Tous les ans c'est la même rengaine. À l'approche des beaux jours, peut-être faites-vous partie (comme nous) de ces couche-tard qui aiment l'idée de profiter des douces soirées d'été pour improviser un cinéma de plein air. Cette année, l'envie de tirer un trait sur les (très) pénibles semaines qui se sont écoulées et, peut-être, des plans pour cet été qui tombent à l'eau (je compatis, c'est aussi mon cas), pourraient bien être les motivations qui vont feront craquer. S'il est évident que ce vidéoprojecteur ViewSonic M1 n'a pas vocation à vous offrir une expérience cinéma du tonnerre, pour un appareil nomade, compatible avec certains smartphones, les clés USB ou autres sources HDMI, il dispose de quelques arguments que nous allons vous détailler dans ce test. Découvrez d'abord sa fiche technique.
Caractéristiques techniques
Viewsonic livre son vidéoprojecteur avec un câble USB Type C pour connecter votre mobile, une télécommande, le chargeur et un étui de transport plutôt élégant. Le Viewsonic M1 est vendu 299 euros dans sa version "normale", mais une version M1+ est également disponible au catalogue de Viewsonic. Celle-ci intègre en plus des connexions Wi-Fi et Bluetooth ainsi qu'un accès à un store "parallèle" (Aptoide) pour télécharger quelques applications. Toutefois, le constructeur nous indique que ce M1+ est en rupture de stock actuellement, tout en précisant par ailleurs - toujours selon Viewonic - que le M1 est actuellement le numéro 1 des ventes.- Technologie : mono DLP
- Résolution native : 854 x 480 pixels
- Type de source lumineuse : LED
- Luminosité annoncée: 125 ANSI Lumens
- Durée de vie de l'éclairage : 30 000 h
- Ratio de focale : 1.2
- Zoom optique : non, focale fixe
- Taille de l'image : de 24 à 100 pouces
- Bruit mode normal : 26 dB
- Bruit mode éco : 25 dB
- Résolutions prises en charge : VGA (640 x 480p) à Full HD (1920 x 1080p)
- Connectique : HDMI 1.4, Micro SD, USB Type C, USB Type A alimentée (1A), prise casque
- Batterie intégrée : 11V / 4000 mAh
- Dimensions : 14,6 x 12,6 x 4 cm
- Poids : 750 grammes
- Accessoires : Alimentation secteur, étui de transport, câble USB Type C et télécommande
Viewonic M1 : un petit projo bien pensé
Le Viewsonic est un appareil assez peu encombrant et de fait assez surprenant. Il est doté d'un pied rotatif qui fait à la fois office de support orientable, mais aussi de système d'extinction automatique du projecteur. Un capteur en façade du M1 détecte si la lentille de projection est obstruée et coupe alors la projection. Comme il se peut aussi que ce soit par maladresse (en passant une main devant ce capteur par exemple) l'appareil ne s'éteint pas de suite. Il lui faut une quelques secondes pour qu'il considère que c'est bien intentionnel de votre part. L'autre rôle de ce capteur est aussi de protéger vos yeux - d'ailleurs l'option s'appelle ainsi dans les menus du M1 - contre un éblouissement accidentel lorsque vous manipulez le produit.Pour le reste, le pied permet de choisir à peu près n'importe quelle position pour la projection. Sur un mur, au plafond et quelle que soit l'inclinaison (dans la limite du raisonnable) car nous avons constaté que le réglage automatique de trapèze (Keystone) fonctionne assez bien. Un réglage manuel est disponible dans les menus.
Évidemment cela impacte la taille de vos projection et lieu vaut opter pour un angle idéal. Pourquoi l'associer à un trépied photo grâce à son pas de vis intégrée.
La connectique est accessible derrière une trappe, qu'on espère, ne souffrira pas des multiples manipulations au fil du temps. En l'état, nous n'avons rien à reprocher à ce système qui se ferme très bien et paraît plutôt costaud.
La télécommande est quant à elle des plus basique et permet de piloter les menus. Notez toutefois que les quelques boutons à l'arrière du vidéoprojecteur permettent de régler le volume ou encore piloter la lecture d'un contenu visionné depuis une clé USB. Voilà pour l'esse
Clé USB, lecteur HDMI et smartphone... tout y passe.
Comme nous le disions, la connectique permet de brancher une source vidéo en HDMI, une clé USB pour lire des contenus (nous avons même pu regarder un fichier en 2160p, downscalé, évidemment), mais aussi de regarder des programmes via un smartphone USB Type-C compatible avec cette diffusion. Avec notre Galaxy Note 10+ nous avons ainsi pu diffuser des contenus depuis Netflix, Amazon Prime Video, YouTube, etc. La seule contrainte c'est que l'écran du smartphone doit rester allumé pour assurer la réplication de l'écran le temps de la projection. Vous devrez donc vous en passer le temps de la séance ciné, et, surtout, pensez à couper vos notifications pour ne pas être dérangé.L'autre option consiste à utiliser une clé HDMI type Chromecast ou, plus sympa encore (selon nous), une Fire Stick TV d'Amazon. Ce que nous avons fait en prenant le soin de désactiver le rendu HDR et en forçant la définition d'image en 1080p... sans quoi visiblement l'alimentation du port USB (5V / 1A) n'est plus suffisante et la Fire TV Stick 4K (en l'occurrence) ne démarre pas. Évidemment, dans ces conditions, la clé HDMI puise légèrement sur la batterie du M1. Heureusement, l'autonomie de l'appareil justement, est loin d'être ridicule. Nous l'estimons à environ 3 h en moyenne. Ce sera un peu moins en mode lumineux et un peu plus en mode "économie de batterie", mais on parle là de dizaines de minutes. Considérez que vous serez tranquille pour regarder un film de 2h.
Viewsonic ne précise pas la nature des fichiers pris en charge par le M1 dans le cadre d'une lecture depuis une clé USB par exemple. De notre côté, nous l'avons soumis à différents formats les plus répandus (MKV, H.264, etc.) et tout s'est très bien passé. Nous avons même pu lire une de nos vidéos YouTube ainsi qu'une boucle de démo TV en 3840 x 2160p alors même que Viewsonic indique la résolution maximale prise en charge se limite à du Full HD.
C'était d'ailleurs l'occasion de constater que ce contenu Ultra HD corrige certains pépins que nous avions pu remarquer à la lecture de vidéo sous Netflix. Nous y reviendrons, mais profitons-en pour rappeler que ce vidéoprojecteur embarque 16 Go de mémoire interne, dont 12 Go sont encore accessibles pour y copier quelques contenus multimédias si vous le souhaitez.
Qualité d'image : de “convenable” à “tout à fait acceptable”
La plateforme technique de ce vidéoprojecteur ne fait hélas pas de miracle. La puissance lumineuse de cette plateforme LED limite son utilisation à des projections dans la pénombre quasi totale. Comme toujours avec un vidéoprojecteur, le choix des contenus visionnés conditionne grandement la nécessité de tamiser ou non la lumière. Là, pas de discussion possible, non seulement il faut être dans le noir, mais il ne faut pas que la vidéo soit trop complexe à produire. Les scènes sombres d'un film ne ressortent pas très bien. Ce n'est donc pas ce type de contenu qu'il faudra privilégier au risque d'être confronté sur toute la durée à une image tout juste convenable.En revanche, si le film, la série ou, idéalement, le dessin animé sont plutôt lumineux, alors on est plutôt convaincu par ce M1. La mise au point est même assez nette pour un tel petit appareil. Mais comme nous le disions plus avant, nous avons remarqué qu'avec certains programmes la trame qui compose la projection visible, et cela même sans s'approcher de trop près du support de projection. Dans la majorité des cas, elle reste toutefois tout à fait supportable. Il est à noter qu'avec 1 mètre de recul, on obtient une image de 83 cm de base soit 94 cm de diagonale. Il y a bien une configuration qui nous a beaucoup plus, c'est celle qui consiste à installer le vidéoprojecteur sur un bout du matelas et de projeter l'image au plafond. Le son est suffisamment puissant et le léger sifflement de la ventilation est tout à fait supportable.
Pour obtenir l'équivalent d'un téléviseur 65 pouces, soit 165 cm de diagonale, il faut reculer le vidéoprojecteur à 1.75m environ du support de projection. Comme le montrent nos photos ci-dessus, la qualité reste tout à fait convenable dans une pièce plongée dans l'obscurité totale.
Un remarquable petit kit audio
La partie audio de ce M1 est conçue ici en partenariat avec Harman/Kardon et rapport à la taille de ce vidéoprojecteur, on peut dire que le résultat nous a surpris. La puissance annoncée n'est que de 6 Watts (2 x 3 watts) et pourtant ça le fait.C'est largement suffisant pour une sonoriser un film dans une chambre, mais aussi en extérieur si les spectateurs ne sont pas trop dissipés. Évidemment les basses sont restées à l'usine, voire même dans un coin du cahier des charges des ingénieurs qui ont développé le produit, mais le rendu est suffisamment homogène pour ne pas s'en offusquer. En intérieur comme en extérieur, ce M1 tient vraiment la route.
Les menus et le petit truc en plus
Les menus du Viewsonic M1 n'ont rien de très compliqué. La page d'accueil donne accès à toutes les entrées disponibles qui sont autant de possibilités qu'on apprécie sur ce petit appareil. Attention, nous évoquions plus haut la compatibilité avec les smartphones USB Type C pour accéder à du contenu, mais il faut pour cela que la prise de votre smartphone autorise cette diffusion, mais aussi que Viewsonic ait mis à jour son firmware pour que ce soit le cas. C'est sans doute là que ça peut coincer.Lors des tests nous avons remarqué que le câble USB Type-C livré par Viewsonic permet également de faire fonctionner Samsung Dex sur notre Galaxy Note 10+. Il s'agit d'une sorte de système d'exploitation qui, un peu à la manière de Chrome OS, permet d'utiliser ses applications mobiles sur un moniteur ou un téléviseur grâce aux bons câbles. En l'occurrence ici, un câble USB Type C. Pour faire, votre mobile peut devenir une petite machine de travail, plus ou moins occasionnelle. En effet, si vous connectez un clavier Bluetooth et que vous utilisez l'écran du smartphone pour déplacer le curseur, l'ensemble peut vraiment dépanner.
Dans ces conditions, notre smartphone couplé au M1 devient une solution de présentation très facile à transporter. Certes vous ne réaliserez pas de grande présentation dans une salle éclairée et on peut remarquer que certaines polices ne sont pas toujours bien lisibles, mais sous certaines conditions, cela pourrait là encore vous dépanner.
Enfin, plus par curiosité que par réel intérêt sachant que ces appareils ne profitent d'aucune calibration particulière, nous avons procédé à quelques mesures. Comme vous pouvez le voir ci-dessus, la fidélité des couleurs est clairement mauvaise par rapport à un appareil conventionnel comme le Viewsonic PX800HD testé récemment avec un Delta E moyen en REC.709 de 9,83 là où la perfection est à 3 et en dessous. En revanche, il est intéressant de noter que la luminosité maximale est de 77 cd/m² et le taux de contraste de 432 :1 avec une mesure du noir d'environ 0.18 cd/m², ce qui n'est pas si mal que ça. Et en même temps avec une faible luminosité... On remarque aussi dans la capture ci-dessus que le blanc tire clairement vers le bleu, notamment pour renforcer l'intensité.