Eizo Foris FS2331
Trouver un écran à tout faire n'est pas chose aisée : les modèles rapides en TN sont limités en angles de vision, ceux en IPS ou PVA affichant une colorimétrie fidèle ne sont pas toujours très réactifs... La solution pourrait alors venir du japonais Eizo, avec le Foris FS2331 : un écran qui « chouchoute les accros aux jeux vidéo » tout en proposant la qualité d'affichage emblématique de la marque.Présentation de l'écran
Deuxième modèle de la gamme Foris, conçue pour le « divertissement à la maison », le très récent FS2331 est un moniteur de 23 pouces (58,4 cm) possédant une dalle mate de type S-PVA, avec rétro-éclairage néon. Avec une résolution native de 1 920 x 1 080 pixels, le Foris FS2331 propose donc un ratio de 16 : 9. Tout à fait logique puisque l'écran se destine entre autres à un usage vidéo. Une polyvalence qu'on constate à travers la connectique du moniteur : 2 HDMI, une prise DVI et une VGA (avec bien sûr de l'HDCP sur les trois prises numériques).On notera par ailleurs la présence d'une entrée audio au format jack 3,5 mm permettant d'alimenter les deux haut-parleurs (0,5 Watt) de piètre qualité, d'une sortie casque et d'un véritable interrupteur d'alimentation permettant de complètement éteindre l'écran.
Connectique audio / vidéo, interrupteur d'alimentation et sortie casque sur le côté
Eizo avance un temps de réponse de 7 ms, une luminance de 300 cd/m² et un taux de contraste de 3 000 : 1. Nous avons mesuré par défaut un taux un peu plus modeste mais tout de même exceptionnel de 2 378 : 1 (point noir à 0,12 cd/m² et point blanc à 285,4 cd/m²) ! Une fois l'écran calibré, le taux se maintient à un impressionnant (point noir ultra bas à 0,07 cd/m² et point blanc à 137,8 cd/m²). La luminance maximum est légèrement inférieure à celle annoncée (285 cd/m² contre 300 cd/m²), mais c'est amplement suffisant dans la pratique.
Taux de contraste mesurés
De l'ergonomie
Si Eizo a cherché à synthétiser dans ce Foris toutes les qualités touchant aux loisirs numériques, il a en revanche loupé le coche de la bureautique, en se contentant d'une ergonomie basique. A part l'inclinaison verticale (20° à -10°), le FS2331 n'offre aucune articulation. C'est dommage, même si la générosité des angles de vision due à la nature de la dalle PVA n'exige pas un placement au millimètre devant l'écran. Incomparablement au-dessus des dalles TN ! On se consolera également par la présence d'une télécommande... mais on déplore qu'elle soit le seul moyen d'accéder à l'OSD ! Le jour où vous n'avez plus de pile, il ne vous restera que les réglages du volume sonore, le choix de la source et l'interrupteur on/off en accès direct à l'écran...Inclinaison de la dalle, télécommande et boutons en façade
L'OSD est plutôt bien fait. Il y a pour faire simple une entrée majeure, la première baptisée « Couleur », où tous les réglages se concentrent. Six modes d'affichages (user 1 et 2 personnalisables, sRGB, papier, jeu et cinéma), luminosité, niveau de noir, contraste, saturation, nuance, température et des réglages avancés. Dans ce dernier sous-menu, on accède aux compléments essentiels que sont le gamma, le réglage RVB indépendant et l'overdrive (accélération du temps de réponse par optimisation du circuit électronique).
Menu principal de l'OSD et ses sous-menu dont le principal « Couleur »
On y trouve également les fonctions de contraste dynamique et le traitement maison d'Eizo « Power Resolution », qui accentue fortement la netteté pour faire ressortir les détails. Nous restons assez sceptiques sur l'utilité réelle de la chose au vu du rendu agressif apporté par le traitement... Un point noir subsiste : on ne peut pas déplacer l'OSD, qui apparaît en plein milieu de l'écran. Quand on veut calibrer son écran, c'est assez embêtant...
Fonction Power Resolution arrêtée puis activée
Consommation énergétique
Les dalles PVA, comme les TN, proposent en général une consommation modérée, comparées aux IPS. Là, comme le rétro-éclairage se fait toujours aux néons, le Foris FS2331 passe tout de même 36,3 W quand on laisse la luminosité à fond (37,3 W si on utilise les haut-parleurs). Une fois calibré, le bilan tombe à 26,8 W. Soucieux de faire mieux, Eizo a toutefois intégré sa technologie EcoView qui repose sur un capteur de lumière ambiante pour adapter en temps réel la luminosité. Dans une pièce obscure, la consommation tombe ainsi à 17,1 W, ce qui devient tout à fait honorable. La fonction annonce même la réduction d'énergie (18 W au maximum, et même 19,2 W selon nos mesures) et le bilan carbone qui en résulte ! Un souci écologique qu'on retrouve aussi sur la garantie, portée à 5 ans (dont 3 sur site) si vous achetez l'écran en France.
Quid de la colorimétrie
Nous arrivons là où le Foris FS2331 est particulièrement attendu : la reproduction des couleurs. Et bien ce n'est pas la peine de tourner autour du pot des heures, c'est du Eizo ! Par défaut la sonde LaCie Blue Eye Pro calcule un Delta E moyen de 1,2 seulement, avec une valeur maximum à 3,5 sur le bleu. L'écran est donc déjà exploitable à sa sortie d'usine. Rien qu'en tombant la luminosité à 50/100 et en réglant la température de couleur sur 6500 K, on obtient un Delta E moyen de 0,9 pour un maximum de 2,8. Si l'envie de calibrer l'écran vous en dit, sachez que vous tomberez alors sur une dalle proche de la perfection, avec un Delta E moyen de 0,4 et un pic (si je puis dire...) de 1,0 dans le rouge.A gauche, la colorimétrie de base, à droite avec l'écran calibré
La dalle est elle homogène ? Avec un écart moyen de luminance de 11,1 % par rapport au centre, on peut répondre par l'affirmative, même si on aurait pu espérer d'une dalle de cette trempe qu'elle reste sous la barre des 10 %, voire 5 %. Ca reste invisible à l'œil nu. Le Delta E moyen varie beaucoup en proportion, de 93,7 % en moyenne par rapport à la mesure principale effectuée au centre, mais c'est logique compte tenu de la très faible valeur de référence, 0,4. Il ne dépasse jamais 0,9, ce qui reste de toute façon excellent !
Et pour des images en mouvement ?
Se réclamant multimédia, le Foris FS2331 va ici aussi devoir convaincre. Le constructeur annonce 7 ms de temps de réponse et précise que le moniteur dispose « d'une technologie accélératrice d'affichage », l'overdrive. Comment le Foris se comporte-t-il sur notre test du logo Clubic animé ? Sans overdrive, pas très bien. La quasi-totalité des photos capturées présente un logo doublé (2,4 im /10) ou triplé (6,7 im/10) ! Moins d'une image sur dix est propre ou affiche un léger fantôme. Bref, c'est moins bien qu'une dalle TN en 5 ms.Résultats obtenus, de la meilleure image à la moins bonne, malheureusement beaucoup plus fréquente
En activant l'overdrive sur standard (mieux que le mode pourtant baptisé « amélioré »), les choses s'améliorent nettement puisqu'on obtient en moyenne 3,4 images sur 10 totalement propres et 2,6 avec un léger fantôme, soit 60 % des images satisfaisantes. Il reste tout de même encore 4 images sur 10 doublées, dont certaines avec un discret résidu triplé. On a en somme l'équivalent d'une dalle TN 2 ms très moyenne, ce qui reste dans l'absolu suffisamment rapide pour jouer dans de bonnes conditions. On notera juste qu'on reste un peu en dessous de la promesse : les moniteurs vraiment gamer font mieux.
Images capturées, de la meilleure à la pire
En visionnage de film, le confort est bien réel. On profite du superbe taux de contraste naturel, qui peut être augmenté artificiellement par une fonction de contraste dynamique efficace. Mais aussi des angles de vision généreux et d'une réactivité suffisante. Côté fourmillement, rien de particulier à déplorer, le rendu est même plutôt très bon pour une dalle PVA.
Contraste dynamique désactivé puis activé