Le 21 novembre dernier, Meg Whitman, p-dg de HP, tançait vertement Autonomy, et plus précisément ses anciens dirigeants. Grevé par une perte nette de 6,9 milliards de dollars au dernier trimestre, le groupe américain se dit victime d'un maquillage de comptes qui aurait alourdi la note lors du rachat de l'éditeur britannique fin 2011, pour 11,7 milliards de dollars. Hier, lundi 26 novembre, une plainte a été déposée par un investisseur devant la Cour fédérale de San Francisco, apprend Reuters.
Au centre de cette action collective, le plaignant affirme que HP savait, au moment du rachat, que des irrégularités comptables existaient. Selon lui, la firme aurait même cherché à annuler l'opération. Mais ce qui est particulièrement reproché à la société de Meg Whitman, c'est de ne pas avoir informé les actionnaires de ces irrégularités, et de son intention de tout stopper. Au final, ce rachat et la perte occasionnée - 5 milliards de dollars sur l'exercice 2012 d'après HP -, auront précipité le cours de Bourse à la baisse. À l'annonce des résultats annuels, le titre HP avait décroché de 15% à 11,55 dollars.
Depuis, HP a saisi le gendarme de la Bourse aux États-Unis, la Securities and Exchange Commission (SEC) et le bureau britannique des fraudes graves, le Serious Fraud Office, afin de tenter d'obtenir des dédommagements de la part d'Autonomy. D'après Mike Lynch, fondateur d'Autonomy, les 5 milliards de dollars que HP estime avoir payé en trop seraient attribuable à une différence entre les normes comptables internationales (IFRS) et américaines (GAAP).
Or, d'après une personne proche du dossier citée par le Wall Street Journal, même en tenant compte des normes internationales, des irrégularités subsisteraient. Le journal fait également référence à un ancien dirigeant d'Autonomy aux États-Unis qui critiquait, déjà en 2010, la comptabilité de la société. Les problèmes auraient porté notamment sur la manière dont la société calculait son chiffre d'affaires. Une sortie qui vaudra à cet homme d'être licencié.