues, l'Arcep ne joue pas franc jeu. Le patron du groupe propriétaire de l'opérateur de téléphonie mobile critique l'attitude du régulateur des Télécoms quant à l'arrivée de Free Mobile sur le marché. Il considère que le quatrième opérateur bénéficie d'avantages sur le marché.
A l'occasion d'une conférence organisée par la Commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, le responsable précise que l'Arcep « a fait une erreur d'analyse lors de l'attribution de la quatrième licence. Des avantages considérables ont été accordés au nouvel entrant. Les trois opérateurs historiques en payent le prix aujourd'hui ». Selon Les Echos, SFR, Orange et Bouygues auraient perdu jusqu'à 3 milliards d'euros d'excédent brut d'exploitation suite à l'arrivée d'un nouveau concurrent.
Le patron de Bouygues oublie toutefois de mentionner certaines décisions prises par l'Arcep qui ont bénéficié à l'opérateur. C'est le cas de l'autorisation d'utilisation de la bande des 1 800 MHz pour la 4G. Cette décision du régulateur a permis à la filiale du groupe Bouygues de proposer rapidement une large couverture de la population en très haut débit.
Récemment, le Conseil d'Etat a rejeté les critiques selon lesquelles cette décision pouvait nuire à la concurrence. L'Arcep avait en effet inséré plusieurs règles dans cette autorisation en précisant qu'Orange et SFR ont la possibilité de demander à tout moment que leurs autorisations dans la bande 1 800 MHz soient étendues à la 4G.
Quant à Free Mobile, qui ne dispose pas d'autorisation propre sur cette plage, l'Arcep a prévu de lui attribuer les fréquences disponibles dans cette bande « afin que soient respectés le principe d'égalité entre opérateurs et les conditions d'une concurrence effective ».
Toujours est-il que la situation actuelle de Bouygues Telecom n'est guère enviable. L'opérateur doit supprimer 1 516 emplois et voit Free Mobile le rattraper en termes de nombre total de clients mobiles. D'autant que la porte de sortie semble de plus en plus étroite pour revendre cette activité mobile. Orange a en effet expliqué qu'il ne comptait pas racheter Bouygues Telecom. Son salut pourrait donc désormais venir d'un autre concurrent... comme Free Mobile.
Pour en savoir plus